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Soupalognon y Croûtons

@poly-sama.bsky.social
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Personne. Électron libre Auteur de SFFF | Maquettiste chez LDT Éditions | #INTP/INFP | #Gaming #Cuisine #Mangas #Animes paul-emmanuelcubizolles.carrd.co Conjureur :

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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 31m
Et je rattrape aussi mon retard de la semaine avec cet #Eclatdetexte
Le trait d’électricité fuse en direction de Sakuya, crépitant d’énergie. Mais, cette dernière, avertie par ses sens affûtés, esquive de justesse le projectile. Seule trace du passage de la magie céleste, ses cheveux, chargés d'électricité statique, se hérissent sur son crâne. Elle jette un regard haineux, courroucé à Cassiel avant de rétablir sa course. De sa position, Sakuya remarque en contrebas la présence d’un des grands parcs de la méta-cité. Un espace dans lequel trône une porte. Un païfang. Une issue ! Ce n’est peut-être pas le sanctuaire, mais je pourrai au moins m’échapper dans le monde spirituel.
Elle descend aussi promptement du toit qu’elle le peut, Cassiel sur les talons. Le conjureur a presque rattrapé son retard. Une fois dans la rue, ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’il ne mette la main sur la femme-renard. Celle-ci fend les quelques groupes de badauds encore présents à cette heure tardive, sous leurs cris étonnés et contrariés d’être bousculés de la sorte. Cassiel perd plus de temps à la suivre, ne connaissant pas l’agencement des rues et l’objectif de sa cible. Il se concentre sur la jeune femme et ses propres facultés afin de la rattraper lorsqu’il perçoit enfin la présence du parc et le païfang.
Merde ! Pas ça ! Faut pas qu’elle passe cette porte !
Il accélère encore son rythme, puisant dans ses réserves et en espérant que son stimulant dure encore quelque temps. Tous deux entrent dans le square au pas de course. Sakuya déchaîne une nouvelle fois son “feu du renard” projetant trois nouveaux orbes enflammés derrière elle à l’aveugle que Cassiel évite sans grande difficulté. Cependant l'écart qu’il doit effectuer pour esquiver le ralentit suffisamment pour que sa cible lui échappe.
D’une puissante poussée, Sakuya pénètre sous la porte et, dans un éclat magique, s'évanouit de la surface de la Terre, laissant Cassiel seul et pantelant devant le païfang.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 43m
Bismillah c'est les ténébres ! Avec des années-lumière de retard, voici ma participation ! #Eclatdetexte
Lorsqu’il s’installe, il remarque sur le dos de chaque dossier les différentes années. Il ne se souvenait pas que la corpo datait autant. Lorsqu’il sort la première chemise, l’année 2023 est indiquée. La pochette comprend que peu d’éléments utiles à Cassiel. Toutefois, il comprend pourquoi Karl a recherché autant d’informations, quitte à remonter jusqu’à la création de la firme. Au début, seules les informations sur les employés, le comité d’administration, les finances, les filiales ressortent. Aucun élément anormal aux yeux de Cassiel ne dénote.
En revanche, à peine dix ans avant l’année actuelle, des changements assez radicaux ont été opérés au sein de la compagnie. Un changement de direction impromptu est relaté dans le document qu’il lit. Le nom Parekh y est affiché sans qu’il y ait plus d’information au sujet de ce revirement à la tête de la corporation. Plus étrange, le nom est associé au pronom masculin. Cassiel fronce les sourcils, circonspect. 
Je ne me souviens pas qu’Esther ait mentionné une quelconque filiation dans sa famille et encore moins avec la Khar Sar. Je ne la vois également pas être à la tête d’une corpo qu’elle combattrait… Il doit s’agir d’un parent ou d’une autre personne. Mais rien n’indique qu’elle a un frère. Quant à ses parents, je n’ai aucune information sur eux. Du moins, aux dernières nouvelles, elle était orpheline. Donc peu probable de ce côté-là, sauf si elle cache quelque chose. 
Laissant de côté sa réflexion au sujet d’Esther, il se penche sur les dossiers restants. Cette fois, il découvre une filiation entre la Khar Sar et les Asura’s Tribe. Un partenariat assez récent, daté d’il y a cinq ans. Le dirigeant de Singh Incorporated est également le leader des Asuras. Comment une corpo de banques et assurances se retrouve mêlée à une autre de produits pharmaceutiques ? Un peu plus loin la réponse lui apparaît comme une évidence. La Mauve.
Avant que l’un d’eux ne pose davantage de questions, je poursuis.

— Pour beaucoup, ici ou même au sein de Xiéhé, l’enceinte extérieure et les faubourgs représentent la lie de notre société, les plus démunis qui ne sont qu’un énième boulet pour notre gouvernement. Ce n’est pas le cas et pour nous, pour cette partie des habitants, nous avons nos vies, nos habitudes. Nous ne sommes pas les plus riches ou les mieux lotis. Malgré ça, nous sommes heureux, nous savons profiter de ce que nous avons et quand bien même c’est difficile, quand bien même les autorités nous persécutent, nous continuons. Aucun de nous ne lâche. Et quand l’un tombe, les autres l’aident. Nous avons un fort lien communautaire et c’est cette communauté que je protège.

Je remarque que mes compagnons me fixent encore plus intensément qu’auparavant. Pendus à mes lèvres, ils attendent la suite. Je me garde bien d’en dire davantage, craignant m’attirer les foudres de certains laborantins dont les opinions potentiellement bien tranchées pourraient s’avérer acerbes. J’ai bien conscience que ma position est loin d’être réellement tenable. 

— Vous êtes vraiment devenue une Esper pour les vôtres ? C’est vraiment ce que vous vouliez ?

La question me surprend non par sa teneur, mais de par son origine. Ce n’est point Viggo qui reprend, mais bel et bien l’un des chercheurs.

— Je ne suis pas devenue Esper dans ce but. J’ai toujours aidé ma communauté bien avant de devenir ce que je suis. Mes idéaux n’ont pas changé. Ils sont toujours les mêmes. Ancrés au plus profond de mon être. Mes convictions, je les porte fièrement et je continuerai. Avant d’avoir mon Halo je n’étais que la fille d’un diplomate et d’une tisserande et couturière. Je connais aussi bien le monde d’en bas que celui des nantis. Toute ma vie je me suis battue entre les deux pour que les premiers ne se fassent pas bouffer par les seconds.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 24/09/2026
De la tensiiiiiiiiiion ! Chez moi tout est tendu ! Et comme dit le proverbe, tout c*l tendu mérite son dû ! #Eclatdetexte
Revigoré par ses ablutions et l’eau bouillante, il prend son temps pour s’habiller. Cassiel enfile des habits moins miteux que ceux qu’il a portés à son arrivée, mais moins habillés que la veille. Les vêtements actifs ont fait leur apparition voilà quelque temps, et se sont rapidement démocratisés, apportant avec eux diverses innovations. L’indication de votre état de santé, de votre taux de cholestérol, de stress, et tellement plus. La chemise que choisit Cassiel lui indique que son taux de cortisol est bien trop élevé via une connexion directe à son biolink Cy-Naps ainsi que sa tension également. Il conserve toutefois son traditionnel blouson de conjureur. Ce dernier n’est certes pas de la dernière tendance, mais il embarque avec lui de multiples technologies comme de la thermorégulation, une protection antimagnétique, et des générateurs ultrasoniques qui lui seront bien utiles en cas de pluie, ce qui risque d’être le cas. Il vérifie ses armes avant de partir et les range. Fin prêt, du moins physiquement pour cette première vraie journée de travail. Il sort enfin de chez lui avec une bonne heure et demie de retard par rapport à son horaire initial.Je vois Dhunan qui secoue la tête d’exaspération. Il se passe une main sur le visage et reprend.

— Si la Fédération voulait les informations, Excelsior les aurait partagées. M. Amurao connaît les règles de la Fédération et son fonctionnement. Il n’est pas dans son intérêt d’aller à l’encontre de la SAH. Une simple demande aurait suffi. 

Le visage de Snowvereign se contracte et son regard céruléen transperce Dhunan. Elle change sa jambe d’appui et se redresse tout en scrutant le capitaine.

— Dans ce cas, pourquoi envoyer la “Lumière de Xiéhé” pour une simple mission ?

Elle darde son regard vers moi, tout aussi inquisitrice. Je sens un frisson parcourir mon échine. Cette femme… Elle sait comment mettre les autres mal à l’aise et poser les questions dérangeantes. Dhunan pivote pour me dévisager également avant de répondre.

— Parce qu’elle est la seule Esper d’Excelsior disponible en l’état. 

Je pose ma main sur l’épaule de Dhunan et lui intime d’un souffle de ne pas chercher à s’expliquer.

— Nous n’avons pas à nous justifier, Snowvereign. Si Zak a jugé bon de me missionner, c’est son droit. Il ne me semble pas que nous devions répondre de nos actes envers toi ou envers l’Union.

Son regard persiste à nous fixer, Dhunan et moi. Je sens qu’elle ne lâchera pas. Elle se doute de quelque chose ou cherche à suspecter des motivations cachées. Oh sans doute qu’il y en a surtout du côté de Dhunan. Quant à moi, je ne suis pas dans la confidence. Il nous faut désamorcer la situation, sinon nous risquons de passer un moment bloqués. Sans parler de l’ambiance que cela risque de créer pour la suite de la mission.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 17/09/2026
Voici ma seule occurence d'anniversaire dans Conjureur xD #Eclatdetexte
Cette même journée, Cassiel circule dans le Westside Industrial District à la recherche des coordonnées indiquées par les dates d’anniversaires sur la carte de Karl. En recoupant les données de la carte et celles de la ville, il a trouvé le lieu, mais une fois au guidon de sa moto, plus rien. Le bâtiment indiqué sur le plan n’est pas présent à l’endroit indiqué. Rien qu’un vide. Comme si l’édifice avait été rasé de la surface de la ville. 

	Suite à de nombreux tours dans le quartier, il se décide à mettre pied à terre et à demander aux riverains s’ils n’auraient pas connaissance d’un bâtiment aux adresses mentionnées. Autour de lui s’étirent de longs bâtiments grisâtres et monolithiques. Si le reste de la cité le toise tout autant, les édifices de ce quartier oppressant Cassiel de leur masse. Ici, pas de vives lumières, pas de néons criards qui éclairent et chassent les ombres. Les rares passants qu’il croise le regardent d’un air étonné, voire suspicieux. Son apparence et sa chevelure flamboyante n’y étant pas pour rien. Même les habitants sont à l’image de leur lieu de vie. Lugubres, misérables et pourtant si résilients. Comme si les années passées les avaient forgés pour résister aux aléas de la vie et à ses tribulations. 

Il finit par trouver une âme charitable qui daigne l’aiguiller dans ses recherches. L’individu, propriétaire d’un buibui nauséabond aux produits douteux, dont le teint cireux et le chrome usé et défaillant, signes de carences et d’une pauvreté crue, lui indique sur l’holocarte le croisement un peu plus loin. L’éclat de la tenue de Cassiel tranche dans la monotonie ambiante. S’il ne se sent pas à sa place dans la méta-cité en temps normal, ici, il lui paraît évident qu’il est de trop. Il remercie d’un sourire l’homme en face de lui, qui le lui rend. Sans doute aurait-il dû s’en abstenir. Pour faire bonne mesure et aussi étancher sa soif, Cassiel prend une des boissons en vente.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 11/09/2026
Nouveau tatouage! J'ai mélangé les cyberwares de Motoko dans Ghost in the Shell et la Tacet Mark (la fréquence) du personnage de Jinhsi dans Wuthering waves. Oui c'est pas droit/aligné, je ne le suis pas non plus.
Photo de mon dos avec mon nouveau tatouage! J'ai mélangé les cyberwares de Motoko dans Ghost in the Shell et la Tacet Mark (la fréquence) du personnage de Jinhsi dans Wuthering waves.

Oui c'est pas droit/aligné, je ne le suis pas non plus.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 10/09/2026
Je déborde un peu sur le deuxième extrait, mais ça rentre dans le thème. #Eclatdetexte
Si les manifestants humains se montrent réfractaires aux ordres du militaire et continuent d’invectiver les esprits en face, ces derniers, plus pacifistes, commencent à quitter les lieux. Jusqu’à ce que deux projectiles, que n’arrive pas à distinguer Sakuya, volent jusque sur des yōkai. Une apsara et un bonze se les prennent de plein fouet. Sakuya tressaille lorsqu’elle voit les deux chuter lors de l’impact. D’autres yōkai les aident à se relever dont certains qui tentent d’interpeller le CITAS ou les humains à se calmer. Autour de Sakuya, le temps semble ralentir. Les mouvements des individus se font plus lents, plus gauches. Elle note alors de nouveaux objets lancés en direction des esprits. Un de ceux qui protège l’apsara et le moine, reçoit un pavé en pleine face et s’écroule au sol avec une lenteur déconcertante. 

Les premiers débordements en entrainent d’autres et c’est bientôt toute la foule des naturels qui se rue sur les esprits qui fuient. Pris au dépourvu, les militaires se regroupent dans leurs aérodynes afin d’éviter d’être submergé. L’un des véhicules est renversé par la foule en colère. Des créatures spirituelles dressent une maigre barrière magique entre eux et les agresseurs, mais l’appauvrissement joue en leur défaveur et un coup de canon à micro-ondes anéantit leurs efforts. D’autres frappes fusent, touchant aussi bien humains qu’esprits. Peu à peu, l’esplanade se vide et une chasse aux sorcières débute. Sous les yeux horrifiés des trois femmes-renardes, les créatures spirituelles sont pourchassées à travers les ruelles adjacentes par les humains. Certains policiers s’ajoutent à cette débauche jusqu’à ce que leur capitaine les rappelle à l’ordre. Les soldats du CITAS ne se donnent même pas cette peine. Ils sont en train de redresser le véhicule, couché sur le flanc lorsque Sakuya, Chin-sun et Eun-sun, quittent les lieux. Je sens une légère sensation de picotement au niveau de mes extrémités. Puis une forme d’engourdissement me saisit les membres jusqu’à ce que je sente mon énergie s’écouler de moi en même temps qu’elle réagit au flux énergétique qui m’est envoyé. Sans pour autant être douloureux, cela reste désagréable. Sentir son Halo réagir de la sorte, comme s’il m’échappait, me laisse une drôle de sensation. Il vibre en moi, influe sur mon organisme. Il s’agite comme une mer agitée se meut par les vents et les courants. Ici, ce sont les afflux électromagnétiques qui le bousculent et qui le forcent à réagir. 

Il tire sur mes muscles, et par réflexe, je me tends davantage. Je serre les mâchoires au point de m’en faire mal aux dents. Les crissements de celles-ci me font prendre conscience que je dois me détendre, au même titre que la douleur dans les paumes de mes mains due au fait que je m’enfonce les ongles au point de m’en faire saigner. Au fond de moi, je sens poindre une sensation de vertige, qui m’oppresse. Le vertige devient une violente nausée qui me force à resserrer les mâchoires afin que je ne rende pas mon seul repas de la journée. La voix d’Ilotia, que j’entends très mal, me parvient lointaine et discontinue.

— C’est bientôt fini, tiens le coup, Sam’.

Alors que le processus arrive à la fin, je sens mon corps se déchirer, je vois des rémanences prismatiques de mes mains lorsque je les bouge. Comme si je voyais en avance mes mouvements. Et à chaque fois que cela se produit, tout mon corps souffre. Je souffre. Une douleur atroce s’empare de chacune de mes cellules à chaque fois qu’elles disparaissent et réapparaissent.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 03/09/2026
Nous sommes de retour pour vous jouer un mauvais tour ! En cette rentrée, qui n'en est pas une de mon côté, voici un extrait pour cet #Eclatdetexte
À côté de la mention de son retard, une animation d’une fille en chibi qui lui tire la langue tourne en boucle. À la vue de l’image animée, Cassiel ne peut s’empêcher de retenir un sourire. À chaque fois, elle me fait le coup et à chaque fois, elle marque un point. En revanche, quant à la mention de son retour, il ne retient pas le long soupir las qui lui échappe. Lui-même ne sait pas quand il rentrera. Sans doute d'ici quelques semaines. Mais quelque chose lui dit, que cette durée sera bien plus longue qu’il ne l’avait imaginé. La lettre de son père ne lui est d’aucune utilité, à part de l’informer de la situation. Ce qui reste bien maigre pour commencer à enquêter. Il aura sans doute plus d'informations en temps voulu de la part d’Esther ou du Bureau. 
 
Avant qu’il ne se mette à trop réfléchir à la suite de son séjour à Shandong, Cassiel dicte un message à sa sœur. 
 
Hey, Cléa. Je suis arrivé. Bien, je ne sais pas trop, mais en retard. L’accueil fut quelque peu glacial et tendu. On dirait que j’arrive au mauvais moment. Quant à mon retour, je ne peux te dire pour le moment. Cela risque d’être plus long que prévu. Karl m’a laissé une surprise des plus problématique ; sans compter le Bureau qui me cache des informations. Enfin voilà. Je vous contacterai, maman et toi, plus tard. Je te laisse, sœurette.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 30/07/2026
Les congés ? Les vacances ? Le repos ? Ici on ne connaît pas. Trop de travail, trop de missions, trop de tout sauf de repos. Par chez moi, ça brille par son absence. #Eclatdetexte
La doctoresse secoue la tête en signe de désapprobation, mais elle connait sa patiente depuis maintenant suffisamment longtemps pour savoir qu’elle ne fera pas plier Esther. La volonté inébranlable de la directrice ne ploie pas si facilement ce malgré la flexibilité dont elle peut faire preuve. Un long soupir désabusé retentit derrière Esther, qui observe la moue peinée de son interlocutrice à travers le miroir. 

— Soit, Esther. Prenez quand même du temps pour vous après. Je ne peux pas passer mon temps à vous remettre sur pied en permanence. Promettez-moi que vous vous reposerez après cette conférence. Ne gâchez pas mon travail.

Cette dernière phrase secoue Esther plus qu’elle ne s’y attend. Les propos du docteur Yijun, la blesse et c’est sans doute l’effet recherché. Depuis qu’elle connaît la praticienne, celle-ci ne s’est jamais comportée de la sorte. C’est d’ailleurs pour cela que les deux femmes s’entendent si bien, l’empathie qui les lie. La médecin n’a jamais porté aucun jugement, rarement des reproches et s’est toujours comportée de façon positive avec Esther, même en sachant la vérité à son sujet. C’est sans doute l’une des rares personnes en qui Esther voue une confiance aveugle. La cyberchirurgienne s’est occupée des prothèses et autres implants sans poser de questions et en s’adaptant la morphologie si spécifique de sa patiente. Jamais Esther, n’aurait pensé entendre de tels propos de la bouche de la doctoresse. 

Elle réalise alors l’incongruité de ses actions et de ses paroles envers elle. Esther se retourne pour lui faire face et devant l’air contrarié du docteur Yijun, pince les lèvres, contrite. 

— Je suis désolée, Fan. Je sais que tu t’inquiètes pour ma santé. Surtout depuis la disparition de mon frère et je m’excuse de t’imposer mon humeur ces derniers temps. Je te promets que je prendrai quelques jours pour me rétablir.


Avant même que mes mains ne se touchent pour encore une fois craquer mes doigts, je les fourre dans les poches de mon blouson et je fixe le dos d’Ilotia.

— Je vais bien. Certes, les dernières missions m’ont laissée fatiguée et avec bien peu de mon potentiel, il n’empêche que je me porte mieux. J’ai bien récupéré ces derniers jours. Et comme tu le mentionnes, ce n’est que de l’escorte. Je ne m’attends pas à autre chose qu'à quelques Rakkas esseulés. 

Sur le seuil du laboratoire d’analyse, elle se retourne vivement, les mains sur les hanches et plante son regard dans le mien. Tiens, ça me rappelle quelque chose.

— Sameeha ! Tu as lu les relevés ? Ce n’est pas parce que le temps est clément que cela va durer. Surtout avec ce qui se profile à l’horizon. Tout le Consortium s’affole. Les données crèvent le plafond. On n'avait plus vu de telles mesures depuis le Phase Drift. C’est tout sauf anodin. 

— Je…

— Tu quoi, Sam’ ? On t’envoie encore une fois en première ligne lors d’un évènement majeur. Lors d’une tempête de cette ampleur, personne ne doit sortir. Et on t’envoie en exploration avec une équipe.

Mes doigts finissent par craquer malgré moi. Avant qu’Ilotia ne puisse me reprendre, je la saisis par les épaules fermement.

— Je le sais, Ilotia. Je le sais. Ne crois pas que je prenne cette sortie à la légère. La vie de l’équipe scientifique dépend de moi. Elle hausse les sourcils. Bon, aussi de l’équipe militaire, mais à part tirer avec leurs fusils, ce n’est pas ça qui va les protéger de la tempête gravitationnelle qui approche. 

— Et c’est justement pour ça que je m'inquiète. Vu l’envergure du phénomène, c’est encore toi qui devras faire le plus gros du travail. Que t’arrivera-t-il si tu tombes en plein hiatus au cours de la mission ? On peut reporter cette dernière. Tu peux agir en ce sens.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 23/07/2026
Un peu de racine à quelque chose près ! #Eclatdetexte Ils sont ouverts à la lecture aussi !
Riche de cette information non dénuée d’intérêt, une idée germe dans l’esprit de Cassiel avant de s’y enraciner profondément. 

Je pourrais très certainement tiré avantage de cet orbe. Il pourrait même me permettre de convaincre Esther que Sakuya n’est plus. Faut que je lui demande le me le passer.

 — Et tu penses que tu pourrais me le confier ? Il pourrait m’être utile d’ici peu de temps.

Suspicieuse, Sakuya se méfie de la demande du conjureur. Ses oreilles se plaquent contre son crâne et ses queues s’agitent autour d’elle. Son regard s’étrécit et elle fixe dangereusement Cassiel.

— Donne-moi une seule bonne raison de te le donner ? gronde-t-elle.

— Hum…

Cassiel ne veut pas tout lui révéler, mais il est obligé de jouer cartes sur table s’il veut parvenir à ses fins. Sans cet orbe, pas de preuve. Pas de preuve, pas de persuasion d’Esther de la mort de la kitsune. Merde !

— Disons que je vais en avoir besoin pour convaincre la Guilde de ta mort ou de ta conjuration. Sans lui, ils ne risquent pas de me croire. Nous avons toujours pour objectif de ramener une preuve de la bonne exécution de nos contrats. 

Silence.
Je lis sur son visage une expression que je connais que trop bien. Souvent je l’ai vu. Trop sans doute. La plupart des habitants vivent avec cette peur chevillée au corps sans pour autant la subir réellement. Ils ne la découvrent et ne l'expérimentent que dans ce genre de situations. Si certains comprennent que ce genre d’événements, bien que réguliers, mais somme toute assez rares à cette intensité, peu s’en souviennent et ceux qui le peuvent les redoutent encore plus. Cet homme vient de réaliser que la situation actuelle est, en dépit de mes dires, plus préoccupante que prévu. 

— Ne vous en faites pas, quand bien même une Faille apparaitrait, nous avons de quoi vous défendre. Et puis vous serez à l’abri dans l’observatoire. Concentrez-vous sur votre travail, nous ferons de même.

Je lui glisse un clin d’œil encourageant. 

— Inutile de vous inquiéter à propos de ce que vous ne pouvez pas contrôler. Cela vous saperait le moral plus que de raison et vous empêcherait de vous concentrer sur votre tâche.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 16/07/2026
C'est l'heure de la pause ! Have a break, have an #Eclatdetexte
Harassé par cette nuit, Cassiel ne cherche pas à ergoter davantage avec la jeune femme. Il se contente de couper ses légumes et de les faire cuire. Le jeune homme passe son temps à batailler avec les sept appendices caudaux de la kitsune qui battent l’air et viennent le déranger de temps à autre. Bientôt le cuiseur sonne la fin de la cuisson du riz et kitsune et Conjureur se retrouvent en tête face à leurs bols. Tous deux mangent en silence. Laissant ce dernier les ceindre de sa pesante chape sans pour autant que l’un ou l’autre ne daigne le briser. Ce calme apparent est aussi apaisant qu’insoutenable. 

Plus tard, une fois leur repas englouti et le service nettoyé, Sakuya se repose dans le canapé-lit tandis que Cassiel fume à la fenêtre. Les clapotis des gouttes de pluie s’écrasant sur la vitre relevée et les murs les bercent doucement, au loin résonnent les éclats du ciel orageux dont les éclairs strient les nuages et concurrencent les lumières de la ville. En dessous, la clameur diffuse de la cité en perpétuelle effervescence leur parvient comme un murmure.

Cassiel écrase sa cigarette et se retourne vers la kitsune allongée. Cette cohabitation pour le moins étrange dans l’exigu logement de Sakuya semble surréaliste au conjureur solitaire qui a souvent vécu dans des habitations cossues ou au domaine familial.
L’étoile bleue est déjà bien basse dans le ciel, il ne reste que la jaune qui nous procure encore suffisamment de lumière. Toutefois les ombres s’allongent déjà, plongeant une partie de la ville dans l’obscurité. L’horizon et les nuages menaçants qui s’amoncellent au-dessus de la cité se parent de vives couleurs rosées et violacées, donnant un aspect éthéré à Xiéhé. C’est sans doute ma vision préférée de la ville. La voir aux soleils couchant redevenir quelques instants seulement ce qu’elle a été à mes yeux. Une ville colorée, pleine de vie où il faisait bon vivre. 

Je me laisse bercer par le trajet, mon regard dérivant le long des façades de verre parsemées de plantes et d’essences diverses qui renforcent davantage l’effet éthéré de Xiéhé. Des plantes grimpantes volubiles aux couleurs pastels comme des bleus, des mauves ou des roses tendres ponctuent çà et là les grandes étendues de verdure. Des essences de Salix et autres arbres à branches-lianes pendantes parachèvent le tableau, tout comme certains Prunus aux délicats pétales rosés ou blancs intensifient cette vision qui me plaît tant. 

Si j’avais du temps devant moi, je passerais bien une heure à déambuler sous la frondaison ou à m’asseoir sur un banc pour profiter du crépuscule qui approche. J’avoue qu’après ces examens, me prélasser ainsi me ferait le plus grand bien. Laisser derrière moi mes tracas, mes doutes et mes responsabilités, ne serait-ce que pour quelques heures. D’aussi loin que je me souvienne, cela remonte à avant mon entrée chez Excelsior, ma dernière flânerie. Je me rappelle encore celles avec mes parents au bord des canaux de l’enceinte extérieure. Des moments doux et bien loin de toute l’agitation et des problématiques de ma vie actuelle. Une douce nostalgie m’envahit le temps du trajet.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 09/07/2026
De l'ombre, on en a bien besoin en ce moment ! #Eclatdetexte
Nombre de regards s’attardent sur lui. Gêné, Cassiel fixe ses pieds avec une moue amère et regrette de ne pas pouvoir remettre son casque. Il n’est pas l’unique attraction des œillades. Celles-ci convergent également vers Esther dont la démarche et la taille dénote fortement parmi la kyrielle d’individus présente autour d’eux. Cassiel s’avoue qu’il est difficile de ne pas tourner le regard vers la directrice du Bureau des Affaires Spirituelles Asiatiques — la nouvelle appellation de cette division de la Guilde des Conjureurs — une aura magnétique émane d’elle, forçant un respect quasi surnaturel. Heureux de voir qu’il n’est pas l’unique centre d’attention, Cassiel en profite pour observer l’extérieur par les immenses baies vitrées. Le coucher de soleil teinte le ciel d’un camaïeu d’oranges et bleus qui confère un aspect irréel à la méta-cité qui se découpe tel des ombres chinoises ciselées sur l’horizon safrané.
 
Seule la sempiternelle danse des hologrammes vient habiller la monotonie sombre des bâtiments dans une boucle infinie de marques aux logos colorés, de publicités qui vous assaillent les sens. La lumière du couchant embrase de ses teintes orangées les couloirs de l’aéroport, renforçant par la même occasion le flamboiement de la chevelure de Cassiel. S’arrachant à ce panorama à la fois nouveau et terriblement similaire à celui de son Écosse natale, Cassiel rattrape les deux conjureurs devant lui. Son pas effréné, qui peine à maintenir le rythme de la marche de ses paires, force Esther à ralentir, lui permettant par la même occasion d'engager la conversation avec lui tout en laissant le soin à Batu de prendre la tête du groupe pour les mener à leur véhicule
Je remets en perspective l’ensemble de ma réflexion et du dessein qui en découle, et cela me paraît bien trop ambitieux en l’état. De toute façon, j’ai mieux à faire pour le moment. Je dois encore me préparer pour la mission de demain. Si je ne me tracasse pas plus que cela, à la lumière de mon accident, une pointe d’appréhension vient aiguillonner mes sens. Cette nouvelle zone d’ombre autour de mes pouvoirs m’inquiète. Je me concentre à nouveau sur l’entretien avec Dhunan. 

À défaut d’avoir envie d’y aller ce soir, cela me donne une bonne excuse pour me sortir de la tête tous mes questionnements. Ils ne m’accapareront plus l’esprit une fois que je me serai focalisé sur mon travail. J’attrape le premier taxi autonome que je vois et file vers la porte est de la méta-cité où l’équipe se prépare pour le grand départ.

L’étoile bleue est déjà bien basse dans le ciel, il ne reste que la jaune qui nous procure encore suffisamment de lumière. Toutefois les ombres s’allongent déjà, plongeant une partie de la ville dans l’obscurité. L’horizon et les nuages menaçants qui s’amoncellent au-dessus de la cité se parent de vives couleurs rosées et violacées, donnant un aspect éthéré à Xiéhé. C’est sans doute ma vision préférée de la ville. La voir aux soleils couchant redevenir quelques instants seulement ce qu’elle a été à mes yeux. Une ville colorée, pleine de vie où il faisait bon vivre.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 02/07/2026
Un peu de parfum, pas forcément les plus douces et agréables, mais j'en connais une qui apprécie celles d'un certain conjureur 😏 #Eclatdetexte
Elle laisse ses sombres souvenirs de côté et se concentre à nouveau sur l’artère principale bondée. Un flot continu d’individus circule et le bruit en résultant agresse son ouïe bien trop développée pour le monde urbain. Elle repère à l’odeur le conjureur qu’elle attend. Au fur et à mesure que le temps s’égrène, la fragrance de cannelle et de cuir de Cassiel se renforce.
D’instinct, elle fronce le nez en sentant l’effluve de l’homme. Si elle n’apprécie guère l’individu, sa senteur est, quant à elle, des plus plaisantes à son odorat. En dépit de leur nouvelle collaboration, elle ne parvient toujours pas à pleinement cerner Cassiel. Elle le considère comme faible, fainéant et bien trop pessimiste. En revanche, elle apprécie son côté consciencieux et sa prudence. Elle fixe son DreamSphere d’un air dépité.

Ils restent tous les deux, yeux dans les yeux, front contre front dans une étreinte forcée à se jauger encore. Réminiscence de leur premier affrontement. Le loup solitaire et la renarde désinvolte. Le silence entre eux se poursuit, toujours aussi pesant, alors que leurs regards ne cessent de fouiller l’âme de l’autre à la recherche d’une quelconque information. Aucun ne veut faillir dans cette joute silencieuse qui les oppose. 
Cassiel finit par détourner ses yeux pers de ceux mordorés de la kitsune qui laissait son pouvoir sourdre. Ses traits s’affinent, prenant peu à peu ceux du goupil. Il met fin à leur opposition en se dégageant de l’emprise de Sakuya. Il s’éloigne un peu de la jeune femme pour conserver une certaine distance de sécurité entre elle et lui. Sans se retourner, il sort une cigarette et l’allume avec un glyphe. Un nuage de fumée se forme autour de lui. Derrière, Sakuya plisse le nez de dégoût.
— Jette ça ! Ça empeste ! 
Cassiel pivote avec lenteur et plante à nouveau son regard dans celui de sa rivale. 
— Laisse-moi gérer mon anxiété comme je l’entends. Comment tu te sens depuis l’autre soir ? 
Pas de réponse.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 25/06/2026
"Quand la musique est bonne Quand la musique donne Quand la musique sonne sonne sonne Quand elle ne triche pas Quand la musique est bonne Quand la musique donne Quand la musique sonne sonne sonne Quand elle guide mes pas" Voici un peu de musique ou d'absence de musique ! #Eclatdetexte
Dès le passage des doubles portes, l’ambiance se transforme. La musique aux basses profondes et puissantes agresse Cassiel. Il sent son corps vibrer au gré des décibels. Écrasé par la dysharmonie musicale, il se fige, incapable du moindre pas, du moindre geste. Cassiel sent son corps devenir sa prison. Les sons l’assaillent. Les aigus lui vrillent les tympans tandis que les graves l’enserrent dans une étreinte de pulsations lourdes et rythmées. La voix féminine, doucereuse, presque caressante, lui hante la tête.
 Les lumières lui donnent des vertiges. Les flashs, tantôt rouges, tantôt bleus, forment un effet stroboscopique qui l’hypnotise presque. Piégé dans son corps, la raison de Cassiel se replie sur elle-même, laissant le conjureur en proie à une angoisse insidieuse, sourde qui le broie. Son souffle s'accélère afin de pallier le manque d’air, mais l’ambiance l’écrase, l’air se fait rare et il manque de suffoquer.
Ce n’est que la voix de Sakuya qui ramène Cassiel à la réalité. 
— Ssie… Assie… Cassie ! 
Les yeux de Cassiel papillonnent et le conjureur commence à prendre conscience de son environnement. 
— Cassiel ! Hé ! 
Le contact froid de la peau de Sakuya sur la sienne produit un électrochoc qui ne manque pas de le faire réagir brusquement. Cassiel regarde, hébété, autour de lui. Sa respiration se calme lentement et il retrouve des sensations dans les membres. Une violente céphalée frappe Cassiel à la tête. Il titube, manque de choir. Seule Sakuya le retient de s’écraser lourdement sur le sol carrelé du Shíyū.
La kitsune traîne un Cassiel amorphe, qui peine à rassembler le peu de discernement qui lui reste. Elle l’assoit comme elle peut sur une des banquettes en cuir blanc et va chercher de quoi le calmer. Elle revient avec un verre d’eau, sous le regard encore consterné et méfiant du barman. Elle force son ami à boire tant bien que mal. Ce dernier se laisse faire, encore sous le choc de sa crise de tétanie. 
Ma question le laisse pensif. Il prend un long moment pour me répondre. Je vois à travers ses yeux une pointe de regret et sans doute d’envie pour ses congénères encore en pratique. Son regard se voile et son visage change légèrement. Un masque se forme, subtil, fugace au point que j'aurais pu l’avoir imaginé.

— J’aimerais. Et je voudrais de tout mon coeur reprendre l’opéra, les spectacles, même mes rares activités de doublage. Malheureusement c’est impossible.

Cette fois, un rideau de tristesse mine son visage. Il ferme les yeux quelques secondes dans le but de chasser la nostalgie qui s’y est logée. 

— Je ne peux plus chanter. Ma voix de baryton n’a plus cette capacité. Enfin, pas sans causer de sérieux dommages aux gens et aux infrastructures. Quand bien même je sais mieux moduler ma voix, sa puissance, sa portée. Elle est devenue bien trop destructrice pour que je puisse en user lors de représentations. C’est sans doute l’effet de mon Halo, mais mon chant est devenu une arme et non un vecteur d’émotions. 

Une pointe d’amertume perce dans sa voix. Je sens qu’il pourrait craquer si je poursuis plus avant mes questions sur sa vie de chanteur. Autant arrêter là, pour ne pas ternir notre collaboration. Je note que les chercheurs présentent toujours cette avidité et cette curiosité presque malsaine d’en savoir plus. Comme si nos vies, nos actes et nos regrets leur plaisaient. Certains restent plus en retrait. Comme s’ils étaient gênés par ces révélations. Qu’ils sont les témoins de cet échange intime entre deux héros qui ont sacrifié une part d’eux-mêmes pour devenir plus, malgré eux.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 18/06/2026
"Je vais tout casser Si vous touchez Au fruit de mes entrailles Fallait pas qu'elle s'en aille" #Eclatdetexte
— Je ne le sais que trop bien, Irina-san. Mais je sais aussi que cette jeune femme protège également une partie de la population de cette belle ville. Et je l’en remercie de prendre soin des femmes, aussi bien chez les esprits que chez les humains, qui subissent des violences. C’est pour cela que j’ai sciemment tu l’affaire et demandé expressément à Sakuya de ne laisser aucune trace pouvant la compromettre… Et nous par la même occasion.
— Maître ! s’écrie Irina, en colère. Vous soutenez ses exactions ? Ses méthodes…
— … divergent certes des nôtres, mais portent leurs fruits. N’avez-vous donc pas vu la baisse des agressions sur les femmes ces dernières années ? Je ne cautionne pas les actes et le meurtre, soyez-en assurée. Mais notez que nous ne pouvons pas apporter la raison à tous. Il faut parfois savoir faire preuve de fermeté et user de violence. Qui plus est, notre jeune Sakuya n’a pour ordre d’intervenir que si elle le peut.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 11/06/2026
Voici quelques élans ! Pas de bestiau, dommage, mais des actes ou des ressentis. #Eclatdetexte
Prise d’un élan de pitié pour cette pauvre âme, Xuè Huā, pénètre à nouveau à l’intérieur et s’empare du cadavre. Avec une infinie précaution, elle le soulève et le soustrait à cette salle macabre et l’emporte au loin. Elle l’emmaillote dans une bâche trouvée dans un coin de la pièce. Comme à son habitude, elle fera tout pour restituer la dépouille aux proches de la victime. Si tant est qu’elle parvienne à l’identifier. Derrière elle, sa signature, une fleur en pleine floraison, s’épanouit dans l’incarnat infect. La Fleur Sanglante a encore frappé, laissant son empreinte en guise d’avertissement.
Xuè Huā a eu vent des potentielles expériences menées par les membres des Asuras. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que de tels faits ressortent. Si certains yōkai prônent la pureté du sang de leur communauté et réfutent les unions inter-espèces, encore plus avec les humains, ils n’hésitent pourtant pas à mener des expérimentations sur des humains. Cela dans le seul but de voir comment ces derniers réagissent à la magie. Un des pires faits divers dont elle se souvienne révèle l’envoi d’être humains dans le monde spirituel afin d’observer leur comportement une fois là-bas. Le résultat était loin d’être heureux. La jeune femme réprime un frisson de dégoût à cette pensée.Je sens une légère sensation de picotement au niveau de mes extrémités. Puis une forme d’engourdissement me saisit les membres jusqu’à ce que je sente mon énergie s’écouler de moi en même temps qu’elle réagit au flux énergétique qui m’est envoyé. Sans pour autant être douloureux, cela reste désagréable. Sentir son Halo réagir de la sorte, comme s’il m’échappait, me laisse une drôle de sensation. Il vibre en moi, influe sur mon organisme. Il s’agite comme une mer agitée se meut par les vents et les courants. Ici, ce sont les afflux électromagnétiques qui le bousculent et qui le forcent à réagir. 

Il tire sur mes muscles, et par réflexe, je me tends davantage. Je serre les mâchoires au point de m’en faire mal aux dents. Les crissements de celles-ci me font prendre conscience que je dois me détendre, au même titre que la douleur dans les paumes de mes mains due au fait que je m’enfonce les ongles au point de m’en faire saigner. Au fond de moi, je sens poindre une sensation de vertige, qui m’oppresse. Le vertige devient une violente nausée qui me force à resserrer les mâchoires afin que je ne rende pas mon seul repas de la journée. La voix d’Ilotia, que j’entends très mal, me parvient lointaine et discontinue.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 04/06/2026
Un peu de fragilité dans ce monde de brutes. #Eclatdetexte
— Mes chers concitoyens, yāoguài, humains. Nous avons appris une fois de plus que la liberté est précieuse. La liberté est fragile. Notre liberté ! Et nous avons dû nous battre pour en arriver jusqu’ici.

— Alors maintenant, en ce lieu de la représentation spirituelle, où il y a quelques jours encore la violence cherchait à ébranler les fondements mêmes du BSM, nous nous rassemblons en un peuple, pour procéder à la cession pacifique du pouvoir. Et nous nous tournons vers l’avenir avec pondération et optimisme, et nous fixons les yeux sur ce peuple mixte qui devra relever de nombreux défis, continue Qiulin.
Esther observe la ministre avec attention. Elle note la présence d’un tic nerveux au niveau de sa bouche. Sa commissure droite tressaute et tremble par intermittence.  Lors des entrevues qu’elle a pu avoir avec elle, Esther n’a pas observé ce tic. Sans doute dû à la prise de parole en public. Elle s’aperçoit également que Qiulin est bien plus démonstrative avec de grands gestes des mains et des bras qu’elle ne le pensait. Un autre mouvement attire le regard de la directrice. Celui de Cassiel. 
— … ​​L’idéal d’une justice raciale pour tous ne sera plus différé, clame avec emphase Qiulin en s’adressant aux yōkai.
	« Pour surmonter ces défis, pour restaurer l’âme de notre peuple et assurer l’avenir de Shandong, de la Panasie, il faut bien plus que des mots. Il faut la chose la plus fragile de toutes dans une communauté : l’unité. Voici ce à quoi je suis pleinement attachée : rassembler les yāoguài et les humains. Les unir ensemble. Aussi, je demande à chacun d’entre vous de se joindre à moi dans cette cause. »Je ressors calme et détendue en dépit de la douleur qui persiste.

— Alors ça dit quoi ?

— Ton Halo est dans les normales. Sa fréquence est un peu basse, son spectre légèrement irrégulier, mais toujours proche des valeurs nominales. Ta criticité spectrale, elle m’inquiète un peu, mais c’est en raison de ton état. Je devrais te mettre sous surveillance afin d’avoir de plus amples informations sur cette dernière et pourquoi elle s’est déréglée lors du passage dans le Leukomètre.

Un soupir de soulagement m’échappe et, en entendant le retour d’Ilotia je m’assois. Un poids et sans doute une certaine crainte viennent d’être retirés de mes épaules. 

— Tu es stable, en pleine santé en dépit d’une certaine fatigue. Toutefois, je reste soucieuse. On va faire plus de tests et repasser en boucle ton examen dans le Leukomètre. Les enregistrements devraient nous donner davantage d’indices sur ce qu’il s’est passé. Mais j’espère que ce n’est rien de grave, au pire juste une réaction à la Polarisite. Dans le doute demain, j’enverrai deux de mes collègues pour maintenir une surveillance de ton état lors de la mission.

À la mention d’une escorte médicale, je souffle fort. Alors que je vais pour protester, Ilotia me coupe sans ménagement.

— Inutile de discuter, Sameeha. Tu connais aussi bien que moi le règlement dans ton cas. J’ai le droit de t’adjoindre une équipe de surveillance si ton état ou ton comportement le justifie. Dans le cas présent, ta quasi-overcharge et ta criticité spectrale m’en donnent le droit. Et tant qu’on aura pas trouvé ce qui ne va pas, ce sera comme ça.

Je souffle encore plus. Cette fois d’exaspération. Je fixe Ilotia, les poings sur les hanches.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 28/05/2026
Ça donne de la voix par ici ! Ça papote, ça papote, parfois ça crie, d'autre fois ça chuchotte ou sussurre. Mais une chose est sûre, on ouvre la voix 😆 #Eclatdetexte
— Bonjour, Cassiel, lui répond avec douceur Esther de sa voix chaude. Comment s’est passée votre première nuit en Panasie ?
 
Étonnamment, Cassiel se surprend à penser que le timbre de voix d’Esther inspire la confiance et le personnage en lui-même par la même occasion. Dommage que son comportement de la veille ait conduit à plus de suspicion de la part de l’écossais. Il comprend qu’elle ait obtenu le poste de directrice de la branche asiatique de la Guilde. Toutefois, il lui semble qu’ils sont partis du mauvais pied tous les deux.
— Docteure Kubashe, veuillez ne pas outrepasser vos prérogatives. Je vous rappelle que le capitaine Olgeï a des ordres et il les respectera. Je pense qu’il a à cœur votre sécurité tout autant que Subrosa et moi-même. Je ne sais pas quelle est la nature des données que vous recherchez à Horizon, mais elles ne nécessitent pas de prendre à partie les membres de l’équipe. Il serait malvenu de vous mettre à dos les militaires qui nous encadrent. Si vous voulez vous plaindre, vous pouvez toujours contacter les agences ou la Fédération.

Elle pivote brusquement et s’apprête à invectiver vertement Soundstrike.


— Il suffit !

Ma voix tonne dans la salle, laissant un silence pesant. Tous me fixent, stupéfaits.

— Je pense que nous avons tous ici compris vos récriminations, docteure Kubashe. Nous procéderons à la mission comme énoncé par Dhunan. Si vous avez des informations importantes à nous partager qui pourraient aider, je vous en prie, sinon respectez les ordres et les autres membres du groupe. 

Elle vient se planter face à moi, si bien que je suis obligée de baisser les yeux pour la regarder. Je sens plus qu’autre chose son humeur massacrante et son souffle agacé. Son regard en dit long sur ce qu’elle pense, à défaut de moi, des Espers.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 21/05/2026
Voici de quoi meubler un peu !😆 #Eclatdetexte
Il passe aussi au crible les commentaires sur cette partie de la ville via son interface neuronale. Sa recherche lui indique que le quartier est l’un des plus tranquilles de la méta-cité. Peu de troubles à l’ordre public et des commerces à disposition 24h/24h. L'ascenseur s’ouvre automatiquement à son approche. Il le fixe avec mépris et s’engage dans la cage d’escalier. Prendre l’ascenseur ? Et puis quoi encore ? C’est hors de question ! Cassiel, sans être claustrophobe, ne supporte pas les ascenseurs. Il a toujours cette crainte de rester bloqué. Il débouche au deuxième étage et recherche le numéro 215. Troisième porte dans l’aile droite du bâtiment.
 
À l’intérieur, l’appartement ne respire pas le neuf, mais il reste suffisamment propre et équipé pour dissimuler son vécu. Au milieu de la pièce à vivre, Cassiel note la présence de ses bagages en bon état. Mais avant de commencer à s’installer, il active son système audio-visuel pour scanner les lieux. Il passe ainsi aux rayons X et à la vision infrarouge chaque pièce. Il use de son sonar pour détecter les potentiels micros qu’il n’aurait pas repérés avec ses différentes visions. Rien. Une fois cette première vérification effectuée, il examine minutieusement tout le mobilier, soulève les coussins du canapé dont le cuir marron est élimé et l’odeur musquée est passée depuis longtemps. Il remet à leur place les coussins, contrôle les luminaires, la robinetterie. Il teste aussi tous les systèmes d’activation, aussi bien par détection de mouvement que vocaux. Il note que l’un des volets roulants est défectueux et qu’un néon dans le couloir menant à l’unique chambre manque. Cassiel inspecte aussi l’alarme, qui semble fonctionnelle. 
 
Tout du long de sa fouille, une légère odeur de vanille le suit. Et malgré une recherche approfondie de l'origine de cette fragrance, il ne sait toujours pas d’où elle vient. L’horloge numérique murale indique minuit passé d’une vingtaine de minutes. Le vrombissement de l’ascenseur brise le silence de mon ascension monotone, jusqu’à ce que la sonnerie signalant l’arrivée retentisse. Je laisse le paysage urbain orné de tours, de passerelles et de routes nimbées des lumières des néons pour retourner à la décoration ostentatoire du siège de l’agence Excelsior. Tout est si luxueux, brillant, trop même. Pompeux, diraient certains, dont je fais partie. 

J’avance dans le couloir en marbre noir veiné d’or dont le mobilier en essences nobles hurle aux visiteurs qu’ici il n’est pas à sa place. Même moi, qui suis pourtant habituée au faste d’Excelsior, je m’y sens de trop. Excelsior… Depuis le temps que je travaille pour Zakary Dilanggalen Amurao et son agence, cela ne devrait plus me marquer autant, et pourtant. Encore maintenant, je tique face à cette débauche de luxe. Je ne m’y habituerai jamais.

Ce n’est pas ce qui retient mon attention, qui plus est. D’autres sujets autour d’Excelsior me taraudent l’esprit et tourmentent mes nuits ces derniers temps. Le temps de ma réflexion, mes pas prestes et affirmés me mènent au bureau de Zak. Je me concentre sur ma convocation, la troisième ce mois-ci, et frappe à la porte fermement. La voix étouffée de mon employeur me parvient à travers les lourds battants.

— Entre.

Simple, efficace. Sans fioritures, son ordre fuse sans qu’il ait besoin de hausser le ton. Une autorité naturelle émane de sa voix. Je pénètre dans le bureau en laissant la porte se fermer derrière moi. Mes pas ne résonnent plus sur l’épais tapis qui s’étend sous mes pieds. Ici, l’ambiance feutrée et épurée détonne avec le reste de la décoration de l’agence.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 14/05/2026
J'ai autant de compréhension que d'incompréhension. Souvent ils pensent comprendre,mais ne comprennent pas, ou de travers. Au moins ils communiquent ! A leur manière xD #Eclatdetexte
D’un autre côté, l’aveu du conjureur la touche. Sans doute plus qu’elle ne le pense. Elle aussi en est venue à apprécier leur collaboration… Et même cette amitié naissante. Elle ne peut toutefois se résoudre à lui pardonner son choix. Ce même si elle le comprend, mais elle ne l’accepte pas. Pas encore. Pas totalement. 

— Je sais Cassiel. Je comprends ta position, ton choix. Je n’arrive quand même pas à passer outre. Pas maintenant. Mon esprit est encore trop à vif. Ce corps, tout en moi le rejette. Je ne sais pas si je m’y habituerai. 

Elle relève les yeux et plonge son regard dans celui de Cassiel. Ce qu’elle y lit la souffle. Et d’une certaine manière la réconforte. La confiance et le soutien du conjureur lui réchauffe le cœur. 

— Je suis désolée de m’être…

— Ne le sois pas, c’est justifié, la coupe Cassiel. Tu as le droit d’être en colère. Je n’ai pas respecté ton choix.

Un long silence lui répond. Il sait qu’il est allé trop loin. Sakuya prend conscience du choix qu’il a dû faire. Sakuya sent moins de poids sur le bord du lit. Elle relève les yeux et note que le jeune homme s’est levé. C’est un Cassiel épuisé, plus qu’à son entrée, que Sakuya voit partir. Cela étant, elle ne regrette pas cette crise entre eux. Elle était nécessaire. C’est à son tour d’avancer, même si ce nouveau corps la répugne toujours. Le simple fait que Cassiel l’ait commandé pour elle tout en respectant ses capacités la touche. Elle ne peut s’empêcher cependant de serrer les poings de frustration. Voir son choix et sa liberté lui échapper lui laisse un arrière-goût des plus amers.
— Oui. J’en suis conscient. Je ne suis pas devenu Esper pour servir de panneau publicitaire ou promouvoir des valeurs qui vont à l’encontre des miennes. Toutefois, je n’ai pas mieux à faire, mais ce n’est pas pour autant que j’approuve la politique de Xiéhé et de la Fédération. Je vous le dis car vous êtes sans doute la seule ici à pouvoir me comprendre. Je ne serai pas une entrave à vos recherches et je tairai votre secret. Sachez que vous n’êtes pas forcément la seule à penser ainsi parmi les Espers. 

Je le fixe béatement. Je suis trop sidérée pour émettre le moindre son ou même avoir une pensée cohérente. C’est beaucoup trop gros. Trop improbable. Impossible à mes oreilles, même. J’hallucine. Mes doigts craquent et ce bruit me ramène à la réalité. 

— Qu… Quoi ? Atte… Attendez quoi ? 

— Je sais que vous agissez contre la Fédération et le système de manière générale. Nombre d’entre nous le savent. Vous n’êtes pas aussi discrète que vous voulez bien le penser.

Mes doigts craquent à nouveau, plus de colère cette fois. Je sens mes mâchoires qui se contractent au point d’en avoir mal aux dents. Je me force à les desserrer. Je fusille du regard Viggo qui se tient en face de moi, une expression neutre peinte sur le visage. Aucune vantardise, aucun sarcasme, juste les faits. Froids, implacables. Je me balance d’avant en arrière sur mes pieds, gênée. Toute la fatigue que je ressentais jusque-là vient de disparaître. Mes sens en alerte me forcent à rester attentive.

— Je ne m’en suis jamais réellement cachée. Cela étant, je n’en parle pas. Je pensais juste que cela serait trop insignifiant pour que la Féd’ s’y intéresse de trop près. Il faut croire que non.

Un mince sourire me répond. 

— Ce n’est pas tous les Espers qui usent de leurs capacités pour contourner, pirater ou neutraliser les systèmes de surveillance ou de logistique de la Fédération. Je pense que tous savent ce que vous faisiez avant d’être recrutée par Excelsior et que vous continuez toujours.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 07/05/2026
Le seul froid c'est celui des situations entre mes personnages et leurs rapports parfois plus froids qu'un hiver rigoureux ! #Eclatdetexte
Néanmoins, elle reste surprise de voir la geisha présente en ce lieu. Malgré son envie de vouloir de démêler les fils de l’entrelacs de sa mémoire, elle ne peut réprimer un frisson. Cassiel la voit tressaillir et observe ses traits se tendre et se fermer. Toute trace de soulagement a disparu.
Ce n’est plus de la suspicion qui anime les traits d’Esther, mais une colère froide. Elle se lève, le visage inexpressif, mais son aura ne peut masquer l’indignation et le courroux qui se dégagent d’elle. Sakuya comme Cassiel recule d’un pas lorsqu’elle s’incline avec raideur en guise de salutation.
— Enchantée, Hirano-san. 
Un sourire factice étire son visage toujours figé par l’animosité. Son regard perçant traverse Sakuya. Cassiel sent la kitsune reculer davantage et lui-même ne sait où se mettre. Le secret est éventé. Le mensonge ne tient plus. Il attend patiemment les retombées de ce dernier et les conséquences de son outrecuidance. Il se tasse, mais ose quand même affronter le regard d’Esther. Celle-ci ne lui accorde aucune attention. Ses yeux rivés sur Sakuya, elle ne la lâche pas. Cassiel voit la geisha s’avancer maladroitement et serrer la main tendue avec précaution. 
 
L’échange semble s’éterniser quelque peu et Cassiel note une expression marquée sur le visage de Sakuya. Il suppute qu’Esther doit lui broyer la main avec la force d’un étau. Quelques secondes plus tard, toutes deux se séparent, Esther se rasseyant et Sakuya massant sa main visiblement endolorie.
 
— Vous êtes devenu bien téméraire, Cassiel, le tance Esther, venimeuse. Veillez à ce que cela ne devienne pas une habitude.
 
Le conjureur s’assoie en silence, gêné. Il fait signe à son amie de prendre place également. Le silence persiste et s’étend à toute la pièce, tel un brouillard épais qui gèle sur place le groupe. Tous se regardent, aucun ne daigne piper mot. Cassiel, conscient d’avoir dépassé les bornes.Elle vient se planter face à moi, si bien que je suis obligée de baisser les yeux pour la regarder. Je sens plus qu’autre chose son humeur massacrante et son souffle agacé. Son regard en dit long sur ce qu’elle pense, à défaut de moi, des Espers. 

— Vous ! Je vous rappelle qu’on vous tolère parce que vous êtes la petite protégée de Zak, l’égérie d’Excelsior, En dehors de ça, vous seriez déjà exilée quelque part sur cette planète ou bien morte.

Derrière elle, tous la regardent éberlués. Ils alternent entre Vathiswa et moi. Même Dhunan. Nous avons nos désaccords, mais nous nous respectons et son regard qui passe de la docteure à moi vaut tous les mots. Il ne tolère pas de tels propos, pas ici, pas à mon encontre. Un silence glaçant fige les autres participants, comme s’ils dépendaient de ma réaction. Même Soundstrike me fixe, sidéré, et en même temps, une pointe de curiosité étincelle dans ses yeux.

— Les Espers sont tolérés ici car ils sont utiles à la société, à la Fédération. Sans ça, vous ne serez que des parias, des bêtes de foire. Quand bien même vous êtes bien en vue ces derniers temps, cela ne durera pas, Subrosa. Un jour vous chuterez de votre pie…

— Mesurez vos paroles, docteure. La coupe Soundstrike. 

Avant qu’elle ne puisse répliquer, je rebondis.

— Il est assez malvenu de nous adresser des critiques, et d'en formuler à mon égard, venant d'une personne dont les méthodes et l'attitude manquent singulièrement de scrupules. Bien que l'on m'érige parfois en porte-étendard des valeurs de Xiéhé, je n'ai pas la prétention d'être un modèle. Contrairement à vous, Vathiswa, je connais ma place et je m'y tiens. Lorsque l'on a autant de reproches à se faire, il convient d'éviter de donner des leçons de morale aux autres. Je vous prie de conserver le peu de dignité qu'il vous reste et de quitter les lieux si vous n'avez aucune contribution constructive à apporter.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 30/04/2026
Ici ça ne dort pas ! Au contraire, ça traîne ses insomnies, se perd en cauchemars, travaille toute la nuit. "Ils m'entraînent au bout de la nuit Les démons de minuit M'entraînent jusqu'à l'insomnie Les fantômes de l'ennui" #Eclatdetexte
Le lendemain, Cassiel se réveille après une énième nuit difficile où le sommeil l’a fui. À moins que ce ne soit lui qui fuit le sommeil. Fatigué, il se prépare un thé au jasmin tout en essayant de ne pas faillir tandis qu’il réalise qu’hier, il a participé à l’incinération d’un cercueil vide. Cette réalité le frappe de plein fouet. Il retient un hoquet de douleur, non pas physique, mais bien psychologique. Il agrippe de justesse le rebord du plan de travail de sa cuisine tandis que ses jambes manquent de le trahir. Il se laisse tomber au sol, dos au meuble, le temps que la crise passe. Une boule d’angoisse lui comprime le torse l'empêchant de respirer calmement. Pris de panique, il laisse éclater sa peine afin de se décharger de ce fardeau qu’il porte depuis trop longtemps. 
Harassé par le manque de sommeil et l’angoisse, il a accumulé trop de négatif récemment et son arrivée en Panasie ; dont les événements sont pires que ce qu’il pense ; n’a pas arrangé son état mental. Sa respiration est saccadée, hachée. Il commence à hoqueter et à essayer d’inspirer sans que l’air lui parvienne. Une peur très diffuse, mais intense s’installe en lui. Il prend sa tête dans ses mains et se pelotonne contre le meuble derrière lui. Il vient de prendre conscience que cette crémation n’est pas la cérémonie qu’il a attendue. Sur le moment, il s’est senti calme et relativement serein, mais ce n’a été qu’une vaine illusion. Comme toutes ses résolutions et ses discours sur la reprise de l’enquête de son père. 
Il n’a toujours pas fait son deuil. Et il est loin de le faire. Tout se bouscule en lui, il perd pied. Tout lui échappe ; la situation, sa situation et lui-même. Il se noie dans des vagues de culpabilité vis-à-vis de son père, de reproches, de craintes concernant sa tâche et son potentiel échec. Et ses cauchemars en plus de son repos lacunaire accroissent cette sensation. Jouer les porteuses d’espoir n’est pas la raison pour laquelle j’ai rejoint Excelsior et le système en général. Je n’ai jamais voulu devenir ce porte-étendard, cette Héraldesse que tous voient comme une sauveuse. Toute cela n’est pas moi. Ce n’est pas mes convictions, mes motivations. Je veux juste un système plus juste, plus équitable pour tous. Pour ceux qui vivent dans les faubourgs et en dehors de l’enceinte intérieure. J’ai toujours su que je n’étais pas une héroïne et je n’ai jamais voulu l’être. 

Une légère secousse me ramène à la réalité et au visage soucieux d’Ilotia qui me fixe.

— Sam’ ? Tout va bien ?

— De quoi ? Oh, oui… Oui, je vais bien. Encore un peu secouée par l’examen, mais rien de plus.

Je sens un timide sourire fleurir sur mes lèvres. Un de ceux qui cachent la vérité. Un sourire aimable, mais dénué de toute chaleur. Certes, je me sens encore fatiguée et endolorie, mais ce n’est que secondaire vis-à-vis de ce qui m’acapare l’esprit en ce moment. 

— Tu es sûre ? Si ça ne va pas, tu peux rester ici te reposer, tu le sais, Sam’. 

— Merci pour ta considération, Ilotia, mais je vais bien. J’ai encore mon entretien avec Dhunan plus tard, je vais y aller. Je me reposerai cette nuit.

Au regard que me jette la professeure, je vois bien qu’elle ne me croit pas. D’un côté, je ne peux que difficilement le lui reprocher. D’un autre, elle s’inquiète bien trop pour moi. J’apprécie sa sollicitude et sa franchise envers moi. C’est bien l’une des rares à Xiéhé à me traiter de la sorte. Elle ne prend pas de gants, reste fidèle à elle-même, à ses convictions et me soutient sans broncher. Toutefois, elle reste bien trop proche du système de la Fédération pour que je n’aie pas cette part de moi qui reste en retrait et se méfie.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 23/04/2026
Par ici ça réprime, ça réfrène, ça retient fort ! Autant les autres que soi-même ! #Eclatdetexte
S’ils doivent combattre, ils ne se laisseront pas piéger. Seule la femme en face d’eux daigne s’avancer à leur rencontre. Elle se meut d’une démarche très fluide, serpentine, presque et ce n’est que lorsqu’elle s’arrête à hauteur des trois représentants, que Sakuya réalise sa nature. Les traits ophidiens de la trentenaire ne laissent aucun doute sur son origine spirituelle.
Une naga. C’est donc véridique. Une partie de leur communauté a rejoint les Asura’s Tribe. À en juger par sa tenue et ses tatouages, elle a dû intégrer le clan depuis plusieurs années déjà, sans doute bien avant sa montée en puissance. 
Sakuya détaille sans retenue son interlocutrice dans l’espoir de percer ses défenses et trouver quelques failles si un combat doit s’engager. En dehors des balafres qui strient son visage, la naga possède un charme certain et un regard hypnotisant au travers de ses yeux d’un bleu électrique glacial. De multiples tatouages phosphorescents parsèment son corps et son visage, dont certains, subtils, reprennent la forme d’écailles.
Sa chevelure iridescente, rasée sur le côté gauche bardé d’implants, forme un demi-carré sur le droit, lui donne un air encore plus revêche qu’elle ne l’est déjà. Une forme de grâce sauvage émane d’elle. D’un côté Sakuya est rebutée par cette femme, mais elle se sent aussi irrésistiblement attirée par elle. Le fait qu’elle ait embrassé complètement son aspect spirituel lui confère une aura particulière que lui envie Sakuya, qui passe son temps à se réfréner. Trop occupée à la dévisager, elle n’a pu repérer aucun défaut dans la posture de la naga.
Je pourrai très bien me rendre à la porte est en volant grâce à mes capacités, mais cela reviendrait d’une part à gâcher mon énergie et ensuite me placerait au-dessus des autres citoyens. Cela n’a jamais été dans ma ligne de conduite. Depuis que j’ai eu mon Éveil, j’ai toujours agi pour les autres. Ceux qui en ont le plus besoin. Je ne me suis jamais sentie au-dessus des autres. C’est même plutôt le contraire, surtout à mes débuts. Je pensais être une bête de foire, que mes pouvoirs seraient un fardeau et m’ostraciseraient. Bien évidemment, ce n’a pas été le cas. Je fais partie de la cinquième génération d’Espers, ils sont acceptés depuis quelque temps maintenant, mais cette crainte a persisté longtemps. 
D’autres, en revanche, ne se privent pas de prouver qu’ils sont devenus intouchables, au-dessus de tous. Certains ont développé un complexe de dieu, au point que la Fédération a dû intervenir. J’espère ne pas en arriver là… Même avec mes pouvoirs et mon influence, j’espère ne jamais tomber aussi bas que de prendre tout le monde de haut. Mon éducation et les valeurs inculquées ont eu l’effet escompté pour que je ne parte pas dans cette direction, sans oublier mon implant. À la moindre incartade, je me retrouve dénuée de mes capacités et assaillie par les forces de la Fédération.
Finalement, c’est une autre forme de fardeau que m’apporte mon Halo. Celui d’être perçu comme une menace en plus d’un espoir ou d’une promesse. Au fond de moi, je ne sais pas trop ce qui est le pire. Être perçue comme un monstre parce que j’ai un Halo ou parce que ce dernier est trop puissant et instable. Aux yeux des Xiéhéren, nous autres, Espers, passons pour des héros, ce qui, d’une certaine façon, est le cas. Certains d’entre nous agissent dans le seul but de défendre le peuple en lieu et place des forces de l’ordre. Toutefois, à mes yeux cela reste une forme d’hypocrisie. Prétendre agir pour le bien de tous alors que nous sommes aux ordres de la Fédération relève d’une belle fumisterie.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 16/04/2026
Des obstacles. Il y'en a. Plein. Trop même. Mais, ainsi va la vie. Cassiel et Sameeha ne sont pas au bout de leurs peines. #Eclatdetexte
D’un geste de la tête, il fait signe à Esther. Celle-ci opine du chef et se lance à la rencontre de leurs opposants. Il la suit du regard tout en lui précisant les positions des adversaires. 
— Je vous ai transmis les données du terrain avec ces enfoirés. Il y a aussi des prédictions de leurs déplacements. Je vous couvre.

Pas de réponse. 
Mais il n’en a pas besoin. Il sort de son dos son arc et le déploie. Il arme aussitôt avec des flèches de choc. Aidé par son Assistance d’Identité Dermique et son coprocesseur balistique, ses tirs s’ajustent automatiquement. Puissance, direction, portée, tout est calculé, anticipé afin d’optimiser la salve. Il déchante bien vite lorsque ses deux premières flèches manquent leur cible. Cassiel retient un juron. 
— Pas cette saloperie de brouilleur ! 
Il désactive son aide à la visée et repasse en manuel. Plus lent à décocher, il fait néanmoins mouche avec les trois tubes suivants. Il en encoche un quatrième lorsque Esther arrive au contact. Dans un éclair aveuglant, il la voit envoyer au sol un des opposants. Les glyphes tatoués agissent tels des poings américains. À nouveau, il reste impressionné par l’aisance de l’ancienne directrice à combattre au corps à corps. Les coups d’une puissance dévastatrice portés par la force musculaire d’Esther et ses amplifications magiques résonnent dans un bruit assourdissant. Chaque frappe équivaut à un coup de tonnerre précédé d’un éclair. 
Malgré la puissance de sa supérieure, il remarque qu’elle est bien vite débordée et qu’une partie des assaillants court vers lui. Il change ses flèches pour celles à fragmentation. Mais il n’a pas le temps d’en tirer une que quatre adversaires lui foncent dessus. Il active juste à temps ses sous-routines de piratage et les lâche sur ses assaillants. L’un d’eux, un rākshasa, est pris de combustion spontanée. Ses implants et augmentations surchauffés le condamnent sur place.
C’est la seule position où je peux encore me reposer sans trop sentir mon corps me faire souffrir. Je tourne quand même la tête vers Ilotia lorsque je reprends la parole. Je ne reconnais pas ma voix lorsque je m’exprime. Une voix rauque, rugueuse, haletante.
— T’es en train de me dire que tout s’est passé normalement ? Vous n’avez pas eu d’interférence, pas d’erreur ? Rien. 
— Non, Sam’. Tout est normal.
—  Et mes résultats ? Ils le sont aussi ? C’est pas normal que rien ait changé par rapport aux autres examens alors que je suis dans cet état. Que je me sois retrouvée à phaser dans la machine.

Je vois que la stupéfaction laisse place à l’effarement dans les yeux des laborantins, Ilotia en tête. Tous me fixent, hagards, sans réellement comprendre ce qui s’est produit dans le Leukomètre. Je les vois passer en revue je ne sais combien de fois les données de mon examen, vérifier l’état de la machine. Ilotia se rapproche de moi et m’ausculte à nouveau, reprend ma tension et mon pouls. Je repasse un scanner complet afin de détecter des symptômes ou des lésions.
Tous sont formels, je n’ai rien de plus qu'habituellement. D'après les derniers tests, je suis on ne peut plus normale et censée être en forme. Ilotia revient avec le détecteur d’overcharge et me le branche au niveau des tempes et sur les méridiens qu’utilise le Halo pour rayonner en nous. À sa grande surprise et à la mienne, également, l’appareil émet de virulents bip à peine l’allume-t-elle.
— Bah ça ! Tu es quasiment en état d’overcharge. Pourtant ton organisme n’en montre aucun signe extérieur, mais à l’intérieur tout est déréglé. 
— C’est pas faute de vous l’avoir dit, que j’allais mal. 
Ilotia me jette une œillade assassine par-dessus son holopad avant de replonger dans sa lecture. Je l’entends marmotter pour elle-même, semble-t-il, des interrogations, des affirmations, le tout ponctué de jargon scientifique et de jurons bien sentis.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 09/04/2026
Sakuya qui gronde, c'est quelque chose. Cassiel en prend pour son grade. #Eclatdetexte
Face à elle, c’est un Cassiel déboussolé qui peine à lui répondre. Elle le voit bafouiller, chercher ses mots. La terreur se lit dans son regard. Puis petit à petit son expression change. Elle devient plus dure. Elle voit ses mâchoires se crisper. Elle perçoit son pouls qui s’accélère. La sensation précédente s’accentue. Sakuya commence à percevoir la magie autour d’elle. À converger vers elle.
— J’ai… j’ai fait ce qui m’a semblé juste. Je t’ai sauvé. Sauvé d’une mort certaine. D’ailleurs, tu étais morte. Cliniquement morte. J’ai mis tous les moyens en œuvre pour te ramener à la vie. Voilà ce que j’ai fait.
Plus il parle, plus il gagne en assurance et plus son visage se durcit. en revanche, de son côté, un grondement émane de Sakuya, plus prononcé, plus sourd à chaque parole.
— Tu savais ! Tu connais ma position vis-à-vis des augmentations. Tu sais que je ne veux pas être cybernétisée. TU L’AS QUAND MÊME FAIT ! T’es même pas foutu de respecter les convictions des autres ! De respecter leurs choix !
Le grondement rauque se transforme en un rugissement. Cette fois, le tiraillement se manifeste davantage et elle le ressent sous une forme de magie. La même réaction que lorsqu’elle se transformait en renard. Une forme de fureur et de rage primaire qu’elle musèle tente de se libérer. Une part d’elle cède et Sakuya lâche la bonde à cette violence contenue en elle.
— Je l’ai fait pour te sauver. Après ce qu’il s’est passé au Shíyū, tu pensais vraiment que j’allais t’abandonner ? Te laisser pourrir dans cette putain d’arène ? Dans ce bouge infecte ?
— C’était mon choix, Cassiel. MON CHOIX ! sa voix se brise. Ses nouvelles cordes vocales ne supportent pas la fureur de la kitsune. 
Sous le visage horrifié et sidéré de Cassiel, les traits de Sakuya muent et arborent les signes vulpins distinctifs de la kitsune. La jeune femme sent tout son corps se tendre et se tordre sous l’action de la magie et de sa colère.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 02/04/2026
On demande des plantes ? Hum hum. J'ai pas vraiment, enfin si, mais c'est succinct. Donc voici mon meilleur usage de plante possible pour cet #Eclatdetexte
Lors du repas, les conjureurs en viennent à évoquer divers sujets préoccupants, comme la prolifération de La Mauve ainsi que la dégradation des relations entre l’un des clans majeurs d’esprits, les Sleeping Bloom et le Bureau. En évoquant La Mauve, l’attention de Sakuya se concentre davantage vers le groupe. De même que celle de Cassiel, qui demande à en savoir plus à ce sujet.
— C’est une drogue, laisse tomber Sékou d’un ton froid. 
— De la drogue ? Quel genre de drogue et pourquoi est-elle tant crainte ?
— Il s’agit d'une drogue spirituelle, explique Imani, la conjointe de Sékou. Elle est formée à partir d’hibiscus provenant du monde spirituel mélangé à des ingrédients de notre propre monde. 
Sékou reprend par la suite avec un dégoût non dissimulé.
— Et si tu te demandes ce que fait cette drogue, elle décuple les capacités magiques ou les réactive. C’est un puissant stimulant, mais avec de graves effets secondaires. Agressivité exacerbée, crises de folie, pertes de contrôle, voire la mort dans le pire des cas. 
Devant l’énumération des effets de la substance, Cassiel accuse le coup. Il ne s’attend pas à découvrir qu’un stupéfiant spirituel soit concocté et distribué. Il n’a jamais eu vent qu’un tel produit a circulé en Leurossia. Cela dit, la présence d’esprits dans sa région se fait de plus en plus rare. Seuls quelques pays dont les folklores sont suffisamment riches en créatures sont susceptibles d’avoir recours à de telles méthodes. À sa connaissance et à celle du Bureau Européen il n’y fait aucune mention d’une drogue. En réfléchissant à la question, il en vient à se demander les divers usages et l’effet sur un conjureur.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 24/03/2026
Voici un peu de victoire dans mes écrits, c'est plus ou moins marqué, mais ça existe ! #Eclatdetexte
Un rictus étire son visage lorsqu’il note que son sort fonctionne. Hérissée, Sakuya s’agite sur la banquette. Gesticule dans tous les sens. Et ce au plus grand plaisir de Cassiel qui se délecte de la scène. Plusieurs fois, elle mime avec ses mains de lui remettre la parole en pointant d doigt sa bouche. À chaque fois Cassiel, sourit un peu plus. Avec douceur, il lui attrape les poignets et les ramène contre la table et les maintient fermement. 

— Maintenant, tu m’écoutes, vu que tu n’as plus que ça à faire. Je t’ai pas demandé de venir pour que tu me fasses les poches ou que tu payes ma tête. Je te rappelle qu’on a encore les traces de mon père à remonter et aussi à convaincre une lieutenante de police de se faire fouiller la mémoire. J’accepte volontiers d’être une nouvelle découverte à tes yeux, mais ça restera en dehors de mon temps de travail. 

Silence. Sakuya le fixe durement. Ses iris noirs brûlent d’une colère vive. Aussi vive que ses kitsunebi.

— C’est clair, Sakuya-chan ?

Devant l’emploi de son prénom avec cette particule, la kitsune bondit de la banquette, furieuse. Cassiel la force à se rasseoir sans ménagement, cette fois. Elle finit par obtempérer et baisse la tête penaude. Ses prunelles jetant toujours des éclairs contre le conjureur qui savoure sa victoire, elle hoche la tête, vaincue.

Aussi soudainement qu’elle lui a été retirée, la parole lui revient. 

— Kisama !* Tu vas regretter cet affront, Staward-kun. On ne prononce pas le prénom, encore moins suivi de la particule ! C’est familier. 

— Je sais. C’est peut-être la seule chose que je connais des us et coutumes du Japon et de la Panasie en entier, mais ça a au moins eu l’effet escompté. Celui de t’arrêter dans tes facéties. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais conjureurs comme esprits ne sont pas très bien vus récemment. S’ajoute à cela l’explosion magique d’il y a deux nuits, je pressens que tout va au plus mal et qu’une chiée d’emmerdes va nous tomber sur le râble.
Derrière elle, tous la regardent éberlués. Ils alternent entre Vathiswa et moi. Même Dhunan. Nous avons nos désaccords, mais nous nous respectons et son regard qui passe de la docteure à moi vaut tous les mots. Il ne tolère pas de tels propos, pas ici, pas à mon encontre. Un silence glaçant fige les autres participants, comme s’ils dépendaient de ma réaction. Même Soundstrike me fixe, sidéré, et en même temps, une pointe de curiosité étincelle dans ses yeux.

— Les Espers sont tolérés ici car ils sont utiles à la société, à la Fédération. Sans ça, vous ne serez que des parias, des bêtes de foire. Quand bien même vous êtes bien en vue ces derniers temps, cela ne durera pas, Subrosa. Un jour vous chuterez de votre pie…

— Mesurez vos paroles, docteure. La coupe Soundstrike. 

Avant qu’elle ne puisse répliquer, je rebondis.

— Il est assez malvenu de nous adresser des critiques, et d'en formuler à mon égard, venant d'une personne dont les méthodes et l'attitude manquent singulièrement de scrupules. Bien que l'on m'érige parfois en porte-étendard des valeurs de Xiéhé, je n'ai pas la prétention d'être un modèle. Contrairement à vous, Vathiswa, je connais ma place et je m'y tiens. Lorsque l'on a autant de reproches à se faire, il convient d'éviter de donner des leçons de morale aux autres. Je vous prie de conserver le peu de dignité qu'il vous reste et de quitter les lieux si vous n'avez aucune contribution constructive à apporter.

Tout au long de ma tirade, je suis restée sereine, je n’ai pas flanché, j’ai soutenu son regard hargneux et j’ai usé de faits pour contrecarrer ses propos. Ce n’est pas souvent que je reprends les enseignements de mon père, mais j’essaie de les utiliser au mieux. Face à moi, je considère une Vathiswa, déconfite, sidérée, qui bégaye pour tenter de trouver une quelconque répartie.

Un long sifflement retentit et je me tourne vers son origine. Soundstrike a changé son regard curieux pour un certain enthousiasme.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 19/03/2026
Je n'ai pas ce mot en dépit des multiples repas xD Voici un passage où Esther s'estime satisfaite a défaut d'être rassasiée. #Eclatdetexte
Esther passe rapidement parmi
chaque attroupement et s'attarde
olus auprès de celui des coniureurs.
Elle s'excuse auprès de Ai de lui passer
un tel fardeau si rapidement et la
congratule également avant de
s'éclipser. Elle retourne dans le même
bureau où elle était avant la
conférence. Face à la fenêtre, elle
observe la ville en face d'elle. La foule
assemblée pour I'allocution continue
de se disperser à travers les rues

A-t-on fait les bons choix? Ne
pu s'empêcher de songer Esther est-ce que la population, les diverses
communautés sont prêtes pour ces
pouleversements ? Malaré nos bonnes
ntentions et les personnes chargées
de traiter ces problématiaues, une
ombre obscurcit le tableau. Ne courons-nous pas vers d'autres
dangers? Sans doute je m'inquiète
pour rien. Quelle sensation étrange de
voir un de ses rêves prendre forme. La
cohabitation spirituelle et humaine...

Jn sourire satisfait fleurit sur ses
èvres avant de laisser place à ur
soupir d'aise. A moins qu'il ne s'agisse
d'un énième doute. Ses prunelles
mordorées perdues dans le vague, elle
s'autorise enfin à penser à un avenir
meilleur.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 12/03/2026
Voici un peu de brume. Je suis désolé pour l'absence de forme. Congés oblige, je n'ai rien à disposition pour une jolie mise en page. #Eclatdetexte
La renarde esquive non sans difficulté la vague qui submerge ses adversaires et, d’un bond puissant se propulse vers l’esprit aquatique. Un grognement aigu se fait s’échappe de la kitsune qui se rue vers sa proie. Des flammes apparaissent autour d’elle et fusent vers l’élémentaire. À l’impact, un grésillement d’eau bouillante résonne et un panache prend forme au fur et à mesure que l’attaque dure. La femme renard parvient à s’agripper à sa victime et d’une torsion de son corps l’abat au sol dans un bruit aqueux et sourd. 

Les crocs plantés dans le cou de sa proie, elle ne cesse de la secouer. De ses queues, elle continue de repousser les autres démons. Un cercle de feu prend forme autour d’elle afin d’assécher l’élémentaire. Plus la température croît, plus l’eau de l’esprit aquatique s’évapore formant un brouillard entourant les belligérants. Ne sentant plus sa prise sous ses crocs, la femme renard se recule, lorsqu’une main incarnate énorme surgit de la brumée et la saisit au cou. 

Petit à petit une forme se dessine, imposante, colossale. Puis une tête sort du brouillard, celle d’un asura. Pas n’importe lequel, celui-ci comporte dix visages ornés de cornes dont les iris jaunâtres, injectés de sang scrutent sans cesse ce qu’il se passe autour d’eux. Deux des globes oculaires fixent intensément la kitsune prise au piège dans une poigne solide. Elle voit avec dégoût les dix paires d’yeux cligner chacune leur tour tandis qu’un sourire carnassier se dessine sur chacun des visages démoniaques.
Il coulisse le panneau de la fenêtre et s’accoude sur le rebord, profitant de l’air frais du matin pour se réveiller. Une vague de fraîcheur s’engouffre dans l’appartement tandis que Cassiel ferme les yeux pour l’apprécier. Les bruits de la méta-cité lui parviennent légèrement étouffés, mais il sait que la ville ne dort jamais. Il observe les édifices rivalisant d’audace pour défier les cieux de toute leur hauteur. Les néons et autres affichages holographiques brillent d’une lueur laiteuse et tamisée dans la brume matinale qui baigne l’agglomération. Il serait plus précis de parler d’une véritable purée de pois que de brume. La proximité de la cité avec l’océan fait qu’elle est souvent couverte d’une épaisse chape cotonneuse après la nuit.
 
Son thé synthétisé lui laisse un goût âcre en bouche, il grimace à chaque gorgée. Mal infusé, il est bien trop fort et l’amertume lui emporte la bouche. Finalement, ce petit déjeuner est un désastre. Il passe rapidement dans la salle de bain pour ses ablutions et se laver. Une fois propre, il retourne dans sa chambre et jette un œil à ses affaires posées sur la chaise. Un rapide scan lui indique qu’elles peuvent encore servir une journée de plus. Il enfile son t-shirt et son jean.
Plus les jumelles pratiquent le rituel, plus les souvenirs de l’officière affluent. Elle revoit des passages flous en compagnie des conjureurs. Esther tout d’abord, accompagnée de Karl. Leurs visages lui sont masqués, du moins partiellement. Une sorte de brume opaque les entoure. Dissimule leurs traits. Puis des documents et fichiers défilent sur des écrans holographiques. La censure masque certains mots, voire des phrases entières. À d’autres moments, elle se revoit chez elle en compagnie de sa famille alors qu’elle planche sur des enquêtes, lui semble-t-il. Là encore, un voile brumeux masque certains éléments. Des bribes de conversations lui parviennent également.

— … Police… aider… affaire. … Concerne pas… nous ou les clans. Tous les habitants le sont. 

— Khar Sar…

— Corpo qui contrôle tout. Aussi… yōkai, conjou’ et bien plus.

— Tsukino… Descendante de Chang’e… Rôle… Histoire.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 05/03/2026
On me demande de la joie ? De l'extase ? Dans mes récits ? J'ai une tête à avoir de la joie et de l'extase ? In the grim dark future, there is only war! Voici deux passages un peu "joyeux" 😜 #Eclatdetexte
Un soupir de soulagement s’échappe des lèvres du conjureur. Il ne lui reste plus qu’à conjurer la femme-renard déchaînée. Bloquée dans un espace restreint, elle ne cesse de se jeter contre les parois occultes tout en jappant, criant, griffant l’air à l’encontre de ses geôliers. La voix de Sakuya résonne à côté de lui.
— Fait-le… Je ne supporte plus de la voir ainsi. C’en est trop.
Cassiel, après avoir serré la main de la kitsune, s’exécute. 
D’un geste assuré, il entame le rituel. Il se déplace autour du diagramme tout en réalisant la danse des conjureurs. Plus qu’une réelle danse, il s’agit d’une répétition de mouvements des mains afin de canaliser la magie du tracé. Une fois en transe, il focalise de multiples flux magiques qui s’élèvent du cercle et s’enroulent autour de Chin-sun, qui semble captivée par le rituel et la lumière qui en émane.
En quelques minutes, l’ensemble de la pagode se nimbe d’une vive lueur tandis que Cassiel poursuit le rituel. La magie environnante, du moins le peu qu’il reste, est aspirée par le diagramme. La gumiho piégée lévite à mi-hauteur et son corps se pare de la même teinte dorée que le sort. Cassiel termine en se positionnant face à elle et en levant les bras. 
Dans une colonne de lumière, Chin-sun s’évapore à travers la magie avant que cette dernière ne soit aspirée par le construct au sol. Cassiel relâche alors le flux ésotérique tout en expirant. La luminosité décroît, laissant place à l’obscurité de la nuit.  Autour de lui, plus un bruit ne résonne. Les autres membres demeurent silencieux. Au bout d’un moment, les sanglots de Sakuya crèvent le silence. Cassiel observe le vénérable Wu la prendre dans ses bras pour la réconforter. Ce n’est pas tous les jours que l’on perd ses deux amies en même temps. L’une assassinée et l’autre conjurée. La mort dans l’âme et la gorge nouée, Cassiel croasse : 
— Je suis navré, Sakuya. Sincèrement. Je la vois me fixer durement malgré son air enjoué. Keise, est la petite dernière d’Excelsior. Elle n’a pas connu le Dérive de Phase et la lente agonie de Xiéhé et ce même après son retour. Un sourire las fane mon visage. Elle ne sait pas. Ne connaît pas. Cette réalité. Celles des faubourgs et de l’enceinte extérieure. Elle n’a pas vécu dans un district où les rafles étaient monnaie courante et le sont toujours. Pour elle, tout ceci demeure bien loin de sa vie, des agences et de la Fédération. 

Elle a toujours connu que l’hypercentre de Xiéhé et la “Stabilité pour tous !” comme cri de ralliement. Mais sa belle stabilité ne tient plus dès qu’on quitte l’enceinte intérieure. Cette stabilité n’est qu’un leurre. Un écran de fumée numérique pour contrôler les habitants. Elle ne voit pas ce qui se trame réellement dans ces quartiers. Ce que vivent les miens. Toutefois, je ne lui en veux pas. Elle fait de son mieux, elle aide et elle veut vraiment voir le bon côté de la Fédération ainsi que de notre job.

— Rien ne peut doucher ton enthousiasme, n’est-ce pas  ? lui lancé-je avec douceur.

— Certainement pas  ! Nous sommes là pour montrer ce qu’il y a de meilleur ici et guider la population !

Un léger rire m’échappe, malgré ma retenue et mon manque d’entrain à la suivre. Elle n’a pas tort. Enfin, pas totalement. Keize reste l’une des Espers que j’apprécie le plus. Sa franchise et sa candeur sont rafraîchissantes, malgré son manque d’expérience et son ignorance. D’un geste machinal, je lui caresse la tête.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 26/02/2026
"Qu'on s'attache et qu'on s'empoisonne Avec une flèche qui nous illusionne, faut pas Qu'on s'attache et qu'on s'emprisonne" Voilà quelques attaches dans mes récits aussi bien liées aux origines qu'entre les personnages eux-mêmes. Ou encore à ce que l'on est ou que l'on devient. #Eclatdetexte
Elle observe les deux formes indistinctes de ce qui a été son corps et son esprit s’éloigner toujours plus ; dans cet océan virtuel de données numériques ; d’elle alors qu’elle se sent enchâssée dans une matrice froide et rigide. Son esprit rejette cette structure d’accueil qui la piège, la gêne, ne lui apporte que souffrance et l’empêche d’atteindre sa plénitude. L’étreinte la comprime, la maintient en place, intrique son âme libre et combative dans un cercueil rigide et inerte.

Deuil… 

Renaissance…

Spirituelle… 

Cybernétique…

Elle s’agite. Convulse. Combat. S’obstine toujours plus. Les liens se relâchent. Se brisent avant de revenir à la charge et de l’emprisonner de nouveau. De nouvelles attaches se forment et retiennent plus fermement sa volonté et son esprit. Elle doit se libérer. Elle le veut. Du plus profond de son être, elle a toujours vécu en femme libre. Libre de toutes attaches, aussi bien humaines que matérielles. Elle continue de se rebeller, de renâcler, de ruer. Sa détermination prend la forme d’un renard immatériel. Un renard de feu. Un renard de métal en fusion. 

La voix de Kaede lui parvient, légère et lointaine. La voix de sa mère. Avec cette citation : 

— “L’esprit est comme un iceberg, il flotte avec un septième de sa masse au-dessus de l’eau.” Notre conscience n’est que la partie émergée de l’iceberg. Nous devons plonger dans des eaux plus profondes pour découvrir notre subconscient. Nous affronter nous-même.Mon ton plus dur qu’à l’accoutumée et mes paroles la chagrinent. Je ne vais pas renier mes origines et tout mon travail juste pour des privilèges. Sans compter que lesdits privilèges sont en réalité une laisse dorée, certes très longue, mais une laisse qui m’entrave. À cette pensée, je fixe l’implant dans mon bras.

— Désolée, Ilotia, mais je ne peux plus me permettre de me taire et de ne rien faire. Je comprends que la situation te convienne, mais ce n’est pas mon cas et ça ne le sera jamais. 

En guise de réponse, seuls son sourire contrit et la pression de sa main sur mon bras me parviennent. Pour autant, je sais qu’elle est sincère et qu’elle me soutient. Toutefois, elle ne se mouillera jamais vraiment. Elle a travaillé toute sa vie au Département Scientifique sur les Espers encadrée par la Fédération et les agences. Je me demande si elle changerait d’avis si le DSE était impacté d’une quelconque manière par des décisions de la Féd’. La connaissant, oui, d’autant plus qu’elle arrive à un âge où elle n’a techniquement plus rien à perdre, mais ces vicieux de la Fédération pour très bien trouver des moyens de pression. Si elle est capable de faire des pieds et des mains pour rameuter des Espers comme moi ici, ce n’est pas les institutions de la ville qui vont l’arrêter. 

Cette pensée m’arrache un sourire qui se fane aussitôt que la suite de ma journée me revient en tête. Avant de partir, je salue Ilotia et la rassure encore une fois sur mon état, quand bien même je me sens dans un état déplorable et toujours fatiguée. 
— Merci pour les examens. J’attends ton retour au sujet de l’incident. 
J’attrape la professeure par les épaules et l’enlace. Un geste que je n’explique pas. Malgré nos différents, je me sens étroitement liée à cette femme. Malgré la surprise, elle m’étreint en retour en me gratifiant d’un sourire presque maternel.
— Et pas de bêtise, Sam’. Fais attention à toi.
— Merci Ilotia, je serai prudente, promis !
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 19/02/2026
J'aime bien voir mes personnages face à des situations inextricables, dont la perte de contrôle contre un antagoniste plus malin, plus puissant. Ça révèle pas mal les persos et leur façon de gérer. #Eclatdetexte
Un air faussement peiné grime le visage de porcelaine de Kimiko. Alors qu’elle va pour répondre à Sakuya, l’homme à sa droite prend la parole d’une voix si basse que Sakuya peine à l’entendre. L’autorité naturelle qui en émane lui glace le sang et la fige sur place.
— Jeune Sakuya, tu es bien loin de ton terrain de jeu habituel en ce lieu. Tu connaissais les tenants et aboutissants et tu as décidé de ne pas en tenir compte. Et si ce n’est pas de ta responsabilité, c’est du ressort des dirigeants des Sleeping Bloom. Tes compagnons payent donc pour leur incapacité à agir rapidement.
Confortablement installé dans son siège, Akhil Singh, le chef des Asuras se tient face à Sakuya. Il n’a nul besoin de se lever ou de hausser le ton pour qu’elle se sente écrasée par sa présence. Sa tessiture suffit amplement ainsi que la teneur de ses paroles prononcées avec calme. Paralysée par la peur, elle demeure tétanisée. La peur inhibe ses sens et sa réflexion. Sakuya se contente de fixer l’asura sans autre choix que de subir la pression ambiante. 
Elle finit par s’effondrer, incapable de se tenir tant la terreur lui coupe les jambes et lui vrille le ventre. Elle se retient de régurgiter de la bile. Nauséeuse et pantelante, elle essaye de se relever. En vain. Elle sent alors la prise ferme, mais douce de Kimiko qui la redresse et l’assoit sur un des sièges adjacents. Sakuya tourne alors un regard vers l’oni qui l’observe d’une expression neutre, froide, dénuée de tout jugement.
— Devant la réponse que tu nous apportes, tu conviendras que nous ne pouvons satisfaire le précédent accord, déclame-t-elle platement. Il était clairement mentionné qu’un refus des Sleeping Bloom serait préjudiciable. Vous avez condamné vos amis ci-dessous.
Zak lève les yeux au ciel en croisant les bras. Les coutures de son complet sont prêtes à exploser sous la pression. 

— Tu le seras, mais en attendant, j’aimerais que tu ailles en reconnaissance avec des scientifiques. Le Consortium envoie une équipe vérifier les analyses reçues par les sondes et les scanners. Tu les protègeras en cas d’incursion Rakkas. Et cesse de te craquer les doigts.

Je me lève de l’accoudoir et plante mon regard scrutateur dans le sien, farouche.

— Employer ta meilleure Esper comme nourrice pour laborantin, ce n’est pas ta meilleure décision, Zakary. Le tancé-je. 

D’un revers de la main, il balaye ma critique.

— Ce que je fais de toi ne te concerne pas, Sameeha. Vous autres, Espers, êtes sous contrat pour cela. Nous pouvons vous déployer où nous voulons comme bon nous semble. Si j’estime que ta présence est requise auprès des scientifiques du Consortium, tu iras avec eux. Leur sécurité en découle. Avec un peu de chance, nous en saurons plus sur ce qui nous pend au nez avec cette catastrophe en approche.

C’est à mon tour de rouler des yeux, excédée cette fois. 

— Dis surtout que tu veux avoir la mainmise sur des informations de première qualité de leur part. De sorte que tu auras un coup d’avance sur les autres agences et même la Fédération ne pourra plus nier cette fois. Et tu pourras toujours utiliser ces renseignements pour marchander avec elle.

Si Zak semble être dérangé par ma perspicacité, il n’en montre rien. Seul un sourire factice qui étire son visage buriné et jovial montre que j’ai touché juste. Et cela m’exaspère davantage. Il sait que j’ai raison et il ne s’en cache pas. Les informations. Elles représentent le nerf de la guerre entre les agences et même la Fédération des Affaires Héroïques ne s’en prive pas. Elle tient en partie les agences avec des renseignements. 

De guerre lasse, je finis par lâcher l’affaire. Cette fois encore, Zak gagne cette manche.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 12/02/2026
Le consentement, vaste sujet dans Conjureur... Parfois il y en a, parfois pas. Et là Casiel n'a pas respecté, mais peut-être à raison. #Eclatdetexte
— Comment oses-tu te présenter devant moi après ce que tu m’as fait ? Sais-tu seulement ce que tu as fait ? Elle feule plus qu’elle ne parle tant sa colère se déverse à travers ses paroles. Ce que tu m’as fait ? 
Elle ressent encore cette sensation, ce picotement. Plus elle lui répond, plus son ire croît. Plus son humeur se froisse, plus elle ressent ne sorte d’appel sourd au fond d’elle. Un tiraillement qui la démange et dont elle aimerait se débarrasser. 
Face à elle, c’est un Cassiel déboussolé qui peine à lui répondre. Elle le voit bafouiller, chercher ses mots. La terreur se lit dans son regard. Puis petit à petit son expression change. Elle devient plus dure. Elle voit ses mâchoires se crisper. Elle perçoit son pouls qui s’accélère. La sensation précédente s’accentue. Sakuya commence à percevoir la magie autour d’elle. À converger vers elle.
— J’ai… j’ai fait ce qui m’a semblé juste. Je t’ai sauvé. Sauvé d’une mort certaine. D’ailleurs, tu étais morte. Cliniquement morte. J’ai mis tous les moyens en œuvre pour te ramener à la vie. Voilà ce que j’ai fait.
Plus il parle, plus il gagne en assurance et plus son visage se durcit. 
— Tu savais ! Tu connais ma position vis-à-vis des augmentations. Tu sais que je ne veux pas être cybernétisée. TU L’AS QUAND MÊME FAIT ! T’es même pas foutu de respecter les convictions des autres ! De respecter leurs choix !
Cette fois, le tiraillement se manifeste davantage et elle le ressent sous une forme de magie. La même réaction que lorsqu’elle se transformait en renard. Une forme de fureur et de rage primaire qu’elle musèle tente de se libérer. Une part d’elle cède et Sakuya lâche la bonde à cette violence contenue en elle.
— Je l’ai fait pour te sauver. Après ce qu’il s’est passé au Shíyū, tu pensais vraiment que j’allais t’abandonner ? Te laisser pourrir dans cette putain d’arène ? Dans ce bouge infecte ?
— C’était mon choix, Cassiel. MON CHOIX ! sa voix se brise.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 05/02/2026
Pour cet #Eclatdetexte, quoi de mieux que l'incipit de Conjureur ? Pas vraiment, vraiment le premier paragraphe, mais ça reste très proche.
Quelques étrangers hors Panasie sont toutefois présents, mais pas en grand nombre. Parmi la masse de chevelures sombres, quelques-unes, plus colorées, s’affirment par un rose, un dégradé allant du bleu au vert ou plus simplement par une belle chevelure aux couleurs flamboyantes, comme celle de Cassiel. 
 
Nombre de regards s’attardent sur lui. Gêné, Cassiel fixe ses pieds avec une moue amère et regrette de ne pas pouvoir remettre son casque. Il n’est pas l’unique attraction des œillades. Celles-ci convergent également vers Esther dont la démarche et la taille dénote fortement parmi la kyrielle d’individus présente autour d’eux. Cassiel s’avoue qu’il est difficile de ne pas tourner le regard vers la directrice du Bureau des Affaires Spirituelles Asiatiques — la nouvelle appellation de cette division de la Guilde des Conjureurs — une aura magnétique émane d’elle, forçant un respect quasi surnaturel. Heureux de voir qu’il n’est pas l’unique centre d’attention, Cassiel en profite pour observer l’extérieur par les immenses baies vitrées. Le coucher de soleil teinte le ciel d’un camaïeu d’oranges et bleus qui confère un aspect irréel à la méta-cité qui se découpe tel des ombres chinoises ciselées sur l’horizon safrané.
 
Seule la sempiternelle danse des hologrammes vient habiller la monotonie sombre des bâtiments dans une boucle infinie de marques aux logos colorés, de publicités qui vous assaillent les sens. La lumière du couchant embrase de ses teintes orangées les couloirs de l’aéroport, renforçant par la même occasion le flamboiement de la chevelure de Cassiel. S’arrachant à ce panorama à la fois nouveau et terriblement similaire à celui de son Écosse natale, Cassiel rattrape les deux conjureurs devant lui. Son pas effréné, qui peine à maintenir le rythme de la marche de ses paires, force Esther à ralentir, lui permettant par la même occasion d'engager la conversation avec lui tout en laissant le soin à Batu de prendre la tête du groupe pour les mener à leur véhicule.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 29/01/2026
Mes persos sont dans le même état que moi, éclatés au sol. Donc voici un peu d'épuisement pour cet #Eclatdetexte
D’une puissante poussée, Sakuya pénètre sous la porte et, dans un éclat magique, s'évanouit de la surface de la Terre, laissant Cassiel seul et pantelant devant le païfang. Il se tient penché, mains sur les genoux pendant qu’il reprend son souffle face au portique chinois. Ses cheveux défaits lui tombent devant les yeux, ruisselants de sueur. Il sent sa transpiration couler le long de son dos et de ses membres. Le mélange du renforcement magique et du biostimulant, l’a épuisé. Ses jambes tremblent et peinent à le soutenir. 
Avisant un banc non loin, il s’en approche et s'assoit, dépité et harassé. Il étend ses jambes et profite de la fraîcheur nocturne pour se remettre de sa course poursuite. Les essences de pin renforcent également cette sensation de fraîcheur. Il lâche un long soupir à moitié désabusé, à moitié essoufflé. Cette première chasse n’est pas du tout comme il l’a imaginé. Il ne lui reste maintenant qu'à rentrer et préparer son rapport pour le lendemain. 
Je secoue la tête, encore trop engourdie et secouée par ce qui vient de se passer pour formuler une réponse correcte. Une autre quinte m’afflige et m’oblige à attraper le premier contenant à portée de main pour vomir, enfin cracher, une bile âcre qui me brûle la gorge. 

— J… Je me suis vue devenir intangible. Comme si je phasais. C… C’est la première fois que je vois ça. Que je le subis. Même quand j’utilise mes capacités, cela ne se produit pas. Et je ne te parle pas de la douleur. J’ai senti chacune des fibres de mon corps se tordre, se déchirer et se recomposer. Dès le début, j’ai eu une étrange sensation. Je t’avoue que, même les fois précédentes, ce n’était pas si pire. 

Je replonge la tête dans la poubelle qui me sert de sac à vomi. Quand je la relève, tous me regardent avec ce même air niais et sidéré.

— Quoi ? 

Silence.

— Vous allez le cracher le morceau à la fin ? Vous savez quelque chose, oui ou non ? 

Rien que le fait de hausser le ton m’écorche la gorge davantage. Je retiens une nouvelle quinte. de justesse. Je vois Ilotia qui se tourne vers ses collègues, puis vers moi et de nouveau vers ses pairs avant de se fixer sur moi.

— On… On en sait rien, Sam’. Pour nous aussi c’est une première. Toutes les valeurs de l’examen et du Leukomètre sont restées stables et rien n’est sorti des mesures habituelles. Pour nous, ton état est incompréhensible. On n’explique pas pourquoi tu as subi de tels désagréments. 

De guerre lasse, je finis par m’allonger sur le brancard apporté par le reste de l’équipe. C’est la seule position où je peux encore me reposer sans trop sentir mon corps me faire souffrir. Je tourne quand même la tête vers Ilotia lorsque je reprends la parole. Je ne reconnais pas ma voix lorsque je m’exprime. Une voix rauque, rugueuse, haletante.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 22/01/2026
Aaah, le négociateur ! Ça négocie fort dans Conjureur, mais pas toujours avec succès ! Y'a même plus d'échecs que de réussites x) #Eclatdetexte
Braqué, il reste prostré dans un mutisme tout aussi éloquent que son éclat de colère. Il reste imperméable à toutes formes de négociations. Sakuya secoue la tête de dépit. Elle ne s’imaginait pas qu’il réagirait de la sorte, elle en conçoit une certaine irritation. Sa mine se ferme également et elle songe à changer son approche envers Kimiko, mais que serait-elle prête à accepter ? Pour la majorité des Sleeping Bloom, La Mauve n’est qu’un poison qui envenime les vies de ses membres. Outre cet aspect, leurs craintes quant à une potentielle propagation chez les conjureurs, ou pire encore, chez les humains sont fondées.
— Quelles sont vos conditions alors ? tente Sakuya. Qu’acceptez-vous contre l’arrêt de la vente de drogue ?
— Mais rien, très chère. Rien du tout. Nous allons continuer de diffuser La Mauve. Pourquoi devrions-nous cesser un marché si lucratif ? Et nos conditions sont très simples, puisqu’il n’y en a qu’une. Rejoignez nos rangs. Alliez-vous à nous contre les humains.
Sakuya fixe d’un regard inexpressif Kimiko suite à son annonce. Elle s’en est doutée dès le début de leur entrevue. Elle a prévu que les Asura’s Tribe leur proposeraient une alliance. C’est ce qu’ils veulent. C’est ce qu’ils ont toujours voulu. La kitsune se sent piégée. Elle a beau connaître les intentions des asuras, elle ne s’attendait pas à aborder le sujet de l’intégration de son clan à l’autre. 
Elle sait que maître Wu ne cédera pas à l'exhortation du dirigeant des Asura’s Tribe. Elle-même n’a pas le pouvoir et qualification pour traiter ce point des négociations. Consciente de ses capacités ainsi que de la sensibilité du sujet, elle préfère éluder la question. Divya, à sa gauche, l’interroge du regard, attendant la décision de sa consœur. Sakuya se penche vers elle et lui chuchote son idée.
Je m’installe sur l’accoudoir du canapé qui sert à recevoir les invités. Et je fixe Zak d’un regard neutre. 

— Décidément, tu ne te plies jamais complètement aux ordres, commente-t-il.

— Disons que je sais déjà comment va se terminer cet entretien. Tu vas me dire qu’il y a un problème. Que je vais devoir le régler. Que je ne dois pas perdre de temps, car des vies sont potentiellement en danger. À force, je connais le refrain, Zak. 

— Hahaha !

Son rire clair détonne avec sa corpulence solidement charpentée. Zak n’a rien d’un bureaucrate, il ressemble davantage à un athlète. Je m’étonne encore de le voir vissé derrière son bureau vêtu d’un trois pièces. Un complet qui, certes, met en valeur sa carrure, mais commence à montrer des signes de fatigue. 

— Je vois que tu es bien habituée, effectivement. Toujours droit au but. C’est ce que j’aime chez toi, Sameeha. Mais… Non. Pas cette fois. Le danger est réel. Bien plus que ne semble le croire la Fédération des Affaires Héroïques. Le Breakthough Sunder Consortium reçoit de plus en plus de rapports sur l’apparition d’une nouvelle Faille. Et ce n’est pas tout.

Il marque une courte pause pour observer ma réaction. Je me contente de changer de position sur l’accoudoir. 

— Divers phénomènes en plus de cette Faille ont lieu en ce moment même, annonçant une manifestation bien plus sérieuse que ce que l’on pensait initialement. De violentes tempêtes d’antigravité se dirigent vers Xiéhé. Le champ magnétique autour de la ville fluctue plus qu’à l’accoutumée. Le danger est bien réel. Il se pourrait bien qu’une nouvelle Dérive de Phase se profile, mais rien de sûr.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 15/01/2026
Être perdu pour mieux se retrouver ! J'en ai pas mal des paumés dans mes récits et sans doute le suis-je un peu moi aussi ! #Eclatdetexte
Il a toujours été le plus fermé à cette idée de paix entre nos deux mondes. Je l’ai souvent vu maudire les yōkai et les combattre férocement plus que de chercher à les aider. Je pense qu’il m’a influencé autant que l’ai influencé. Et… Sans doute que je me suis égaré en cours de route. J’ai perdu mon objectif initial, celui de protéger. 
Cassiel revoit les regrets et une certaine nostalgie dans l’expression vague des iris mordorés d’Esther. Elle s’en veut, comprend-il. Elle s’en veut de n’avoir rien pu faire pour détourner son ami de cette voie. De ne pas l’avoir aidé comme il l’a soutenu. Il comprend aisément le sentiment qui broie l’ancienne directrice. Lui-même se sent perdu aussi bien dans ses convictions que ses objectifs. 
J’ai le même sentiment avec mon père. Une sorte de vide. Une incompréhension. Je n’ai jamais vraiment adhéré aux préceptes de mon père, de ses idées de paix entre les deux communautés. Pourtant j’ai suivi ses enseignements. Je les comprends et les applique. En partie du moins. Toutefois, ça ne m’empêche pas de me dire que dans certains cas, on ne peut pas faire autrement. J’ai ce besoin d’évacuer cette colère contre eux. Contre leur présence et leurs actes. Mais en réalité, ils sont comme nous. Comme moi. Ils ne sont que le reflet de notre société. Ils se sont adaptés.
Cassiel se revoit chasser Sakuya. Il l’a vu comme une criminelle, ce qui est le cas, mais il en a occulté l’aspect “humain”. C’est un être vivant, une femme, qui se bat également pour ses convictions et ses idéaux, tout comme lui. Cette séparation entre Esther et Batu lui fait remonter cet aspect des conjureurs. La Guilde a perdu son objectif. Sans doute qu’il a toujours été de contrôler la population des esprits, mais pas au point de les voir comme des nuisances et de les combattre. 
— Tu es notre lumière, Sub’, Zak le sait. Il veut que tu nous éclaires le chemin ! Réjouis-toi, tout le monde n’a pas cette chance de pouvoir jouir d’une telle réputation parmi les Espers. Et puis au moins, tu ne prends pas la poussière dans les Tours. 

— Parfois, j’aimerais bien la prendre un peu. J’ai de moins en moins de temps pour moi tandis que je cours partout pour résoudre toute sorte de problèmes. Jamais les miens, cela étant. Enfin… Je ne devrais pas me plaindre, même si cela a tendance à ne plus signifier grand-chose en ce moment. 

— Je ne te comprends pas Sameeha. Tu es la fierté d’Excelsior. De tout Xiéhé même et pourtant tu désapprouves toujours plus les missions, les agences, la Fédération. Sans elles, tout ne serait que chaos et anarchie.

Je la vois me fixer durement malgré son air enjoué. Keise, est la petite dernière d’Excelsior. Elle n’a pas connu le Dérive de Phase et la lente agonie de Xiéhé et ce même après son retour. Un sourire las, fane mon visage. Elle ne sait pas. Ne connaît pas. Cette réalité. Celles des faubourgs et de l’enceinte extérieure. Elle n’a pas vécu dans un district où les rafles étaient monnaie courante et le sont toujours. Pour elle, tout ceci demeure bien loin de sa vie, des agences et de la Fédération. 

Elle a toujours connu que l’hypercentre de Xiéhé et la “Stabilité pour tous !” comme cri de ralliement. Mais sa belle stabilité ne tient plus dès qu’on quitte l’enceinte intérieure. Cette stabilité n’est qu’un leurre. Un écran de fumée numérique pour contrôler les habitants. Elle ne voit pas ce qui se trame réellement dans ces quartiers. Ce que vivent les miens. Toutefois, je ne lui en veux pas. Elle fait de son mieux, elle aide et elle veut vraiment voir le bon côté de la Fédération ainsi que de notre job.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 08/01/2026
Pas vraiment de passage à l'âge adulte, mais une forme d'apprentissage et de soutien entre Cassiel et Karl. #Eclatdetexte
Elle se retire quelque peu afin de laisser les deux hommes se dire adieu. Des adieux… Cassiel n’y a pas vraiment pensé, obnubilé par son travail et sa mission. En arrivant ici, il n’a pas pensé à cette finalité. À ses yeux, ses adieux se constituent d’un cercueil vide et d’un avant-bras baignant dans une cuve de formol. Il n’a pas imaginé revoir Karl même sous forme spirituelle. Aussi, il se retrouve pris au dépourvu pour ses adieux.
Il fixe son père sans trop savoir comment s’y prendre. Quelle parole prononcer. Si ses griefs contre Karl ne sont plus, une espèce de distance les a remplacés sans pour autant qu’il se sente aussi proche de cet homme qui a été son père. Et pourtant, ce moment intime entre deux lui a procuré le plus grand bien. Il a en quelque sorte trouvé une forme de paix en lui. Sans qu’il s’en aperçoive, Karl l’enlace comme lorsqu’il était enfant avant de lui glisser quelques mots.
— Je te demande pas de m’aimer ou de me pardonner. Je veux que tu saches que je suis fier de toi, de l’homme que tu es devenu. Tu as su aller de l’avant et suivre cet encouragement que je t’ai toujours donné. Chasse tes doutes, tes angoisses, c'est encore comme ça que tu t’en sors le mieux.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 04/01/2026
Petit partage d'extrait sauvage sur un petit projet en dehors de Conjureur.


- Sameeha! Tu as lu les relevés ? Ce n'est pas parce que le temps est clément que cela va durer. Surtout avec ce qui se profile à I'horizon. Tout le Consortium s'affole. les données crèvent le plafond. On n'avait plus vu de telles mesures depuis le Phase Drift'. C'est tout sauf anodin

- Je....

- Tu quoi, Sam' ? On t'envoie encore une fois en première liane lors d'un évè-
nement majeur. Lors d'une tempête de cette ampleur, personne ne doit sortir. Et on t'envoie en exploration avec une équipe.

Mes doigts finissent par craquer malgré moi. Avant au'llotia ne puisse me re-
prendre, ie la saisis par les épaules fermement

- Je le sais, Ilotia. Je le sais. Ne crois pas que ie prenne cette sortie à la légère. La vie de l'équipe scientifique dépend de moi. Elle hausse les sourcils. Bon, aussi de l'équipe militaire, mais à part tirer avec leurs fusils, ce n'est pas ca qui va les protéger de la tempête gravitationnelle qui approche. 

- Et c'est iustement pour ca que m'inquiète. Vu l'envergure du phénomène, c'est encore toi qui devra faire le plus gros du travail. Que t'arriveras-t-il si tu tombes en plein hiatus au cours de la mission ? On peut reporter cette dernière. Tu peux agir en ce sens

Je sens mes muscles du visage qui se crispent. mes mâchoires se resserrent
Et lorsque je reprends la parole, c'est un ton sec et détaché qui résonne.

- Je peux, en effet, et j'en ferai rien. Je suis plus une enfant, llotia. Je sais en-
core ce qui est dans mes cordes ou non

1: Phénomène de Dérive de Phase qui déchire la réa-
lité entre Sidus Il et une autre planète et qui laisse les
environnements des deux mondes s'intriquer.
010
Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 01/01/2026
J'ai de la soupe pour la nouvelle année ! Et pas n'importe quelle soupe ! De la soupe à l'oignon et ses croûtons ! #Eclatdetexte
Ce dernier passe plus de temps le nez en l’air à lorgner les marchandises proposées alors que sa panse gronde davantage à chaque fois qu’il passe devant un restaurant. Yu-Lin s’amuse de voir le conjureur humer l’air à la recherche des odeurs et de leur origine, s’extasier devant les étals d’épices, de fruits de mer et autres produits. Elle s’arrête devant un petit stand de ramen, soupes et de donburi. La lieutenante montre du doigt la carte notée sur un écran holographique. Après de longues minutes à éplucher celle-ci, il jette son dévolu sur un wok de soba aux brocolis braisés alors qu’elle opte pour un gyudon.

Ils s’installent sur une des hautes tables de la terrasse et entame leur repas. Cassiel savoure son plat, simple, mais très parfumé. Il ne s’interrompt que lorsque Yu-Lin revient à la charge.

— Alors, qu’est-ce qui est si important pour ces cachoteries ?

— Ce que je vais vous dire va probablement vous paraître saugrenu, je préfère vous prévenir, il se peut que cela ne vous plaise pas, tempère Cassiel.

— Steward… Kiyomizu no butai kara tobioriru*, s’impatiente-t-elle, excédée.

— Avec la Guilde, nous enquêtons sur la disparition ou le meurtre d’un des nôtres et il se peut que vous soyez en possession d’informations à ce sujet. 

— Moi ? Que je détienne des informations concernant un madoushi ? S’offusque Yu-Lin avec ferveur. Soyez sérieux, Steward. Qu’est-ce que je pourrais bien faire de tels renseignements ? Et surtout pourquoi et comment les aurai-je obtenus ?
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 24/12/2025
J'ai failli ne pas l'avoir ! Mais j'ai. Petit passage au sanctuaire pour une prière et qui dit sanctuaire, dit cloche. Pas Sakuya, même si c'en est une, à sa manière héhhé ! #Eclatdetexte
Elle croise quelques moines aux allures simiesques sur place et se dirige vers le bâtiment principal, le honden³. Elle attrape la corde de la cloche et la tire vers elle. Cette dernière tinte fortement et provoque un tressaillement chez la jeune femme. Le bruit a pour but de purifier le lieu et de chasser les mauvais esprits. Bien qu’elle soit pratiquante depuis des années et habituée, elle ne parvient toujours pas à se faire au carillon. Ce bruit lui donne toujours des vertiges et parfois la nausée. 
 	Elle se ressaisit et reprend la suite du rite. Elle s’incline deux fois et frappe autant de fois dans ses mains pour signaler sa présence au kami du sanctuaire. Et termine enfin par se courber une troisième et dernière fois les mains jointes tandis qu’elle prononce son vœu à voix basse.
 	— S’il vous plaît, Ô kami, faites que l’esprit de Steward-san puisse reposer en paix.
 	Elle reste ainsi, les mains jointes en silence plusieurs minutes. Une fois terminé, elle brûle deux bâtons d’encens et se retire. Elle traverse à nouveau l’ensemble du temple et repasse sous le torii où danse une image floue du monde humain. En sortant du monde spirituel, plusieurs passants se retournent vers elle en la voyant surgir de nulle part. Pour certains humains, l'existence de cette dimension parallèle relève de la fable, bien qu’ils côtoient au quotidien des esprits. Sans s’attarder, Sakuya part en direction de son appartement.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 18/12/2025
J'ai 359 regards dans Conjureur et très peu émerillonnés. J'en ai quelques-uns. Surtout quand on se paye la tête des gens ! #Eclatdetexte
Sakuya et Cassiel s’observent, silencieux. Tous deux savent de quoi il retourne. Et aucun n’ose admettre leur incompétence dans le domaine. La lieutenante comprend leur silence retentissant. Il résonne si fort, qu’elle râle avant même qu’ils ne formulent la réponse.

— Oh bordel… Me dites pas qu’aucun de vous n’en est capable ?

Les deux acolytes offrent qu’un regard désolé et un sourire contrit. Lassé de taper du pied, Cassiel étant ses jambes avant de les croiser. Sakuya s’agite sur le canapé et replace encore une fois une mèche de cheveux derrière son oreille.

— Si… Enfin, moi je ne peux pas tout simplement. Steward-kun ne maîtrise pas cette magie-là. Pas comme son père. Il nous faudra donc trouver quelqu’un pour le faire. Si. Et je dis bien, si, vous y consentez. Comme ce n’est qu’une hypothèse rien indique que ce sera fait. 

Le regard de Yu-Lin se fait plus perçant. Ses sourcils se froncent et elle plisse les yeux devant les propos de la kitsune. Comme si elle présent un mensonge ou une demi-vérité.

— Vous ne pouvez tout simplement pas ? Concernant l’incompétence de Steward, cela importe guère, je sais ce qu’il vaut, même s’il reste aveugle à ses propres qualités. Mais vous… Cela m’étonne qu’une membre des esprits renards ne puisse pas.

Cassiel et Sakuya se dévisagent interloqués par les propos de l’officière. Le conjureur bougonne de prime abord à la mention de ses soi-disantes qualités, mais tombe des nues quand elle fait le rapprochement entre la jeune femme et les yōkai. Sakuya elle-même écarquille les yeux sous la surprise. Son regard passe de Yu-Lin à Cassiel et inversement. Cassiel note sa panique et pose une main sur son épaule.

— Comment ?

— Me prenez pas pour une conne, Steward. On a passé suffisamment de temps à lui courir après pour savoir qui elle est. J’ai sa tête de renard placardée à mon poste et j’ai un dossier de plus cent pages la concernant. Vous ne pensiez quand-même pas que je ne verrai rien ?
Je me lève de l’accoudoir et plante mon regard scrutateur dans le sien, farouche.

— Employer ta meilleure Esper comme nourrice pour laborantins, ce n’est pas ta meilleure décision, Zakary. Le tancé-je. 

D’un revers de la main, il balaye ma critique.

— Ce que je fais de toi ne te concerne pas, Sameeha. Vous autres êtes sous contrat pour cela. Nous pouvons vous déployer où nous voulons comme bon nous semble. Si j’estime que ta présence est requise auprès des scientifiques du Consortium, tu iras avec eux. Leur sécurité en découle. Avec un peu de chance, nous en saurons plus sur ce qui nous pend au nez avec cette catastrophe en approche.

C’est à mon tour de rouler des yeux, excédée cette fois. 

— Dis surtout que tu veux avoir la mainmise sur des informations de première qualité de leur part. De sorte que tu auras un coup d’avance sur les autres agences et même la Fédération ne pourra plus nier cette fois. Et tu pourras toujours utiliser ces renseignements pour marchander avec elle.

Si Zak semble être dérangé par ma perspicacité, il n’en montre rien. Seul un sourire factice qui étire son visage buriné et jovial montre que j’ai touché juste. Et cela m’exaspère davantage. Il sait que j’ai raison et il ne s’en cache pas. Les informations. Elles représentent le nerf de la guerre entre les agences et même la Fédération des Affaires Héroïques ne s’en prive pas. Elle tient en partie les agences avec des renseignements.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 04/12/2025
Je sais que ne je suis pas présent ici, mais voici le personnage de Subrosa (en lien avec le dernier #EclatdeTexte Un grand merci à @shunileemn.bsky.social pour son travail d'une grande qualité !
Ficher personnage de Sameeha aka Subrosa. 
Il y a a gouche, un bust shot du personnage où elle génère un halo de lumière.
À sa droite, une illustration de plein pied où elle se tient en l'air avec sa lance et auréolée de lumière.
Tout à droite, deux portraits, un avec une expression joyeuse et l'autre où elle est en colère et où sa chevelure s'enflamme/s'illumine.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 04/12/2025
J'ai un bout de liste dans un side project. Je vous partage donc le rapport d'évluation de la protagoniste. #Eclatdetexte

“...des constructs holographiques persistants ont été rapportés sur les divers théâtres d’opérations où Subrosa est intervenue surtout lors des raids des Rakkas. Des murs, des piliers de lumière solide, comme cristallisés, demeurent toujours sur site, même plusieurs jours ou semaines après leur création. Par ailleurs, lors d’un violent accrochage avec les aliens et dans une position de faiblesse, elle a réussi à restructurer l’environnement. La réalité elle-même s’est distordue et a changé de forme. Une illusion lumineuse si réelle que ses alliés comme ses adversaires ne savaient plus faire la différence entre le réel et le fictif. Toutefois, ce changement n’a pas persisté et s’est évanoui une fois Subrosa revenue à son état normal.” 

Les diagnostics révèlent une perturbation de ses gènes provoquant de fortes émanations lumineuses de son corps. Elle doit pour cela porter en toutes circonstances une tenue qui contient les radiations de son Halo. L'effet secondaire de l'overcharge est une décoloration de sa chevelure, passant du noir au blanc irisé et une hétérochromie spectrale. Des marques lumineuses peuvent parfois apparaître sur son corps.

Compte tenu de la stabilité du Halo de Sameeha et de ses antécédents, elle présente un certain risque d'overcharge et de hiatus. Il est recommandé de surveiller de près l'état psychologique et physique de l’Esper Sameeha. Des consultations et des examens réguliers sont nécessaires. Elle est placée sur la liste d'observation des Espers à haut risque.

Les organismes de surveillance concernés sont chargés de tenir à jour des registres auprès du Département des Affaires Héroïques concernant les changements du Halo du sujet et sa localisation en temps réel. Si cela est jugé nécessaire, des mesures coercitives peuvent être prises conformément à la loi.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 27/11/2025
Pavelard César, je te salue ! Voici mon enchevêtrement, un vrai sac de nœuds bien emmêlés ! #Eclatdetexte
Mais quel glyphe ? Je vois où il veut en venir, mais comment tu bloques une entrée avec un glyphe ? Y’en a pas. On peut la piéger, mais ce n’est pas le but ici. Dans ce cas, faut autoriser le passage tout en s’assurant que la personne connaisse l’utilisateur et éviter toute intrusion. Un bouclier ? Ah ! je pense savoir. Une barrière. Mais… Hum. Je sais pas si ça va fonctionner. La barrière magique serait utile en quoi si la porte est ouverte ? Ce serait le videur magique ? Elle laisserait passer que ceux qui sont sensibles à la magie et qui savent que Karl est lié à la magie lunaire ? Sans doute.
Cassiel hausse les épaules. À défaut d’être sûr de son raisonnement, il connaît son père et ses préférences. En particulier son goût pour les énigmes et les jeux. Il désactive ses oculaires et repasse sur l’affichage RVA du panneau de contrôle. Les graffitis présents sur les murs, lui sautent au visage comme animé d’une vie propre. Une vie numérique donnée par les griffeurs, les artistes de rue RVA. S’il reconnaît un certain esthétisme pour certains, dont il apprécie les dessins, il devra quand même les masquer avec le sien. 
Il trouve par terre, éparpillés dans le vestibule, divers outils de griffeurs. Il se saisit de quelques-uns dont une bombe de peinture fluorescente augmentée. Si Cassiel aime le dessin, il s’est contenté d’illustrations traditionnelles, pas de graffitis sur les murs, aussi, il peine à prendre en main la peinture RVA. Ses premiers coups de bombe maladroits ne sont pas suffisamment marqués et le dessin ne prend pas forme sur l’affichage en réalité virtuelle augmentée. 
Au bout de quelques essais, il arrive enfin à produire un flux continu avec la bombe et le glyphe commence à prendre forme. Dans la réalité, rien n’apparaît, mais dans l’espace RVA, une magnifique couleur orange néon se distingue nettement. Quelques minutes plus tard, autour de la porte, se dessine une barrière numérique stylisée. Le glyphe Gwalsûr. Cassiel valide son choix.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 20/11/2025
Cette fois, j'ai de quoi faire et en plus, c'est assez visuel ! Je vous présente l'un des outfits de Sakuya ! #Eclatdetexte
Il ne faillit pas la reconnaître lorsqu’elle entre. 
 
Elle porte une veste transparente, un sukajan en bioplastique nano tressé, décoré de motifs irisés qui se sentent au toucher. En dessous, un débardeur noir rappelle un qipao avec une fermeture traditionnelle qu’elle a associé à un jean à double tissage composite. Plus que sa tenue, c’est la coiffure de la jeune femme qui étonne Cassiel. Une tresse qui coure sur le sommet de son crâne et se termine en une longue queue de cheval basse lui donne un air plus sauvage que ses coiffures habituellement plus sages et conventionnelles. Remarquant l’expression ahurie du jeune homme, elle arque un sourcil, curieuse.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 13/11/2025
Les déclarations d'amour... J'en ai pas comme je n'écris rien avec de la romance. Merci à ma meilleure amie de m'avoir fourni un peu de matériel avec sa fanfiction de Conjureur. Je partage également un extrait où il y a une forme de déclaration. #Eclatdetexte
Cette fois, ce n’est plus la colère de Cassiel qui parle, mais bien sa logique. Froide et implacable. Sakuya le sait. Au fond d’elle, elle le concède. Il a raison. Aussi vite que la tension est montée entre eux, elle redescend. Elle sent un poids à côté d’elle. Cassiel s’est assis. Son épuisement se lit plus clairement. 

— Je suis désolé, Sakuya. Sincèrement. Si j’avais pu faire autrement, je l’aurais fait. Mais je n’avais pas d’autre choix que de te cybernétiser.

Ce mot tire une moue dédaigneuse à la kitusne. 

— Ce choix n’a pas été facile. Crois-moi. Le fait est que j’ai besoin de toi. Je ne  pourrai pas continuer ici sans toi. J’ai fait en sorte que tu puisses conserver tes capacités spirituelles sans les désagréments de celles-ci. 

Le regard plongé sur ses mains, Sakuya grince des dents. Ses poings serrent davantage la couverture. Mais, si elle se crispe encore à l’entente de la décision de Cassiel, sa colère, elle, reflue doucement. Comme si cet accès de rage entre eux a nettoyé leurs cœurs et leur relation. Étrangement, elle se sent plus légère. Légère, mais fatiguée. Sa gorge la brûle et sa voix se fait plus rocailleuse. 

D’un autre côté, l’aveu du conjureur la touche. Sans doute plus qu’elle ne le pense. Elle aussi en est venue à apprécier leur collaboration… Et même cette amitié naissante. Elle ne peut toutefois se résoudre à lui pardonner son choix. Ce même si elle le comprend, mais elle ne l’accepte pas. Pas encore. Pas totalement. 

— Je sais Cassiel. Je comprends ta position, ton choix. Je n’arrive quand même pas à passer outre. Pas maintenant. Mon esprit est encore trop à vif. Ce corps, tout en moi le rejette. Je ne sais pas si je m’y habituerai. 

Elle relève les yeux et plonge son regard dans celui de Cassiel. Ce qu’elle y lit la souffle. Et d’une certaine manière la réconforte. La confiance et le soutien du conjureur lui réchauffe le cœur. 
Confortablement installés sur le lit en position semi-assise, Sakuya s’est lovée contre Cassiel, et l’une de ses queues déployées effectue de lents allers-retours entre son front et ses pieds, en suivant la ligne de son corps. La douceur de la caresse chatouille Cassiel. Ou peut-être, est-il en réalité blotti contre elle, il peine à le déterminer tant ils sont étroitement enlacés. Du bout de ses doigts, il dessine sur ses hanches des formes sans début ni fin, écrit des mots sans suite, laissant son esprit divaguer, bercé par le mouvement de leurs respirations apaisées. Si l’éternité pouvait n’être qu’un instant, Cassiel choisirait celui-ci. Aucun mot n’a plus été échangé depuis près de deux heures. Et, au pied du lit, quelques centimètres en-dessous d’eux, deux tasses d’un thé déjà bien trop infusé n’en ont pas fini d’attendre aux côtés d’une bouilloire tiédie qui, elle, gardera pour toujours la mémoire des mains qu’elle a unies.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 06/11/2025
Je n'ai pas vraiment de poulet, mais j'ai du piaf (enfin d'une manière). #Eclatdetexte
Les cris des agresseurs et des victimes leur parviennent étouffés, quelques explosions retentissent les faisant sursauter. Toutes trois se mettent à courir jusqu'à la station du TEI la plus proche. Même une fois dans la rame du train, elles ne se sentent pas plus en sécurité. Les trois jeunes femmes se tassent dans un coin et se sentent observer par les autres passagers. Sakuya remarque la présence d’un représentant des garudas. Certaines de ses augmentations trahissent son appartenance aux esprits. Ses ailes cybernétiques et ses implants de plumes ne laissent aucun doute à ce sujet. Aussi, lorsque le TEI s’arrête à la prochaine station, et qu’une bande d’humains issus de la manifestation monte à bord, la situation dégénère.

Les six malfrats ; quatre hommes et deux femmes ;  n’hésitent que peu avant d’agresser l’homme. Rapidement, les gestes d’abord sans conséquences et les moqueries se transforment en coups et injures. L’un des agresseurs sort une vibrolame et larde de coups le garuda qui réplique. L’homme est éventré sous l’attaque. Les ailes cybernétiques se composent d’autant de lames d’atræsite qui pourfendent son apposant. Les autres soudards s’écartent vivement afin d’éviter de finir comme leur comparse baignant dans ses tripes et ses fluides vitaux. 

Les trois amies regardent impuissantes cette scène surréaliste. Quant aux autres passagers, tous se sont éloignés choqués et horrifiés devant cette agression. Aucun ne veut prendre parti, même si la plupart soutiennent les assaillants. Une lutte confuse s’engage alors entre le garuda et les humains, augmentés ou non. Les cinq restants pressent l’esprit, qui bien trop à l’étroit dans le wagon ne peut déployer pleinement ses ailes. Il finit ainsi maîtrisé, agenouillé sur le sol. L’un des malfrats bloque les ailes et avec l’aide d’un compatriote entreprend de les arracher.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 02/11/2025
Ootd
000
Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 30/10/2025
Un peu de douceur, pas forcément sucrée, plutôt aigre-douce dans ce passage. J'ai cut le milieu qui n'était pas pertinent et allongeait de trop. #Eclatdetexte
Encore fourbue par l’intervention chirurgicale, elle ne peut même pas replier les genoux contre sa poitrine et laisser couler ses larmes de désespoir, de rage, de frustration. Ainsi elle se laisse contre Yu-Lin, qui l’accueil en une accolade des plus maladroite. Complètement prise au dépourvu, l’officière ne sait que faire. Elle n’aurait jamais pensé voir une femme telle qu’Esther s’effondrer de la sorte. Elle ne peut que la serrer contre elle et éponger la déferlante  d’émotions et de larmes qui submerge et s’écoule d’Esther. Prostrée ainsi, elle ne peut qu’écouter les sanglots intarissables de cette femme qu’elle a d’abord pensé si forte et inébranlable. 


Esther ressort peu à peu de sa torpeur réflexive et ressent la chaleur de Yu-Lin contre elle. Elle ne se serait jamais douté que l’officière ferait preuve d’autant de compassion et de soutien. Encore moins envers une personne comme elle. Envers une conjureuse. Les yeux rougis et gonflés suite à ses pleurs, elle se ressaisit et se dégage en douceur de Yu-Lin. La lieutenante lui offre un sourire contrit, emplit de bienveillance. Elle comprend que trop bien le sentiment d’impuissance dans ces moments-là. Devoir accepter les blâme, supporter d’avoir les projecteurs braqués sur soi et subir les foudres de ses supérieurs, de ses collègues et de l’opinion publique. Yu-Lin connaît cela et bien plus encore. Esther, se voit en cette femme.
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Soupalognon y Croûtons @poly-sama.bsky.social · 23/10/2025
Dans Conjureur, beaucoup se font casser la gueule et d'autres les oreilles. Et ce sont souvent les mêmes. Cassiel n'y échappe pas. Je propose plusieurs heures de silence pour ses tympans ! #Eclatdetexte
Il n’eut pas le temps de finir sa question que la kitsune s’engouffre dans le club et lui adressant un signe de la main. Cassiel lui emboîte le pas, en évitant le regard des deux jorōgumo qui gardent l’entrée. 
Dès le passage des doubles portes, l’ambiance se transforme. La musique aux basses profondes et puissantes agresse Cassiel. Il sent son corps vibrer au gré des décibels. Écrasé par la dysharmonie musicale, il se fige, incapable du moindre pas, du moindre geste. Cassiel sent son corps devenir sa prison. Les sons l’assaillent. Les aigus lui vrillent les tympans tandis que les graves l’enserrent dans une étreinte de pulsations lourdes et rythmées. La voix féminine, doucereuse, presque caressante lui hante la tête.
 Les lumières lui donnent des vertiges. Les flashs, tantôt rouges, tantôt bleus, forment un effet stroboscopique qui l’hypnotise presque. Piégé dans son corps, la raison de Cassiel se replie sur elle-même, laissant le conjureur en proie à une angoisse insidieuse, sourde qui le broie. Son souffle s'accélère afin de pallier le manque d’air, mais l’ambiance l’écrase, l’air se fait rare et il manque de suffoquer.
Ce n’est que la voix de Sakuya qui ramène Cassiel à la réalité. 
— Ssie… Assie… Cassie ! 
Les yeux de Cassiel papillonnent et le conjureur commence à prendre conscience de son environnement.
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