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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 28/05/2026
Les grues volent vers le sud Lisa Ridzén De la vieillesse, de ses déperditions, dénégations et incompréhensions. Quand il comprend qu’on veut lui enlever son chien, Bo sent planer l’ombre de la mort ; quand, sans résignation, le récit s’orne de ses réticences, résistances et réminiscences, il…
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Les grues volent vers le sud Lisa Ridzén
De la vieillesse, de ses déperditions, dénégations et incompréhensions. Quand il comprend qu’on veut lui enlever son chien, Bo sent planer l’ombre de la mort ; quand, sans résignation, le récit s’orne de ses réticences, résistances et réminiscences, il déploie toute la vie d’un homme dans l’effondrement de ses représentations du monde, de son rapport avec son propre père aux ratages de ceux avec son fils en passant par l’égarement de sa femme en une sévère démence sénile. À hauteur de son personnage bougon, de la fatale progression de ses intrigues, entrecoupée par les notes du personnel à domicile qui prend soin de notre héros mal en point, Les grues volent vers le sud se révèle dans ses écarts au pathos, dans la beauté des souvenirs au moment où ils se perdent. Lisa Ridzén se révèle ici habile à suggérer la fragile beauté, la sagesse butée d’un homme face à l’inexorable.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 27/05/2026
Irène Christine Lapostolle Sensible hommage à deux femmes disparues, deux belles présences dans leurs réticences, une mère et sa fille, une mort qui amène une rencontre, une douce attention à ces existences abolies, à leur vivacité, à leur légitime colère, à leur retirée manière d’être. Avec une…
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Irène Christine Lapostolle
Sensible hommage à deux femmes disparues, deux belles présences dans leurs réticences, une mère et sa fille, une mort qui amène une rencontre, une douce attention à ces existences abolies, à leur vivacité, à leur légitime colère, à leur retirée manière d’être. Avec une effacée humilité, avec la patiente d’une amicale écoute, Christine Lapostolle signe un livre discret qui interroge sur ce qui se transmet du refus, de ses fatigues, de cette Janis, une graveuse, une artiste incertaine, à l’écart des cercles de pouvoir de reconnaissance et surtout de sa mère, Irène, avec laquelle l’autrice lie une puissante, endeuillée, amitié dans le partage de ce qui, déjà, s’efface. On est souvent saisi par l’émotion, contenue, de ce bref Irène et par sa préservation de l’intangible de cette intensité, cette fidélité à la désordonnée force du vivre.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 26/05/2026
Je t’écris après fait les fromages et passé le balai Corenthin Thilloy et Louis Zerathe Amoureuse correspondance estivale où, dans l’écho de lettres non-envoyées, deux jeunes hommes s’inventent en absence leur amour, en écrivent à distance la proximité, disent la torpeur de l’été et la prosaïque…
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Je t’écris après fait les fromages et passé le balai Corenthin Thilloy et Louis Zerathe
Amoureuse correspondance estivale où, dans l’écho de lettres non-envoyées, deux jeunes hommes s’inventent en absence leur amour, en écrivent à distance la proximité, disent la torpeur de l’été et la prosaïque matérialité de son passage. L’un est à l’estive, l’autre à Limoges ; tous deux concrétisent l’espérance du revoir, l’acuité de l’attention quand, dans un détail, apparaît son éloignement, la parole qui en silence en mesure la texture, la présence. Dans la tendresse du banal, dans une ostensible humilité, dans une forme de conscience réflexive qui les place dans un dispositif narratif, Corenthin Thilloy et Louis Zerathe interrogent pratiquement la rhétorique amoureuse et usent et vivent ses lieux-communs, les subtils écarts où l’on éprouve l’inédit, sans cesse déjà éprouvé, de l’amour.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 25/05/2026
Pot-Bouille Émile Zola Les torves perversions bourgeoises jamais aussi patentes que quand elles paraissent dans la mesquinerie calculatrice de l’hypocrite réprobation, dans le sordide de l’économie du mariage, l’apparence du respectable. Derrière la façade cossue d’un immeuble de la rue de…
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Pot-Bouille Émile Zola
Les torves perversions bourgeoises jamais aussi patentes que quand elles paraissent dans la mesquinerie calculatrice de l’hypocrite réprobation, dans le sordide de l’économie du mariage, l’apparence du respectable. Derrière la façade cossue d’un immeuble de la rue de Choiseul, Zola prend un plaisir pervers à peindre les turpides se passant dans chaque appartement où chaque famille révèle, à sa détestable manière, l’ordinaire bassesse de ses pulsions sexuelles, l’horreur des déguisements que cache son commerce social. De l’arrivisme misogyne d’Octave Mouret à la radinerie des Josserand prêt à tout pour vendre leur fille, pardon les marier, arracher une dot à leur oncle, en passant par un ménage à trois et autre coucherie par ambition et moralisante critique de la proverbiale immoralité des pauvres, Pot-bouille, roman de la pulsion, met à nu l’immondice complice, farce, de ce monde, celui dont hérite dans sa moralité douteuse, dans sa dénonciation dont on se demande, au fond, ce qu’elle change.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 22/05/2026
Saturne Eduardo Halfon Lettre à un père dévorateur, sensible et acerbe creusement d’une blessure sans suture, incisive expression de la création d’un devenir qui, dans son évidente évocation de Kafka comme dans son questionnement de la judéité et de l’identité, très largement outrepasse le…
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Saturne Eduardo Halfon
Lettre à un père dévorateur, sensible et acerbe creusement d’une blessure sans suture, incisive expression de la création d’un devenir qui, dans son évidente évocation de Kafka comme dans son questionnement de la judéité et de l’identité, très largement outrepasse le personnel. Dans cette première novella, déjà entre fiction et autobiographie, Eduardo Halfon n’évoque pas seulement une profonde haine paternelle, mais s’invente, pour pouvoir écrire, des filiations de secours et ainsi interroge ces littéraires suicidés - Klaus Mann, Ernest Hemingway, Sylvia Plath, Virginia Woolf et Cesare Pavese - eux aussi hantés par le nom du père. Oscillant entre digressions et précision, dans un rieur désespoir, Saturne est mise en accusation des figurations paternelles.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 21/05/2026
Chambre(s) à écho(s) – Journal d’une traversée Virginie Poitrasson, Jocelyn Mienniel, Juta Strohmaier Un lieu hanté, transitoirement habité dans le tracé d’une expression graphique et photographique, poétique et musicale et dans les échos d’une présence qui, en absence, s’esquive et s’esquisse et…
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Chambre(s) à écho(s) – Journal d’une traversée Virginie Poitrasson, Jocelyn Mienniel, Juta Strohmaier
Un lieu hanté, transitoirement habité dans le tracé d’une expression graphique et photographique, poétique et musicale et dans les échos d’une présence qui, en absence, s’esquive et s’esquisse et miroite ainsi d’autres figurations. Dans ce joli livre, les photographies de Jutta Strohmaier sur papier calque pour mimer les minimes altérations et permanences d’une vue, par les ellipses et autre cartographie de Virginie Poitrasson comme ornement et accompagnement des partitions de Jocelyn Menniel qui mettent en musique les poèmes décrivent et rêvent six jours de franchissement et de retranchement l’intérieur et l’extérieur. Chambre(s) à écho(s) joue alors sur les possibilités d’un lieu à soi et les dissolutions, perceptions et dépersonalisation de ce qui se présente comme une traversée, dans l’incertain enregistrement du flottement qui s’y passe, dans la collaboration transmédiatique qui en reflète les virtualités.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 20/05/2026
Les détitré·e·s Anonymat : aliénation ou émancipation ? Dans une future proche, l’identité est devenue un titre monnayable, vendue et revendue selon sa supposée valeur sociale, l’illusion de sa réussite mesurable qui devient une réalité interchangeable, un louche commerce où l’on spécule sur…
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Les détitré·e·s
Anonymat : aliénation ou émancipation ? Dans une future proche, l’identité est devenue un titre monnayable, vendue et revendue selon sa supposée valeur sociale, l’illusion de sa réussite mesurable qui devient une réalité interchangeable, un louche commerce où l’on spécule sur l’échec et vend une chimérique soustraction au monde dans une fongique retraite désertique. Écrit par un collectif imaginaire éponyme, comme pour déjouer toute assignation identitaire, Les détitré·e·s dessine une jolie caricature de notre suicidaire besoin de paix et d’isolement, une satire acerbe, car juste, du monde de l’art et de ses soumissions institutionnalisées à la reconnaissance individuelle de l’élaboration d’une identité, d’un mythe mercantile de l’artiste afin de nous laisser songer aux formes fongiques d’écroulement à fomenter.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 19/05/2026
Vermeille Florence Jou Dans une trop proche dystopie, sous un climat définitivement déréglé, l’ultime résistance de celles et ceux qui, une dernière fois, s’essayent à une vinification naturelle et, un instant encore, résistent aux destructrices déprédations du capitalisme. Amalgame de…
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Vermeille Florence Jou
Dans une trop proche dystopie, sous un climat définitivement déréglé, l’ultime résistance de celles et ceux qui, une dernière fois, s’essayent à une vinification naturelle et, un instant encore, résistent aux destructrices déprédations du capitalisme. Amalgame de l’enthousiasme de cette renseignée plongée dans l’univers du vin nature et le pessimisme de la certitude de sa fin, Vermeille est un récit plutôt sympathique sur ce qui se transmet dans et par le vin. Florence Jou en fait le medium d’une transmission hétérodoxe d’un savoir et d’une pratique joyeuse et attentive, ultime ivresse et impuissante, insurmontable, résistance.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 18/05/2026
Chambre Obscura, Anthologie Augmentée Sandra Moussempès Des voix, des ombres, des réminiscences, des réticences : des distanciations de leurs projections — insuffisantes et dominatrices figurations féminines, cinématographiques, fantomatiques. Cette anthologie couvrant les années 1994-2026…
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Chambre Obscura, Anthologie Augmentée Sandra Moussempès
Des voix, des ombres, des réminiscences, des réticences : des distanciations de leurs projections — insuffisantes et dominatrices figurations féminines, cinématographiques, fantomatiques. Cette anthologie couvrant les années 1994-2026 s’augmente, outre de quelques poèmes contemporains, de belles et spectrales photos ainsi que d’un appareil critique et poétique pour, au pluriel, en prolonger la réception. Chambre Obscura propose une révélatrice écoute des voix qui hantent nos représentations du monde, qui par réticence apparaissent et de leur spectre sonore et, insidieusement, en fragmentent les certitudes, en retiennent les abandons, en absence en suturent les deuils et rémanences. De l’ensemble de poèmes de Sandra Moussempès se dégage de puissantes images, leurs fugaces révenances et leurs impersonnelles disparitions un instant retenues.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 14/05/2026
La nuit des juges Hubert Haddad Des nouvelles de fantômes pour évoquer les effleurements d’une magie éperdue, le silence de nos tacites culpabilités, les fantastiques réticences par lesquelles, opaques, l’ensemble revient, circule, inconsistant ou comme un détail d’une indéchiffrable…
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La nuit des juges Hubert Haddad
Des nouvelles de fantômes pour évoquer les effleurements d’une magie éperdue, le silence de nos tacites culpabilités, les fantastiques réticences par lesquelles, opaques, l’ensemble revient, circule, inconsistant ou comme un détail d’une indéchiffrable signification. Dans une prose envoûtante, d’une telle beauté plastique parfois que l’équilibre de ses phrases paraît apprêté, gratuit comme le brillant exercice de style que souvent sont les nouvelles avant, ici, d’être happées par une sourde angoisse politique, une claire vision de la déprédation des puissants, de l’impuissante résistance que, malgré tout, permet fugacement cette haute exigence stylistique, l’ironie et la distanciation qu’elle exige, dans le spectral de son style donc, Hubert Haddad nous entraîne dans des accidents de cars en bord de Loire, des châteaux en Sologne ou dans les bidonvilles d’un fascisme que tout semble aujourd’hui nous promettre. Les quatorze nouvelles de La nuit des juges, comme hantées par la perte, la force de ce qui subsiste laissent résonner l’étendue d’un imaginaire ainsi que, hélas, la légère réserve d’une maîtrise trop grande, extérieure presque à son sujet.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 13/05/2026
La femme nue Armonía Somers Cuento du décollement, conte fantastique d’un flottement dans une réalité, soudain refusée, comme dénudée de ses oripeaux d’absurdité et d’aliénation, récit d’une femme qui s’échappe, se soustrait le jour de ses trente ans à l’enfermement de son existence et, nue,…
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La femme nue Armonía Somers
Cuento du décollement, conte fantastique d’un flottement dans une réalité, soudain refusée, comme dénudée de ses oripeaux d’absurdité et d’aliénation, récit d’une femme qui s’échappe, se soustrait le jour de ses trente ans à l’enfermement de son existence et, nue, promène le destructeur miroir de l’incompréhension, de la haine et de la peur, qu’ainsi tend son errance. Aujourd’hui encore oubliée, cette nouvelle traduction, à l’écoute de la densité semble-t-il du réseau métaphorique de ce court roman, de La femme nue dévoile l’intranquille inquiétude d’Armonía Somers dont la prose parvient à avoir l’immuable torsion des allégories et le burlesque concret des cauchemars.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 12/05/2026
L’aile droite, Orbitor 3, Mircea Cărtărescu De la fin du règne de Ceaușescu à l’avènement apocalyptique d’une terminale révélation, dans l’invention toujours de passages, entre souvenirs et prophéties, autobiographie pulsionnelle et romanesques hallucinations, dans la métaphorique — entre…
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L’aile droite, Orbitor 3, Mircea Cărtărescu
De la fin du règne de Ceaușescu à l’avènement apocalyptique d’une terminale révélation, dans l’invention toujours de passages, entre souvenirs et prophéties, autobiographie pulsionnelle et romanesques hallucinations, dans la métaphorique — entre papillons et araignées — architectonique d’une gestation corporelle, cérébrale, pour qu’enfin, proustien, le personnage en dissolution apparaisse. Le troisième et dernier volume de l’ébouriffante trilogie Orbitor, L’aile droite se condense littéralement sur la fin de l’histoire, celle d’un régime communiste opportuniste et cynique tout autant que celle de Mircea, de son enfermement dans son manuscrit, dans sa quête de son jumeau négatif, afin, peut-être, d’un coup d’ailes s’envoler, disparaître sans doute. D’une invention sans frein, Mircea Cărtărescu referme ici l’un des romans les plus fous, les plus obsessifs, sur une mémoire qui n’advient que dans l’avenir qu’elle invente.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 11/05/2026
Abécédaires du dimanche Philippe Annocque Dominicaux exercices de style, petite prose contrainte où, par acrostiches de chaque lettre de l’alphabet, se dessine une amusée vision du monde dont l’acrobatique absurdité de ce classement fait entendre la dérision, les douleurs, parfois, la beauté dans…
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Abécédaires du dimanche Philippe Annocque
Dominicaux exercices de style, petite prose contrainte où, par acrostiches de chaque lettre de l’alphabet, se dessine une amusée vision du monde dont l’acrobatique absurdité de ce classement fait entendre la dérision, les douleurs, parfois, la beauté dans sa flottante inanité. Dans ce rieur jeu sous contraintes, initialement publié tous les dimanches sur le site de l’auteur, Philippe Annocque déjoue les ruses de la langue pour, goguenard, en montrer l’absurdité, suggérer l’arbitraire aléatoire de ces constructions d’où se dégagent une infime poésie, une beauté de décalage.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 07/05/2026
Se renifler quasi bestial Fanny Lambert Chiennerie poétique: à quelle sauvagerie on en est réduit ; comment on effleure, sent ou ressent à l’écart, la distance d’une étreinte de l’autre ? Restent les lignes brisées, les vers heurtés, les blancs – pas seulement typographiques – d’une cassure du…
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Se renifler quasi bestial Fanny Lambert
Chiennerie poétique: à quelle sauvagerie on en est réduit ; comment on effleure, sent ou ressent à l’écart, la distance d’une étreinte de l’autre ? Restent les lignes brisées, les vers heurtés, les blancs – pas seulement typographiques – d’une cassure du langage, de l’inintelligible d’une rumeur, tacitement opiniâtre, du monde au hasard ramassée. Fanny Lambert évoque une mystérieuse, furieuse et toujours outrepassée, sensibilité de chien, son écoute d’un environnement hostile et opaque, miroir aux bribes d’humaines consciences qui s’y reflètent. Se renifler quasi bestial expérimente, hérissée approche, alors une langue sauvage, réticente, rieuse.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 05/05/2026
Le corps Mircea Cărtărescu Inquiétante, débridée, fractale architectonique d'un corps qui, plus qu'un corpus, plus que celui d'un livre fou écrit par un narrateur à l'enfermement maniaque, serait celui de nos ravissements, envols, dépassements et hallucinée recomposition de l'incertitude du…
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Le corps Mircea Cărtărescu
Inquiétante, débridée, fractale architectonique d'un corps qui, plus qu'un corpus, plus que celui d'un livre fou écrit par un narrateur à l'enfermement maniaque, serait celui de nos ravissements, envols, dépassements et hallucinée recomposition de l'incertitude du miroitement, du mirage et des visions du souvenir du jeune Mircea, de son enfance et de la Roumanie des années 1960 en ses craintes et découvertes, en ses pulsions et refoulements. Dans ce second volume d'Orbitor, Le corps, Mircea Cărtărescu reprend son entêtante circulation métaphorique des mots, du vocabulaire anatomique et scientifique, de leur confusion entre ce corps de papillon et celui du narrateur, pour continuer à inventer, à retranscrire les infinis passages, strates, miroirs et anamorphoses, que sont la réalité et ses portes de sortie qui ici vont d'un tapis à des pièces sans cesse découvertes, des vols au-desssus de soi, des incursions à Amsterdam où dans de mystérieux tableaux comme autant de reflets de ce livre. Le corps se révèle une belle spéculation sur l'utérine remontée dans les souvenirs, la plongée dans le vide d'une forme d'élection et la fatalité aliénante du personnage de roman.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 04/05/2026
L’homme sans qualité, tome 2 Robert Musil Magistrale suite inachevée de cet immense roman qui ne parvient à raconter l’irresponsabilité d’un amour peu ou prou incestueux et interroge alors, avec l’exactitude qui la caractérise, l’ensemble de nos responsabilités, spécule, pour mieux s’aveugler, sur…
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L’homme sans qualité, tome 2 Robert Musil
Magistrale suite inachevée de cet immense roman qui ne parvient à raconter l’irresponsabilité d’un amour peu ou prou incestueux et interroge alors, avec l’exactitude qui la caractérise, l’ensemble de nos responsabilités, spécule, pour mieux s’aveugler, sur les sentiments, sur la morale que l’on pourrait en déduire et surtout dans l’étonnant dialogue qui ressort de ce lien fragmentaire entre tous les personnages. Le deuxième tome de L’homme sans qualité se révèle sidérant dans son inachèvement, dans son implosion du roman par le poids de pensées, d’éthique et de métaphores, dont Robert Musil le charge. L’homme sans qualité devient alors un essai, un jeu de dialogue et une impressionnante tentative d’écoute des métaphoriques monologues de chaque personnage dont l’auteur fait, dans leur correspondance et parfois leur confusion, le portrait d’un pays, en 1913, au bord de la catastrophe, de cette irresponsabilité à laquelle Musil veut opposer une morale plurielle, questionnante, inachevée à l’évidence.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 30/04/2026
Les instants les merles Karine Miermont Instantanés suspendus à l’impromptu observation d’oiseau, leur passage capturant, dans des vers libres dénués de ponctuation, un peu de notre intangible fugacité, un peu, à l’écart, d’une possible sympathie, d’une contemplative harmonie au monde. Dans le…
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Les instants les merles Karine Miermont
Instantanés suspendus à l’impromptu observation d’oiseau, leur passage capturant, dans des vers libres dénués de ponctuation, un peu de notre intangible fugacité, un peu, à l’écart, d’une possible sympathie, d’une contemplative harmonie au monde. Dans le dénuement d’une simplicité condensée, Karine Miermont s’efface derrière une patiente, presque anodine, écoute des merles, des cerfs, des grues et des mouettes entre Paris, Arcachon et ses forêts. Accompagné par les oniriques et comme vacantes photographies de Bernard Plossu qui en accompagnent l’absence, Les instants les merles recueille des contemplations, de banales brisures de l’enchantement à bas bruit de notre quotidien.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 29/04/2026
La nonne et la meuf Katia Bouchoueva Ce qui, joyeusement, nous relie dans une religiosité amusée qui pirate ses livres d’heures, la communauté d’une vie monacale pour faire ressentir, entre rires débordements ivresses, une existence lesbienne, une affirmation commune, mystique dans et par une…
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La nonne et la meuf Katia Bouchoueva
Ce qui, joyeusement, nous relie dans une religiosité amusée qui pirate ses livres d’heures, la communauté d’une vie monacale pour faire ressentir, entre rires débordements ivresses, une existence lesbienne, une affirmation commune, mystique dans et par une poésie saturée par la camaraderie des images, l’amitié de sonores métaphores. Inspiré de grands textes de la tradition mystique comme de ceux d’une poésie politique, féministe, La nonne et la meuf se révèle un recueil de décalage, entre oralité et expérience de la vacuité en Dieu approché en son absence, entre le prosaïque d’une vie de nuits et de bistros et d’estivales, montagneux, éclaircissements, emportements. On reste intrigué par la démarche de Katia Bouchoueva.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 28/04/2026
Soixante de journalisme littéraire, tome 1, Un florilège des années Combat (1945-1951) Maurice Nadeau Dans l’immédiat après seconde guerre mondiale, Maurice Nadeau fourbit ses premières armes de critiques littéraires dans le journal Combat. La parution en poche d’un florilège, conservant seulement…
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Soixante de journalisme littéraire, tome 1, Un florilège des années Combat (1945-1951) Maurice Nadeau
Dans l’immédiat après seconde guerre mondiale, Maurice Nadeau fourbit ses premières armes de critiques littéraires dans le journal Combat. La parution en poche d’un florilège, conservant seulement les chroniques sur des écrivains ayant conservé une certaine postérité (Aragon, Camus, Char, Michaux, Sartre, Blanchot, Bataille, Giono, Cioran, Beckett, Lowry...) retrace très habilement un climat intellectuel fait de luttes et de déception, d’exigence et de compréhension, par des lectures toutes de finesse afin d’accompagner les œuvres qui approfondissent notre intelligence du monde. Soixante ans de journalisme littéraire, tome 1, un florilège des années Combat (1945-1951) reste une leçon de critique par l’accroissement du vécu, de sa compréhension, auquel, par une grande simplicité dans la forme et souvent une belle ironie, elle ne cesse d’inviter.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 27/04/2026
Dansez sans moi Zeruya Shalev Violente déconstruction des imaginaires maternelles, torturée exploration de leurs inconscients, le premier roman de Zeruya Shalev est un monologue halluciné, une variation absurde et entêtante d’une mère hantée par les peurs, par toutes ses paniques sans doute si…
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Dansez sans moi Zeruya Shalev
Violente déconstruction des imaginaires maternelles, torturée exploration de leurs inconscients, le premier roman de Zeruya Shalev est un monologue halluciné, une variation absurde et entêtante d’une mère hantée par les peurs, par toutes ses paniques sans doute si révélatrices de la société israélienne et de notre monde sans réparation. Avec les accents d’une dérision macabre fantastiquement détaillée, avec le concret du cauchemar, avec un humour dont les répétitions désespérées révèlent les obsédants et oniriques enfermements, avec ce ressassement qui fait vaciller la réalité au centre de l’œuvre de l’autrice, Dansez sans moi se révèle un conte cruel sur le sacrifice féminin, sur la schizophrénie de nos conditionnements sociaux, sur nos volitions de sens.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 24/04/2026
Le mal de Lazare Krishna Monteiro Dans une très belle interrogation sur la fonction performative du langage, sa capacité à faire advenir une réalité, Le mal de Lazare interroge surtout son aptitude à se soustraire aux bruits de la ville, à proposer, qui sait, une sorte de réparation, une manière…
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Le mal de Lazare Krishna Monteiro
Dans une très belle interrogation sur la fonction performative du langage, sa capacité à faire advenir une réalité, Le mal de Lazare interroge surtout son aptitude à se soustraire aux bruits de la ville, à proposer, qui sait, une sorte de réparation, une manière de transitoire représentation, de cette lèpre qui frappe ce conte allégorique, ce récit aux allures éminemment bibliques où se reflètent, dénuement fantastique, la tristesse de survivre presque autant que nos paniques de l’effacement. On découvre avec plaisir la prose de Krishna Monteiro dans cette spéculation sur nos perceptions, sur leurs dédoublements, leur guérison ou permanence, qui, dans l’errance cherche une voix, la possibilité musicale de trouver, fragile et fugace, une place pour la vie.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 21/04/2026
Rue des Camélias Mercè Rodoreda Les floraisons d’une femme abandonnée, les errances d’une orpheline dans une Barcelone où balcons et jardins, immeubles et cafés sont autant de prisons, d’enfermement dans la précarité imposée par les hommes, dans les stellaires rêves qui ne permettent pas d’y…
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Rue des Camélias Mercè Rodoreda
Les floraisons d’une femme abandonnée, les errances d’une orpheline dans une Barcelone où balcons et jardins, immeubles et cafés sont autant de prisons, d’enfermement dans la précarité imposée par les hommes, dans les stellaires rêves qui ne permettent pas d’y échapper, dans les fragrances des fleurs qui y laissent la trace d’une inatteignable beauté. Tout en empathie, Mercè Rodoreda décrit les flottements de son héroïne, sa ouatée incompréhension, ses mirages et autres fantastiques enchantements – transitoires illusions. Du jardin où elle est recueillie, où elle apprend le nom des plantes et les désirs de fuite, aux autres lieux de sa dépendance,Rue des Camélias se révèle une belle évocation, fugace, de cette beauté qui, matérielle, en dépit de tout fleurit.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 10/04/2026
Conversation à la Catedral Mario Vargas Llosa Une mémoire scindée, antagoniste, d’où remonte, dans une conversation de bistro que le roman disperse pour mieux la laisser revenir, toutes les corruptions, le sentiment d’être foutu, du Pérou sous la dictature ordriste. Roman politique d’une belle…
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Conversation à la Catedral Mario Vargas Llosa
Une mémoire scindée, antagoniste, d’où remonte, dans une conversation de bistro que le roman disperse pour mieux la laisser revenir, toutes les corruptions, le sentiment d’être foutu, du Pérou sous la dictature ordriste. Roman politique d’une belle fragmentation formelle, de la déception, de la trahison, du masochisme aussi des rôles dans lesquels on s’enferme, Conversation à la Catedral est l’autopsie d’une société et d’un régime par l’exploration des souffrances qu’ils infligent dont les motifs et redondances peu à peu se révèlent, se dédoublent et s’entrelacent. Au-delà d’une forme de résignation assez présente dans la première partie du roman, au-delà de postures politiques de l’auteur que l’on s’use à deviner, Mario Vargas Llosa signe un roman sur l’enfermement dans les classes et castes et sur la fascinante horreur du politique.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 09/04/2026
La lande Lucie Leloup Territoire de l’enfance, tellurique arpentage de l’imaginaire qui s’y déploie, des sentiers dessinés par l’usage, par le creusement et le terrassement des labours – bucolique ruralité réappropriée. Dans une intime simplicité, plus portée aux images qu’aux jeux sur les sons,…
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La lande Lucie Leloup
Territoire de l’enfance, tellurique arpentage de l’imaginaire qui s’y déploie, des sentiers dessinés par l’usage, par le creusement et le terrassement des labours – bucolique ruralité réappropriée. Dans une intime simplicité, plus portée aux images qu’aux jeux sur les sons, dans l’infra-ordinaire d’une mythologie, dans le réenchantement de l’évanouissement du témoignage oral, Lucie Leloup cercle la ferme parentale, l’espace restreint et ludique de son enfance. La lande découpe, en poèmes en prose, différents lieux et dénomination où dans la boue passe le travail des hommes.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 08/04/2026
Para Bellum Serge Airoldi Dans la trompeuse paix où s’ourdit la guerre, dans son omniprésence actuelle, mais surtout dans les béances où s’immiscent nos craintes de la mort, nos vertiges de la disparition, de la dévoration de cette obscurité qui nous guette, Serge Airoldi dans de frappants,…
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Para Bellum Serge Airoldi
Dans la trompeuse paix où s’ourdit la guerre, dans son omniprésence actuelle, mais surtout dans les béances où s’immiscent nos craintes de la mort, nos vertiges de la disparition, de la dévoration de cette obscurité qui nous guette, Serge Airoldi dans de frappants, mystérieux parfois, poèmes dessine l’ombre d’une anse, le transitoire d’un refuge dont, déjà, il dit la dissipation. Avec une mélancolique gravité, au seuil d’un renoncement qui ne se franchit pas, à l’écart d’une résignation abandonnée, Para bellum saisit l’opacité de ce qui reste, le fugitif de ce qui nous retient, l’inquiétude d’un moment d’apaisement, peut-être.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 07/04/2026
Les démons Dostoïevski Vertiges nihilistes, exaltations hasardeuses du discours, meurtrières manipulations d’obscures sociétés secrètes, hallucinatoire mesquineries des mœurs de province : le Mal tel que, risible, il se propage, les tentations de destructions sociales et suicidaires. On découvre,…
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Les démons Dostoïevski
Vertiges nihilistes, exaltations hasardeuses du discours, meurtrières manipulations d’obscures sociétés secrètes, hallucinatoire mesquineries des mœurs de province : le Mal tel que, risible, il se propage, les tentations de destructions sociales et suicidaires. On découvre, enfin, la traduction des Démons par André Markowicz, par sa republication par Actes Sud on se laisse happer par les tourments de Stavroguine, l’athéisme suicidé de Kirilov, les jalousies et sarcasmes de Piotr Stépanovitch… Grand roman de la parole, de sa vanité et de ses mensonges, des rôles dans lesquels elle enferme, Les démons est aussi inquiétude face à la jeunesse, à la contestation politique et, comme toujours chez Dostoïevski, attentive écoute de ce qui est craint, exploration polyphonique de ce désordre intime.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 03/04/2026
N’est-ce pas le livre en question ? Pierre de Valévoux Invention, par une obsessive série de questions, de l’inexistante place tant de l’auteur que de celui ou celle qui, en le lisant, est censé le justifier ; par le doute hyperbolique de ces interrogations dessine insidieusement une inquiète…
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N’est-ce pas le livre en question ? Pierre de Valévoux
Invention, par une obsessive série de questions, de l’inexistante place tant de l’auteur que de celui ou celle qui, en le lisant, est censé le justifier ; par le doute hyperbolique de ces interrogations dessine insidieusement une inquiète ontologie comme pour mieux creuser les spectrales absences où nous croyons exister. Avec une rieuse simplicité, une entêtante évidence, Pierre de Valéjoux (dont on se demande qui il peut bien ne pas être) nous entraîne dans ses spéculations, dans ses démontages systématiques de nos illusions, de nos spécieuses continuités identitaires, de nos craintes de la disparition et de la mort congédiées, presque, quand on sait, à la fin de ces pressantes demandes, n’être rien. N’est-ce pas le livre en question esquisse une conception, in absentia, de l’individu – au mieux une pierre – avec lequel « on » entre en résonance.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 02/04/2026
Paradisiaca. Un Lac-Opéra Elke de Rijcke Plurielle prosopopée du lac de Constance, opératique amalgame de voix, de cœur et d’âme, de poupée et de marionnettiste pour en commun faire résonner un lieu, son imaginaire et ses référencés résonances. Dans ces poèmes de désir et de polyphonie, Elke de…
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Paradisiaca. Un Lac-Opéra Elke de Rijcke
Plurielle prosopopée du lac de Constance, opératique amalgame de voix, de cœur et d’âme, de poupée et de marionnettiste pour en commun faire résonner un lieu, son imaginaire et ses référencés résonances. Dans ces poèmes de désir et de polyphonie, Elke de Rijcke cerne un lac, son aura et ses ressentis, ses noms et confluences, ses paradis et profondeurs pour, à partir d’images, de cartes postales et de photos et de lignes magnétiques, en faire un opéra intime. Paridisiac, Un Lac-Opéra ou une jolie, complexe et parfois déroutante, tentative de laisser la poésie hanter les frontières, les genres et les discours.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 31/03/2026
L’homme sans qualités 1 Robert Musil Qu’est-ce, un homme, dans l’Autriche des années 1910, dans la prime conscience de son vieillissement, dans l’écoute de la catastrophe du monde où il évolue, qu’est-ce que cette sensation de singularité, d’une époque ou d’un individu quand il est pris dans le…
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L’homme sans qualités 1 Robert Musil
Qu’est-ce, un homme, dans l’Autriche des années 1910, dans la prime conscience de son vieillissement, dans l’écoute de la catastrophe du monde où il évolue, qu’est-ce que cette sensation de singularité, d’une époque ou d’un individu quand il est pris dans le maelström de pensées et de réflexions d’une grande, et ironique, précision. Dans ce premier volume de L’homme sans qualités, Robert Musil décrit les errances d’Ulrich égaré dans la préparation d’une risible, par tragique ironie historique, action parallèle où se reflète l’inanité des grandes idées, le creux des abstractions. On redécouvre avec un immense plaisir ce roman de la crise intellectuel, de l’errement existentiel, de la grandeur de la spéculation sur ce que nous peinons à être.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 30/03/2026
Au large Éric Méchoulan Traduire ce que l’on n’a pas vécu, prosopopéer ce qui échappe (la mer, l’amitié, le corps, la pensée, la poussière et son langage…) et ainsi, peut-être, s’élargir d’une conscience qui ne saurait être seulement singulière. Éric Méchoulan imagine, réfléchit et divague sur ce…
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Au large Éric Méchoulan
Traduire ce que l’on n’a pas vécu, prosopopéer ce qui échappe (la mer, l’amitié, le corps, la pensée, la poussière et son langage…) et ainsi, peut-être, s’élargir d’une conscience qui ne saurait être seulement singulière. Éric Méchoulan imagine, réfléchit et divague sur ce que serait prendre le large, faire parler un ami absent dans sa circumnavigation et laisse la langue, ses associations sonores d’idées, ce que dans ses tangages elle révèle, inventer — entre poussière et rêverie, érudition étonnée et amusement sérieux – une autre écoute du monde. Quelque part entre poésie et philosophie, entre dispositif typographique et éditorial, Au large est tentative de raconter, de vivre, une expérience que l’on n’a pas vécu.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 26/03/2026
Déjà Jadis de Dada à L’abstraction Georges Ribemont-Dessaignes Nostalgiques mémoires d’un dadaïste, spéculation hantée par la puissance négatrice de ce mouvement — dont la création, les aléas et impasses sont finement cernés – et réflexion très pertinente sur l’abstraction, sur la possibilité même…
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Déjà Jadis de Dada à L’abstraction Georges Ribemont-Dessaignes
Nostalgiques mémoires d’un dadaïste, spéculation hantée par la puissance négatrice de ce mouvement — dont la création, les aléas et impasses sont finement cernés – et réflexion très pertinente sur l’abstraction, sur la possibilité même de l’art. Dans chacune de ses pages, dans ses réflexions désabusées, dans sa distance à son époque, dans son vieillissement aussi, on entend ce qui trop souvent manque aux livres : une voix, la posture dans l’existence qu’elle décide, et, ici, une forme de refus, de difficulté matérielle pour l’esprit perpétuellement intranquille de Georges Ribemont-Dessaignes. Déjà jadis, de dada à l’abstraction se révèle infiniment plus que l’histoire littéraire, que de la place mineure, à l’écart toujours, tenue par son auteur, mais une acérée vision du monde telle que nos manières de le représenter, de le spatialiser ou de le nier, l’altère.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 25/03/2026
Une certaine tristesse Mattis Savard-Verhoeven Enfantine lucidité face à la mort, face aussi au désastre accepté par les adultes, elle affronte l’angoisse tapie dans nos sociétés pour mieux montrer l’équilibriste urgence à vivre, intensément. Entêtant monologue à hauteur de ce Noé qui porte le…
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Une certaine tristesse Mattis Savard-Verhoeven
Enfantine lucidité face à la mort, face aussi au désastre accepté par les adultes, elle affronte l’angoisse tapie dans nos sociétés pour mieux montrer l’équilibriste urgence à vivre, intensément. Entêtant monologue à hauteur de ce Noé qui porte le deuil de la maladie du monde depuis la disparition de sa grand-mère dans une crue du Saint-Laurent, depuis ses amours incomprises, et note toute l’acuité de l’instant enfuit. Comme son titre l’indique, Une certaine tristesse sonde la panique psychologique de notre jeunesse, son malaise dans toute la sombre beauté de son exigence vitale sans consentement à nos usuels renoncements. Pour son premier roman, Mattis Savard-Verhoeven joue joliment de l’éperdu de toute lucide appréhension du monde.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 24/03/2026
L’irréparable Pierre Samson La responsabilité de la vérité chez un paléographe, vieillissant au bord de l’aigre et des usuelles récriminations sur la décadence de notre époque, qui se croit apte, appeler, à partout traquer l’erreur, nos ordinaires dissimulations et celles faites pour nous…
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L’irréparable Pierre Samson
La responsabilité de la vérité chez un paléographe, vieillissant au bord de l’aigre et des usuelles récriminations sur la décadence de notre époque, qui se croit apte, appeler, à partout traquer l’erreur, nos ordinaires dissimulations et celles faites pour nous protéger. Empruntant au roman de campus, à l’horreur de nos sociétés contemporaines, à l’enquête scripturaire, à une forme aussi de gravité derrière la légèreté romanesque de l’évocation des deuils des années Sida, L’irréparable se révèle un récit plaisant. Avec la précision de l’ironie d’une écriture enlevée, Pierre Samson interroge nos capacités à nous renouveler, à ne pas nous enfermer dans les discours tout fait de la frustration et de l’incompréhension d’un contemporain dont, si aisément, on se sent exclu.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 23/03/2026
Sous le regard des statues de Camille Claudel Veronika Mabardi Le corps de Camille Claudel quand elle sculpte, les intervalles entre les êtres ainsi révélés, les perspectives totales offertes par la sculpture : l’approche d’une femme puissante hors de l’imploration de son mythe. Attentive au…
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Sous le regard des statues de Camille Claudel Veronika Mabardi
Le corps de Camille Claudel quand elle sculpte, les intervalles entre les êtres ainsi révélés, les perspectives totales offertes par la sculpture : l’approche d’une femme puissante hors de l’imploration de son mythe. Attentive au geste, à la matérialité du travail sculpturale, et surtout à ce qui en perdure, à cette solitaire, incertaine, communication, Veronika Mabardi décrit, en ses doutes et recréations, son rapport à ses œuvres, à tous les détours pour en cerner l’émotion, la présence. On est souvent touché par ce que Sous le regard des statues de Camille Claudel met en espace.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 19/03/2026
Comme ta mère Pieterke Mol D’une filiation en désamour, d’une suite d’enfantements malheureux, des béances, manques et addictions ouvertes par ces enfances sacrifiées joliment décrites, accompagnées d’une précise bande son. Dans son écriture rapide, sans insistance ni définitive explication, Comme…
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Comme ta mère Pieterke Mol
D’une filiation en désamour, d’une suite d’enfantements malheureux, des béances, manques et addictions ouvertes par ces enfances sacrifiées joliment décrites, accompagnées d’une précise bande son. Dans son écriture rapide, sans insistance ni définitive explication, Comme ta mère suit le destin de Debbie, de son père et de sa mère, de leur alcoolisme, de son désir contrarié d’enfant et celui, un peu entendu mais pas si mal capturé, de devenir photographe. Entre deux langues, par une plongée dans l’enfer de l’alcoolisme, Pieterke Mol interroge assez finement la captation de nos héritages.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 18/03/2026
Opération combinée Mikhaïl Chevelev La Russie contemporaine dans ses meurtrières magouilles, dans un récit de politique-fiction qui en livre les rouages et laisse ainsi apparaître une curieuse fascination pour les cyniques qui en jouent pour se maintenir dans les criminelles duplicités du pouvoir.…
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Opération combinée Mikhaïl Chevelev
La Russie contemporaine dans ses meurtrières magouilles, dans un récit de politique-fiction qui en livre les rouages et laisse ainsi apparaître une curieuse fascination pour les cyniques qui en jouent pour se maintenir dans les criminelles duplicités du pouvoir. Très renseigné, notamment sur le déclenchement de la guerre en Ukraine, sur les colériques maléfices de celui que l’on peut identifier comme Vladimir Poutine, Opération combinée est un double récit, entre un père et son fils coincés dans une perversité dont ils sont autant complices que victimes. Dans ce récit malin et haletant, Mikhaïl Chevelev donne un terrible visage de son pays et des brefs aperçus de sa langue et de son humour.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 17/03/2026
Kó Mawon Michael Roch La potentialité d’un récit qui écoute les failles mémorielles, fait relation et diversité et, dans ses brisures de la linéarité, laisse entendre une langue d’amalgame, un créole pour réinventer notre futur, notre lien à la technologie ainsi qu’au temps Dans ce roman d’une SF…
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Kó Mawon Michael Roch
La potentialité d’un récit qui écoute les failles mémorielles, fait relation et diversité et, dans ses brisures de la linéarité, laisse entendre une langue d’amalgame, un créole pour réinventer notre futur, notre lien à la technologie ainsi qu’au temps Dans ce roman d’une SF d’une nécessaire créativité politique, un afro-futurisme caraïbe passionnant, Michael Roch invente un avenir où en bas de l’oppression continue à se pratiquer ce qu’il nomme, avec d’autres, diversalité, une forme d’utopie pour nos avenirs cernés par un techno-fascisme.Kó Mawon, dans sa densité, dans l’archipel de son intrigue et dans le puzzle de sa narration séduit comme une intrigante possibilité, une indispensable résistance.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 16/03/2026
La famille Rosenthal Toby Lloyd Vie d’une famille dans une orthodoxie juive dont on entend indécisions et déraisons, dérapages, deuils et déperditions ainsi que l’impossibilité de raconter une existence hors des relations qui la tissent. Dans son premier roman, Toby Lloyd interroge le poids d’une…
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La famille Rosenthal Toby Lloyd
Vie d’une famille dans une orthodoxie juive dont on entend indécisions et déraisons, dérapages, deuils et déperditions ainsi que l’impossibilité de raconter une existence hors des relations qui la tissent. Dans son premier roman, Toby Lloyd interroge le poids d’une famille, de son passé, de sa culture et religion et les différentes façons de croire s’en émanciper. Il trouve ainsi une manière, assez habile, drôle et douloureuse, de poursuivre l’invention de l’identité juive. Assez plaisant surtout quand il bascule dans le fantastique d’une évocation de la kabbale et de la dépression, La famille Rosenthal se révèle un joli roman sur la culpabilité, sur l’incapacité tant à s’y cacher qu’à totalement y échapper.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 13/03/2026
Lautréamont et Sade Maurice Blanchot Des métamorphoses du Mal, de la lucidité éperdue et surtout de la littérature comme expérience. En se penchant avec une vraie attention – un sens du détail, de la correspondance, de la biographie – sur Sade et Lautréamont, Maurice Blanchot poursuit sa…
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Lautréamont et Sade Maurice Blanchot
Des métamorphoses du Mal, de la lucidité éperdue et surtout de la littérature comme expérience. En se penchant avec une vraie attention – un sens du détail, de la correspondance, de la biographie – sur Sade et Lautréamont, Maurice Blanchot poursuit sa définition pratique exemplaire de la critique littéraire : une dialectique écoute de son errance vers l’impossible, les altérations, abandons et adieu de l’écriture chez deux écrivains qui, chacun à leur façon, radicalement remettent en question l’individu, Dieu, la potentialité même d’exister. Dans ces deux études à la fois exhaustives et plongées dans les hantises de l’auteur, Lautréamont et Sade affirme l’acuité et l’intensité d’une vraie lecture.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 12/03/2026
L’aquarium Anne Cathrine Bomann Au miroir de l’intelligence, asociale de la pieuvre, s’offre une vision de nos solitudes contemporaines, de leur ordinaire rupture amicale quand un enfant arrive, quand un deuil ouvre à la réinvention. Dans un style un peu impersonnel, froid si ce n’est plat, à…
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L’aquarium Anne Cathrine Bomann
Au miroir de l’intelligence, asociale de la pieuvre, s’offre une vision de nos solitudes contemporaines, de leur ordinaire rupture amicale quand un enfant arrive, quand un deuil ouvre à la réinvention. Dans un style un peu impersonnel, froid si ce n’est plat, à l’image de l’étrangeté et la distance au monde de Vigga, son héroïne, L’aquarium raconte les égarements de toute une jeunesse, la persistance de son isolement et de son incompréhension où soudain l’enfermement animalier, sa contemplation, fait sens et confronte à la disparition. Dans ce roman délicat, Anne Cathrine Bomann scrute avec attention la complexité de nos relations sociales.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 11/03/2026
Chamanes éléctriques à la fête du soleil Mónica Ojeda Musique, danse, transe, communion : écoute de nos pertes, oublieuses sublimation de la violence du monde, détournement de nos désirs de disparition. Joliment par Alba-Marie Escalón et Charlotte Lemoine, Chamanes électrique à la fête du soleil…
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Chamanes éléctriques à la fête du soleil Mónica Ojeda
Musique, danse, transe, communion : écoute de nos pertes, oublieuses sublimation de la violence du monde, détournement de nos désirs de disparition. Joliment par Alba-Marie Escalón et Charlotte Lemoine, Chamanes électrique à la fête du soleil s’empare d’un contemporain besoin éperdu de communauté pour restaurer, stellaire, un lien charnel aux forces telluriques, à des rites d’une magie enfuie, à une tradition andine brillamment réinvestie dans la précision de son scepticisme, dans la préservation de son juvénile enthousiasme. Parfois un rien théorique, presque trop assertive, Mónica Ojeda peint un univers d’une noirceur, d’un abandon au chaos climatique, capitaliste et celui du narco-trafic, et ainsi tisse en ses marges d’autres illuminations, d’autres communs dont les solitaires mirages jamais ne sont occultés.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 10/03/2026
Le Libraire et le Psychopathe Christophe Esnault Exploration au scalpel, et à la soude caustique, du monde de l’édition dans cette satire acerbe, et tendre, de la librairie dans ses conformismes mercantiles, ses timorées prudences et ses dominations des codes – culturels, sentimentaux et sexuels –…
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Le Libraire et le Psychopathe Christophe Esnault
Exploration au scalpel, et à la soude caustique, du monde de l’édition dans cette satire acerbe, et tendre, de la librairie dans ses conformismes mercantiles, ses timorées prudences et ses dominations des codes – culturels, sentimentaux et sexuels – de l’entre-soi. Amusant dans ses révélatrices outrances, Le Libraire & le Psychopathe offre un portrait en creux de l’auteur, du poète en manque de reconnaissance, des déceptions d’un grand lecteur, des fragiles thérapies pourtant par la préservation d’une exigence littéraire. Continuons à sérieusement nous marrer avec Christophe Esnault, manière comme une autre de ne pas totalement enterrer nos illusions.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 09/03/2026
L’imposture Zadie Smith Des impostures dans lesquelles on traverse l’existence, où l’on s’affirme, où l’on tente de se soustraire aux dominations et autres assignations que la fiction montre ici comme une imposture parmi tant d’autres. D’une manière hélas un peu appuyée, d’une façon très…
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L’imposture Zadie Smith
Des impostures dans lesquelles on traverse l’existence, où l’on s’affirme, où l’on tente de se soustraire aux dominations et autres assignations que la fiction montre ici comme une imposture parmi tant d’autres. D’une manière hélas un peu appuyée, d’une façon très fragmentée en brefs chapitres, Zadie Smith entremêle les mensonges, arrangements de troubles personnages victoriens : d’abord William Ainsworth, prolifique écrivain de roman historique enflammés et incompréhensibles, et celui qui, dans un procès fameux, tente de se faire passer pour un noble ayant survécu à son naufrage et enfin Eliza qui porte sa désabusée complicité sur ce monde mesquin. Avec ironie, une grande maîtrise de son récit, L’imposture sape les dissimulations du XIXe siècles anglais dont il nous livre un saisissant portrait de sa crasse misogynie et de l’esclavage dont l’évocation jamaïcaine semble particulièrement pertinente.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 06/03/2026
Son ciel de cendres Valérie Cibot À partir d’un ultime rituel de deuil dévasté, de l’attachement à la couleur sur les terres calcinées d’une ethnie en voie de disparition, Valérie Cibot invente, douloureux détachement, une écoute de l’enchantée horreur du monde dont la Nature devient syndrome de…
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Son ciel de cendres Valérie Cibot
À partir d’un ultime rituel de deuil dévasté, de l’attachement à la couleur sur les terres calcinées d’une ethnie en voie de disparition, Valérie Cibot invente, douloureux détachement, une écoute de l’enchantée horreur du monde dont la Nature devient syndrome de notre destructrice déprédation. Avec son écriture de condensation et de musicalité, toute de précision sensuelle, d’images et d’usures, d’incertitudes et de projections, Son ciel de cendres raconte le retour d’une jeune femme dans sa communauté pour accompagner la dépouille de sa grand-mère. Si on interroge parfois les belles réussites d’une éco-poétique, on entend surtout le joli renversement de situation qui permet au récit de ne pas sombrer dans la naïveté d’un retour à une pureté primordiale prétendument sauvage. Écoutons la poésie de ce voyage.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 05/03/2026
Touche pas à mon cadavre André Maurois Une inondation, des corps qui disparaissent et réapparaissent, des drôles d’associations et de manigances pour contrer les crues de la Manigouche. André Maurois revient avec une nouvelle aventure de Jacqueline et de Mazenc toujours aussi débordé que les…
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Touche pas à mon cadavre André Maurois
Une inondation, des corps qui disparaissent et réapparaissent, des drôles d’associations et de manigances pour contrer les crues de la Manigouche. André Maurois revient avec une nouvelle aventure de Jacqueline et de Mazenc toujours aussi débordé que les éléments si bien décrits dans une prose hilarante et capable, derrière la blague et une stratégie retorse basé sur des précis et visuels détails, de créer une atmosphère toute de fausse légèreté. Touche pas à mon cadavre réactualise la belle tradition du roman noir grinçant en interrogeant cette fois, outre à nouveau ce que l’on est prêt à faire pour son confort, le goût minable de la magouille pour de mesquines économies.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 04/03/2026
Un jeune homme étonné Hector Bianciotti Recueil de critiques délicieusement déliées, délicates, et dont l’admiration, l’enthousiasme séduisent dans leur capacité à donner à entendre l’esthétique, l’attachement autobiographique de toute une époque, de 1975 à 2000. Dans ses articles comme dans ses…
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Un jeune homme étonné Hector Bianciotti
Recueil de critiques délicieusement déliées, délicates, et dont l’admiration, l’enthousiasme séduisent dans leur capacité à donner à entendre l’esthétique, l’attachement autobiographique de toute une époque, de 1975 à 2000. Dans ses articles comme dans ses entretiens et portraits, Hector Bianciotti cerne sa conception d’une littérature de l’étonnement, de l’exil et du style. On lit avec une forme d’insouciance, avec cette légèreté venue d’une profondeur vraie, ce Jeune homme étonné. Sous l’ombre tutélaire de Valery, on croise avec grand plaisir Borges, Cortázar et Saer, Barthes et Solers, Carson McCullers et Elsa Morante... On ressentirait presque une forme de nostalgie pour cette douce attention au récit.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 03/03/2026
Un vagabond à l’étranger Mark Twain Drôlatique démontage de l’absurdité d’un tourisme naissant ; ironique moquerie sur un regard transitoire qui, suffisant, prétend tout comprendre ; habile et renseignée parodie des récits de voyage qui, cependant, donne une image saisissante de l’Allemagne et ses…
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Un vagabond à l’étranger Mark Twain
Drôlatique démontage de l’absurdité d’un tourisme naissant ; ironique moquerie sur un regard transitoire qui, suffisant, prétend tout comprendre ; habile et renseignée parodie des récits de voyage qui, cependant, donne une image saisissante de l’Allemagne et ses légendes, la Suisse et ses montagnes, l’Italie et ses dévotions artistiques. Dévastateur humour de Mark Twain qui n’épargne rien, surtout pas lui, et nous entraîne dans sa fantaisie, dans l’indolence avec laquelle il se gausse des exploits sportifs, de toute traversée de l’Europe à pied pour mieux en montrer le confort et le conformisme. Un vagabond à l’étranger invente toujours un décalage comique, un autre point de vue d’une très grande pertinence caustique.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 02/03/2026
Un éloignement Frédéric Fiolof Délicat portrait d’un inconnu fugitif : un invisible si peu connu, migrant sans domicile ni papier que le narrateur tente d’aider en cernant ses absences, les différentes versions et dissimulation de son histoire. Dans son tendre et distancié attachement à ce qui…
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Un éloignement Frédéric Fiolof
Délicat portrait d’un inconnu fugitif : un invisible si peu connu, migrant sans domicile ni papier que le narrateur tente d’aider en cernant ses absences, les différentes versions et dissimulation de son histoire. Dans son tendre et distancié attachement à ce qui disparaît, aux présences occultées par une France que la haine de l’autre aveugle, Frédéric Fiolof, humblement, avec une jolie écriture, nous rappelle à l’humilité de l’accueil, à l’attention envers tous ceux que l’on ne voit pas. Par l’étrangeté de la situation administrative décrite, Un éloignement dépeint l’horreur d’un système de rétention et propose surtout la possibilité d’une simple humanité à lui opposer.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 26/02/2026
Perrudja Hans Henny Jahnn Immense roman de l’inquiète, exubérante et expressionniste, modernité allemande, de son prurit de communauté autant que de la conscience de sa séparation, Perrudja explore les ambivalences, culpabilités et dédoublement du désir. Dans une forme romanesque sans cesse…
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Perrudja Hans Henny Jahnn
Immense roman de l’inquiète, exubérante et expressionniste, modernité allemande, de son prurit de communauté autant que de la conscience de sa séparation, Perrudja explore les ambivalences, culpabilités et dédoublement du désir. Dans une forme romanesque sans cesse renouvelée, jusqu’à l’inachèvement, pour exprimer cette dislocation de ce que nous sommes en cette incapacité, en 1929, de croire encore en l’unité, la linéarité du récit, de ses mensonges et amnésies sans singularité, Hans Henny Jahnn, ce grand méconnu, ce marginal définitif participe ici à la réinvention du spectral Soi romanesque dans un combat, spirituel et politique, contre la dévoration capitaliste, contre l’identité fixe qui si mal nous départage. Dans cet ample, impressionnant, flottant, récit de la conscience paniquée d’être au monde, dans l’écho des mythes égyptiens et indiens, dans cette Norge fantasmatique, dans l’attrait pour les hommes, les femmes, les chevaux, Hans Henny Jahnn réinvente, cérébrale utopie, ce que l’on aurait pu devenir.
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viduite.bsky.social @viduite.bsky.social · 17/02/2026
Chroniques d’un dieu boiteux Joan-Lluis Lluis Du désastre de la disparition des Dieux, de la survie d’Héphaïstos, le dieu de la forge et du feu, dans le monde mortel des chrétiens mélancoliquement contempler dans son horreur et sa cruauté. Par cette érudite, ironique et amusée, reviviscence du…
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Chroniques d’un dieu boiteux Joan-Lluis Lluis
Du désastre de la disparition des Dieux, de la survie d’Héphaïstos, le dieu de la forge et du feu, dans le monde mortel des chrétiens mélancoliquement contempler dans son horreur et sa cruauté. Par cette érudite, ironique et amusée, reviviscence du désordre olympien, de la mythologie grecque, Joan-Lluis Lluis réécrit habilement un pan de notre Histoire, son prétendu progrès, son uniformisation qui mal cache un sauvage désir de déprédation et de domination, humaine dans son délire de congédier le chaos. Intéressant roman historique par ses silences et ellipses, ses révélatrices incompréhensions, Chroniques d’un dieu boiteux interroge les récits qui nous relient.
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