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Romain Carayol ⏚

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Romain Carayol ⏚ @romain-carayol.piaille.fr.ap.brid.gy · 31/10/2026
Elle nous manque. Mais elle est toujours là. Et son exemple à elle et à ses camarades est très utile dans les temps obscurs qui s’annoncent
« Dis donc, Rainer... Tu vas enfin l'ouvrir, ta gueule, oui? Cette année, ce sont les cinquante ans de la Libération. On doit raconter la vérité, dire comment ça s'est passé... Si tu continues à la fermer, tous nos camarades morts à dix-sept ans, personne ne s'en souviendra. C'est ça que tu veux?» Voilà ce que Raymond Aubrac m'a dit en 1994. Nous étions amis depuis longtemps mais, ce jour-là, c'est à ma mémoire qu'il rendait visite. Il était venu la ranimer: Je lui ai répondu que présenté comme ça, évidemment, je ne pouvais plus refuser... Et j'ai commencé à me souvenir. On avait un message à transmettre, celui de l'esprit de la Résistance: Ne jamais pleurer sur l'état de son pays ou sur son propre sort. Aucune cause n'est jamais perdue, sauf si on abandonne. JE NE SUIS PAS UNE VICTIME. JE SUIS UN RÉSISTANT. C'est en gardant ça en tête que les gens ont tenu dans les prisons de la Gestapo, les maquis ou les camps de concentration. Cette formule peut s'appliquer à tous les aspects de la vie. C'est une vérité universelle, une manière d'appréhender les événements. Faire passer ce message, c'est mon boulot. En bande dessinée? Pourquoi pas! Je n'y avais pas pensé, jusqu'à ce que Jean David prenne contact avec moi. Il m'a appelée pour me présenter son travail et moi, je l'ai envoyé sur les roses. « Une BD? Mais c'est pour les mômes, ça! On aura vraiment voulu me mettre à toutes les sauces !» J'ai tout de même parlé de l'appel à mon ami, le réalisateur Jorge Amat, qui m'a dit, sans me ménager: « Madeleine, je ne pensais pas que tu étais aussi bête. » Et il m'a expliqué, lui qui sait toujours tout: «Tu as eu drôlement tort, une bande dessinée, c'est formidable ! On peut tout y raconter de nos jours et puis c'est le moyen de faire passer ton message à un nouveau public.» Il avait raison et j'aurais dû m'en souvenir: quand j'étais petite, je lisais Les Facéties du sapeur Camember, de Christophe. C'était mon délice! Je ne m'en rendais pas compte à l'époque mais cette BD était extraordinaire: de l'anticolonialisme à l'état pur. Finalement, j'ai accueilli Jean David chez moi et nous sommes devenus potes. Un jour, il est venu accompagné de son éditeur, José-Louis Bocquet. Mon aide à domicile, qui était présent, a ouvert une BD que José-Louis avait apportée (Les Esclaves oubliés de Tromelin). Au bout d'un moment, je lui ai demandé s'il voulait bien servir à boire à nos invités. Il m'a répondu: « Désolé, Madeleine... J'étais totalement aspiré par l'histoire! » J'ai compris à quel point la bande dessinée était un véhicule puissant de l'imaginaire. En 1994, donc, j'ai dit oui à Aubrac et comme tous les résistants encore vivants qui n'avaient jamais rien raconté, j'ai transmis la mémoire. À des étudiants, des auditeurs ou des historiens, dans les amphis, à la télé, dans les écoles. Les enfants ont des questions tellement précises... Ils m'ont aidée à tout extirper des tréfonds de mon cerveau. Aujourd'hui, je dis oui à Jean David et Dominique. À ma grande surprise, me voilà auteure de bande dessinée. Ma mémoire est toujours là, encore plus précise, je crois. Je l'ai affûtée, pour poursuivre la mission qu'Aubrac m'avait confiée. J'ai toujours cherché la vérité. Sur le terrain, pendant l'Occupation, dans la Résistance en luttant contre les nazis, à Paris dans les geôles de la Gestapo aussi bien que pendant la libération de Paris. Après la guerre en tant que journaliste j'ai continué au Maghreb, en Asie, partout où il y avait des peuples misérables qui se battaient contre les oppresseurs. Oh, ce n'est pas de tout repos, j'ai perdu des plumes à ce jeu-là et j'en ressens encore les effets dans mes os brisés. Mais si c'était à refaire, je recommencerais, voilà! Je ne suis pas un symbole. Je ne suis pas une femme extraordinaire. Ce que j'ai fait, des centaines d'autres, des milliers dans le monde, l'ont fait. Et vous pouvez aussi. La seule chose extraordinaire dans cette histoire, c'est que je sois encore en vie pour vous la raconter. MADELEINE RIFFAUD
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Romain Carayol ⏚ @romain-carayol.piaille.fr.ap.brid.gy · 28/09/2026
La pluie ! La pluie !
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Romain Carayol ⏚ @romain-carayol.piaille.fr.ap.brid.gy · 22/09/2026
T’as beau leur dire que tu refuses la transcription de tes messages, les iPhones continuent d’écouter mes messages et tenter de les transcrire En même temps, avec ce niveau de fiabilité, ils ne risquent pas d’en faire grand chose.
Transcription (degré de confiance faible) : « Bonjour monsieur Gramment français ne sont du chêne vous faire un don de plaquettes au mois de juillet c'est très bien merci là je vous appelle ben pour savoir si vous auriez une possibilité ça serait peut-être plus un nom de plasma là de strip de Placo de fou serait peut-être juste quand même faire un bon claquette donc si tu veux du temps pour un placement on avec plaisir on a besoin de vous je laisse me rappeler à ce numéro on prendra besoin merci à bientôt… »
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