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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️

@mimiryudo.ficson.fr
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Médecin, scénariste de fictions sonores et de nouvelles, vaguement trompettiste et pianiste

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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
Enfin, Thomas Frese fait la clôture officielle de #WONCAEurope2026
Clôture
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 Remerciements à tous par Paul Frappé, dans un discours inspirant - remerciant aussi le fait qu’on l’ai obligé à apprendre l’anglais. Il évoque un livre reçu par son grand-père MG d’un patient reconnaissant pour ses soins… Et conclut par une inévitable blague.
Paul Le livre La blague
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 … remise du ballon à l’équipe slovène pour la WONCA Europe 2027 (Ljubljana du 9-12 juin 2027), et Viviana Martinez-Bianchi pour Cape Town et la WONCA World du 3-7 novembre 2027.
Ljubljana le 9 juinCape Town
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 Puis Daria George évoque la preconf EYFDM de 350 jeunes MG de toute l’Europe, et remet le Junior Researcher Award 2026, le prix de l’échange… La loterie a permis de gagner 4 places pour la WONCA Europe 2027 en Slovénie…
Prix jeune chercheur Prix échange Loterie
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 C’est Sofie (papier 5) qui repart avec le prix - trois boules Obut aux logos WONCA, CMG… sur un socle personnalisé ! On enchaîne avec les prix : - 5-stars Doctor (Robin Ramsay) - Prix Montegut (Seyma Handan Akyon) - Prix étudiant (Roxane Surugiu, Nicholas Jones)
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 Thomas Frese appelle Jako Burgers rédacteur en chef de l’EJGP pour le papier de 2025 (sur 43 publiés, 31 éligibles, 6 présélectionnés)
Papiers nominésCritères
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 Pauline Girard et Sophie Sun remercient le conseil scientifique et les modérateurs. Remise de prix du public du poster sur les limites de l’antibiothérapie empirique dans les morsures de chat. Prix du CS du poster pour Anna Holst pour 24h de MG
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 On rit toujours avec la traduction approximative de l’IA : ici, le Pr Paul Frappé devient président du monde (une suite logique après son parcours des 18 dernières années au sein du collège 🥲). Aaron Poppleton évoque une nouvelle ère de co-création des projets de l’OMS.
Pr Paul Frappé devient président du monde
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 Quelques dédicaces et un saut aux e-posters pour voir le mien dans la banque de plusieurs centaines… Go to l’amphi bleu pour une session de communications sur le développement des enfants puis la plénière de clôture !
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 @mattcalaf.bsky.social rappelle que le MG est pivot du dépistage mais aveugle (par les strates ajoutées par chaque ministre - et nous en avons eu... !) : identifier facilement les patients éligibles non dépistés à la mémoire, au hasard de la consult, en utilisant les listes AmeliPro
Trop d'alertes tuent l'alerte
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 On termine avec Jophildy Kiambati (Montréal) sur les facteurs associés au bien-être de 11,8 % (1252) médecins de famille en pratique au Québec : un sondage canadien sur le Physician Well-Being Index. Première source d'insatisfaction : la surcharge admin / certificats absurdes....
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 Jean-Philippe Joseph : évaluation de la e-réputation des MG par leurs patients dans les Landes en 2026 car : - Google = 90 % des avis en ligne des médecins - 50 % FR lisent avant en ligne avant consult (77 % 18-34 ans) et jugent déterminants - Vécu souvent négatif
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 Le prochain c'est moi sur la collaboration entre certificats absurdes et 11 CDOM.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 Camille Obert-Marby : étude quali de phénoméno interprétative (13 MG) pour comprendre et explorer le ressenti des MG du Nord et Pas-de-Calais face aux demandes de consultations informelles de leurs familles ("consultations WhatsApp") et leurs conséquences sur vie perso et pro.
Présentation des résultats
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 (Belle) étude TAMGE de SFMG : temps de travail, activité et modes d'exercice des MG libéraux et salariés (étude observationnelle transversale en Nouvelle-Aquitaine et Île-de-France en 2025), par Jean-Luc Gallais. Recueil prospectif auprès de 499 MG sur 2 demi-journées.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 "Les déterminants à l'installation des MG en France : une revue systématique de littérature" présentée par Thomas Morel et Fannie Duchayne (binôme sur 5 min de présentation, cay un peu chaud). 963 études identifiées --> 77 incluses ==> 64 déterminants (n°2 : allègement admin)
Principaux déterminants à l'installation
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/07/2026
#WONCAEurope2026 J’ai raté plusieurs sessions l’après-midi pour un marathon de dédicaces de l’Atlas europeen de médecine générale 😅 Puis il y a eu le gala sur la péniche « le diamant bleu ». On commence ce matin par une session sur les conditions d’exercice de la médecine générale.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 02/07/2026
#WONCA Willy (à la Wonca ^^) Phung, dirigé par Alexandre Malmartel va maintenant comparer la classification de risque cardiovasculaire entre SCORE-2 Diabète (depuis ESC 2023) et SCORE-2 (2021) chez 209 patients DT2 de plus de 40 ans. Le SCORE-2D diminue plutôt (moins d'indication à statine).
RésultatRésultat
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 02/07/2026
#WONCAEurope2026 Thomas Balicki pour "perception de l'HbA1c comme marqueur thérapeutique dans le DT2" dirigé par Dr Charles Cauet (Lille). DT2 = 5,6 % des Français (2023) et 11,1 % de pop adulte mondiale HbA1c = important pour les patients (refuser de subir la maladie, challenge avec le MG).
Caractéristiques de la population
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 02/07/2026
#WONCAEurope2026 On poursuit avec Carmen Iliana Busneag de Roumanie, sur le rôle du MG dans la réhabilitation physique dans le diabète Entraînement physique : échauffement - effort - repos -> continu -> par intervalles Effort isotonique (rameur, tapis...) Effort isométrique (musculation), danse...
Conseils donnés
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 02/07/2026
#WONCAEurope2026 On enchaîne avec : "comment ont évolué les délivrances d'antidiabétiques hors insuline en France entre 2014 et 2025 dans OpenMedic ?" par Martin Bommelaer. En sous-groupe, un peu plus d'iSGLT2 chez les hommes ou si prescrit par cardio/néphro (logique) ; + d'aGLP1 par endocrino.
Nombre de boîtes
Augmentation iSGLT2 surtout
Coût
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 02/07/2026
#WONCAEurope2026 Session diabète. J'ouvre le bal sur le formulaire sur les aGLP1 : pas d'effet sur la prescription d'aGLP1 (voire augmentation après février 2025). MAIS pour la sécu c'est un succès auprès des patients... qu'ils connaissaient et auraient donc pu cibler 🤡
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/07/2026
#WONCAEurope2026 Si conseils, les écrire en début d’ordonnance plutôt qu’à la fin !
Prescrivez la nature
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/07/2026
La prochaine session #WONCAEurope2026 pour moi sera encore en amphi Bordeaux : L'atlas européen de la médecine générale en 60 minutes. Je modère (après une petite intro de 10 minutes). C'est à 15h, et en live sur l'appli WONCAEUROPE2026
Session à venir
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/07/2026
#WONCAEurope2026 La CNAM n'envisage que des scénarios avec augmentation de prévalence des maladies chroniques à l'horizon 2035 (43 % de la population si les tendances récentes se prolongent). La prévention est le "défi de la décennie". --> parcours plus dynamiques sur AmeliPro
Prévention : le défi de la décennieFeuille de route CNAM
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/07/2026
#WONCAEurope2026 Session CMG pour "Rôle du MG dans la prévention : pratiques et outils facilitateurs pour le médecin traitant (Alan Disegni, responsable du département prévention de la CNAM)". C'est à nouveau en direct sur l'appli (accessible en replay)
Live
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/07/2026
#WONCAEurope2026 Le plus efficace : l’entraînement combiné (aérobie et musculation). On peut viser une baisse de 1 % de l’HbA1c. L’exercice est un des traitements du diabète.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/07/2026
#WONCAEurope2026 On termine la session par Julia Panzan, en 4è année de médecine au Brésil, avec une revue de littérature sur l’AP dans le DT2. ==> impact des interventions d’exercice structurés sur le contrôle glycérique. PRISMA 2020, PubMed, Embase, Cochrane. 11 études incluses (3534 participants)
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/07/2026
#WONCAEurope2026 2 ans après : un succès ! Tout a commencé avec deux étudiants à la MSPU Corneille (Lucile Fauquette et Thomas Rizzo, qui présentent demain !), qui devient maison sport-santé depuis 1er juin 2026 (avec travaux de recherche prévus sur les indicateurs).
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/07/2026
#WONCAEurope @janbaran.bsky.social va nous parler de la naissance du GRAPPE… et parle quand même de football (vu la victoire de la France hier soir, c’était normal 😅). L’année DJ a motivé à la rencontre « enseignants en activité physique » et internes MG en quête de thèse…
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/07/2026
#WONCAEurope2026 Activité physique chez le jeune enfant : - peu structurée - peu d’étude (surtout anglo-saxonne) - recos OMS : 180 min d’activité physique (dont 60 min intense chez 3-4 ans), < 1h immobilisation… Donc questionnaire EPAC.
Analysé multi variée Dans la littérature
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/07/2026
#WONCAEurope2026 Cette session avec @valmasdel.bsky.social pouvait se suivre en live sur l'appli WONCAEurope2026 (en cliquant sur la session > regarder le live). Des températures de 50°C pourraient être atteintes à Paris en 2050, et le nombre de jours de vague de chaleur multiplié par 10.
Illustration de la session en live
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 30/06/2026
#WONCAEurope2026 Résumé de la première journée, avec quelques photos de la soirée au Louvre ! x.com/threadreader...
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 30/06/2026
#WONCAEurope2026 Un premier bingo est prêt… 😁
Bingo WONCA Europe 2026
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 14/05/2026
J’ai enfin pu lire la BD de @sanaga.bsky.social et @raveaudgilles.bsky.social « la bourse et la vie » ! J’ai beaucoup aimé : ça permet d’avoir une autre vision de l’économie… (et le parallèle est assez amusant avec la santé où je me dis souvent « sapristi, y a tant de choses évidentes à changer »)
La bourse et la vie
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 02/03/2026
Et puis il y a aussi ce cadre que tu m’as fait remettre par Eva TJP et tes parents aujourd’hui, pour notre dernier au revoir… tu savais que je l’aimais également ❤️ Merci pour ce cadeau. Tu vas me manquer, François. 11/11
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 14/12/2025
Depuis 2 semaines je lance une expérience dans ma ville (Outreau) : une co-création de programme pour donner des idées à ceux qui se présentent avec des noms, des étiquettes… mais gardent secrètes leurs idées jusqu’à la dernière minute (par peur que la concurrence leur pique ?)
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 10/12/2025
Allons allons, on ne met pas 4 mois pour lire et publier 30 pages… 🤪
Bonjour,
Nous avons bien reçu votre manuscrit que nous allons examiner avec attention. Sans réponse de notre part dans un délai de quatre mois, vous pouvez considérer que votre ouvrage n’a malheureusement pas été retenu en vue d’une publication.
Cordialement,
Les éditions Fayard
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 09/12/2025
Et... 10 décembre (jour de parution du livre de Nicolas Sarkozy) #MimiAvent2025
Jour 13. 
Pour des raisons de sécurité, le directeur de prison ne se rapproche jamais du quartier. Quand il débarque dans la coursive ce matin, avec son chapeau, son costume, ses chaussures cirées, il surprend donc tout le monde. Escorté par trois surveillants, dont le chauve de la salle du sport, il s’approche de ma cellule. 
« Monsieur Fridrick Fridrickson ? me demande-t-il.
— C’est moi. 
— Vous êtes libre, monsieur.
— Par… pardon ? »
Un gardien ouvre la porte, puis rassemble mes affaires dans un sac « France Cantine ». Ils m’indiquent le chemin. Une minute plus tard, je marche devant les cellules de mes co-détenus, qui s’en donnent à cœur joie.
« Tout pour les mêmes ! 
— Les voyous dehors. 
— Tu vas me manquer, Mandarine. 
— Pars en paix !
— On savait que tu ne ferais pas quinze jours.
— Crapaud. »
J’avance silencieusement. Je dois garder la tête droite, avancer à un rythme suffisamment rapide pour m’échapper des médisances, et suffisamment lent pour préserver la solennité de l’instant, de mon long chemin vers la liberté. 
Nous nous dirigeons vers le greffe pénitentiaire. 
« Qu’est-ce qui s’est passé ? demandé-je enfin, en signant mon bon de sortie. Mon avocat a été plus rapide que prévu ? 
— Vous n’êtes pas au courant ? me répond le directeur. 
— Non, de quoi ? 
— L’article de presse ! Regardez… » 
Mon portrait la Une du Courrier Éclair, sous le titre « Un héros en prison ». 
« Qu’est-ce que ça signifie ? 
— Quelqu’un a diffusé votre article scientifique à la presse. Et puis après, vous savez comment c’est : les ordres descendent, descendent, descendent, et paf, vous êtes libre. »
Le surveillant chauve m’adresse subrepticement un clin d’œil.
« C’est incroyable ce qui est écrit là-dedans… continue le directeur en tapotant le journal.
— Vous savez, ce sont des résultats préliminaires… 
— Vous avez augmenté de 420 % la pousse capillaire en trois semaines. 
— Oui, sur des souris avec un gène muté… 
— C’est fou. Et vous avez un résultat qui est statistiquement significatif en plus.  
— Oui, c’est souvent le cas dans les études… Et puis vous savez, moi j’ai surtout fourni l’argent… 
— N’en parlons plus, vous avez bien fait. Allez, signez là ! » 
J’appose mon parafe sur la notification de libération conditionnelle. Le greffier me rend mes affaires : lacets, carte d’identité, vêtements… Je suis resté treize jours, mais tout est poussiéreux, comme si le temps s’était écoulé différemment, et avait été suffisant pour écrire deux cents pages. 
Le greffier me remet un chèque avec la somme restante sur le NED. Je signe un nouveau papier. Tout ça manque cruellement de panache. J’envie Jojo et ses évasions rocambolesques ; j’aurais préféré m’échapper en hélicoptère dans un nuage de fumées, plutôt qu’à signer une fiche de remise d’effets personnels. 
Le directeur m’accompagne jusqu’à la porte de sortie principale. 
« Vous savez quand j’ai compris que vous ne resteriez pas longtemps ? me demande le directeur sur le chemin. 
— Non ? 
— Quand on m’a dit que vous lisiez la version abrégée pour collégiens du Comte de Monte-Cristo. Je me suis dit : « voilà quelqu’un qui sait ce qu’il fait ». Quel génie !
— Comment ça, la version abrégée ? Elle fait 336 pages ! 
— Hahaha ! Et quel humour pince-sans-rire. Je vais presque regretter votre départ. Mais nous ne pouvons pas garder les héros en prison… Allez, le monde vous attend, en vous tendant les bras. Rejoignez votre Nation reconnaissante. »
Je le remercie, tout en me disant que c’est sans doute excessif pour une souris passée de 10 à 52 poils sur la tête.
La porte massive s’ouvre. 
Derrière, personne ne m’attend.
Je me mets en marche, un pied devant l’autre, les bras en contrepoids : on ne sait jamais qui regarde.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 08/12/2025
9 décembre. #MimiAvent2025
Jour 12. 
« Mandarine ? » 
A peine réveillé, j’entends une voix familière de l’autre côté du mur. 
« Jojo ? » 
Je pose la question avec un ton chargé de doute. En même temps, si un surveillant pense que j’ai des hallucinations, ça devrait jouer en ma faveur pour une libération précoce.
« C’est moi. 
— Tu es revenu me chercher ? 
— Oui, on peut dire ça comme ça.
— Mais tu es où, là ? Dehors ? 
— Non, il fait froid dehors. Je suis là, juste à côté. Dans ma cellule.
— Attends, mais… les gardiens sont au courant ? 
— Bien sûr, c’est eux qui m’ont ramené ici.
— Ah, tu as déjà été repris… 
— Oui, on peut dire comme ça aussi. Et toi, pourquoi tu n’es pas venu ? 
— J’étais retenu. »
Je préfère passer pudiquement sur l’épisode récent avec mon voisin de cellule. La suspension des promenades et activités a permis de rendre ma mésaventure parfaitement discrète au sein de la prison, et j’aime autant qu’il en soit ainsi, pour limiter le risque de quolibets déplaisants (déjà que certains me surnomment Nelson Maminova).
« Tu écris toujours ? me demande Jojo.
— Oui, souvent le soir, d’un seul jet. 
— C’est pas le seul truc que tu fais par jet, Fridrikson », répond une voix lointaine et goguenarde, qui m’incite à couper court à la conversation. J’ai sans doute surestimé la discrétion offerte par les murs de prison. 
L’après-midi, je rencontre mon avocat au parloir. J’y suis seul ; je crois que pour des raisons médiatiques ou politiques, j’ai un traitement de faveur : j’ai une cellule pour moi tout seul et des coursives désertes lorsque je sors de cellule, comme là. 
Maître Ruban m’apporte de bonnes nouvelles : ma demande de libération conditionnelle avance. C’est moins héroïque qu’une belle évasion réussie, mais il faut parfois céder au pragmatisme, d’autant que la sécurité va être renforcée après la permission prise par Jojo — qui s’est auto-autorisé une sortie, comme nous le faisions tous entre mars et mai 2020 pendant le confinement.
« Ça va prendre un peu plus de temps pour obtenir votre libération, commence mon avocat. 
— Pourquoi ? 
— A cause du pont à venir. Tout le monde va le prendre. Par exemple, moi, ce week-end j’ai prévu d’emmener ma femme et les enfants à Étretat. 
— Ah.
— C’est pas loin, et ça nous dépayse tout de suite. Moi à chaque fois que je prends la route comme ça, je me sens libre. C’est marrant comme sensation.
— J’imagine. 
— Mais c’est peut-être maladroit de vous parler de tout ça… » finit-il par se rendre compte.
Une fois cette agaçante rencontre achevée, je me dirige vers la petite salle de sport, où j’avais réservé un créneau. Le surveillant est le maton chauve qui avait fourni les plans et horaires utiles à l’évasion de Jojo.
« Toujours là ? me demande-t-il. 
— Malheureusement… J’ai raté la fenêtre.
— J’ai cru comprendre que vous êtes plus allé à la courante qu’à la coursive pendant ce temps-là. »
Je souris, en songeant que j’ai définitivement beaucoup trop surestimé la discrétion en milieu carcéral.  Je retrouve le vélo d’appartement, avec son câble de vitesse qui pendouille. Après trois kilomètres, je descends et, les jambes flageolantes, me dirige vers le rameur… L’appareil est aussi fatigué que moi ; après une dizaine d’aller-retours nous convenons d’un commun accord que nous ne nous ferons pas souffrir plus longtemps. 
Ma séance de trente minutes se termine ainsi au bout de quinze. Le surveillant s’approche de moi. 
« On m’a beaucoup parlé de vous, vous savez. 
— En bien ? 
— Évidemment ! Il paraît que vos recherches vont bientôt aboutir ?
— C’est encore très préliminaire… Pour l’instant, on teste sur des… 
— Ne faites pas le modeste. Et si vous avez besoin d’aide ici, pour « le sport » (il imite les guillemets avec les doigts), eh bien n’hésitez pas. Ça me fera plaisir de vous « conseiller » à nouveau, pour bien réussir vos « exercices ». Après tout, le sport, ça permet déjà de s’évader un peu… »
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 07/12/2025
8 décembre. #MimiAvent2025
Jours 7 à 11.
Aujourd’hui, le gros Jojo est parti. Ou peut-être hier, je ne sais pas. Je n’ai malheureusement pas pu l’accompagner. J’ai reçu un message de la cantine : Rappel conso. Yaourt contaminé. Suspicion de Salmonelles.
La confirmation fut rapide. Pendant ces cinq jours, le temps a filé à toute vitesse : j’étais devenu un avion de chiasse (toujours déterminé à atteindre sa cible). J’ai tant donné à ces yaourts pendant cette longue période de détention, et voilà comment ils me le rendent ! Nous ne sommes jamais autant trahis que par les siens.
 Le deuxième et dernier rouleau de papier toilette de mon trousseau d’accueil est parti en quelques heures dans cette guerre intestine, sacrifié pour une paix foireuse.
A cause de l’évasion du gros Jojo, tout le monde était à cran dans la prison. Le chef de détention a débarqué dans les coursives, escorté par quatre gardiens. Il a échangé quelques mots au surveillant d’étage, puis est reparti. 
Peu après, on nous a annoncé que le quartier serait fermé, pour le week-end et peut-être au-delà : pas de promenade, pas de parloirs, pas d’activités… Je comptais sur l’échange rapide d’un rouleau sous la veste dans la cour, mais c’est fichu. Ma situation est catastrophique. J’en veux terriblement à la vache, au fermier et à tous ceux qui ont contribué à porter ces bactéries de l’extérieur jusqu’à mes cellules intestinales dans ma cellule carcérale. Nous ne sommes décidément à l’abri nulle part. 
À la suite de l’évasion, toutes les serrures ont été contrôlées le samedi matin, et il y a eu une fouille générale. J’ai profité que les surveillants soient avec moi pour les interpeller quant à mon problème. 
« La prochaine livraison gratuite est prévue la semaine prochaine, m’a-t-il répondu.
— Mais qu’est-ce que je fais en attendant ? 
— Tu peux en commander par six à la cantine… 
— Six ? Vous n’avez pas de pack de 12 ou de 24 ? J’ai les moyens, vous savez. 
— Non, c’est trop dangereux. 
— Comment ça, trop dangereux ? 
— Ca se brûle… Et puis pour nous, ça rend la fouille plus longue. Sans compter que c’est une monnaie d’échange : on ne veut pas que tu spécules. 
— Moi, spéculer sur du PQ ? Quelle indignité !
— Fais pas le malin, on te connaît. Commandes-en déjà six, ça sera livré après-demain normalement. A moins que ça ne soit retardé avec l’évasion … 
— Et en attendant ? 
— Tu peux déposer une demande de soins, pour voir l’unité sanitaire. Ils pourront te donner un rouleau supplémentaire, et des médicaments. 
— Ils sont disponibles quand ? 
— Après-demain. Là c’est le week-end.
— Mais concrètement, là, je fais comment ? 
— Trouve du papier où tu peux… » a conclu le gardien en haussant les épaules. 
Je suis donc retourné sur le NED, pour passer commande à la cantine. La page de ces satanés yaourts m’a déclenché une nouvelle nausée ; je l’ai passée comme on détourne le regard d’un ami qui nous a ravagé de l’intérieur. A la page des produits d’hygiène de base, j’ai trouvé un pack de six en double épaisseur. Avec un peu d’artisanat, ça vaudra un pack de douze. 
En raison de ce stock limité, les quarante-huit premières heures ont été particulièrement décisives. Certains choix ont dû être faits, et s’il ne reste aujourd’hui que ces quelques pages pour décrire mes cinq jours de détention, cela tient au sacrifice de la première version à des fins hygiéniques. Nous n’avons pas le droit de garder plus de 50 feuilles à la fois (« trop dangereux ») et avec les différentes ratures, j’arrivais au bout de ma ramette. La commande de 50 nouvelles pages pour mon journal carcéral a été retardée de deux à cinq jours en raison de l’évasion de Jojo : par sa faute, la littérature a dû être abandonnée au profit d’un confort personnel très relatif.
J’ai également failli condamner les pages glacées d’Alexandre Dumas, mais par une ficelle (un bout de drap déchiré), mon autre voisin m’a fait parvenir un rouleau de papier. En échange, je lui ai transféré un sachet de café — je n’en bois pas, mais j’en avais acheté quelques paquets les premiers jours, pour me payer une protection en cours de promenade. 
Je pense que le surveillant d’étage a vu cet échange, mais a fermé les yeux. Peut-être que son collègue chauve lui a parlé de moi. A moins qu’il ne veuille pas se faire taper une nouvelle fois sur les doigts… 
Une fois guéri, j’ai pu voir le médecin, qui m’a confirmé que c’était probablement une salmonellose.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 06/12/2025
7 décembre... #MimiAvent2025
Jour 6.
Le Mont-Blanc est incroyable. C’est vraiment un produit phare de notre culture, à côté de la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe ou le Mont-Saint-Michel. Il n’y a rien d’étonnant au fait qu’il soit toujours là, parmi nous, depuis 1952. Il fait partie de nos racines maintenant ; c’est un produit iconique que tout Français devrait vénérer et avoir chez soi. 
Sur le NED, je vois que je peux m’en commander 4 Héritage saveur vanille. Je salive devant ma tablette... Mon problème, c’est qu’ils doivent arriver après-demain ; or, l’évasion est prévue demain. 
J’hésite… La commande permet d’éviter tout soupçon. Si on réussit, j’aurai de tout façon des difficultés d’accès à mon compte bancaire. Au moins si on échoue, j’aurai un moyen de consolation particulièrement efficace… Mais de toute façon, nous allons réussir ! Comme je l’ai déjà dit, je suis un avion de chasse, déterminé à atteindre sa cible (c’était un des éléments de langage de ma première campagne, qui m’avait permis d’obtenir les voix du club d’aéromodélisme, ce qui avait fait la différence). 
L’autre option, ce serait de reporter l’évasion après la réception des yaourts. En réalité, nous ne sommes pas à quarante-huit heures près. Il faut que j’en parle avec mon complice. 
« Euh… Jojo ? 
— Qu’est-ce qu’il y a ? 
— Je voulais te dire, par rapport à… au…. Truc qu’on a prévu demain. 
— L’évasion ? 
— Voilà, mais chut… Il faut qu’on en parle différemment. Disons que c’est un film qu’on va regarder, sur la télé… C’est ça, notre « truc » de demain. 
— Ah oui, je vois, on va parler en code. 
— Oui voilà… Je me demandais : est-ce qu’on pourrait le regarder un autre jour ce film par hasard ?
— Pas vraiment, me répond le gros Jojo. Il faut que l’équipe de tournage soit présente, si tu vois ce que je veux dire… 
— Bien sûr… 
— L’acteur principal doit nous guider lui-même jusqu’au cinéma. Et il faudra payer le ticket plein tarif. »
Je commence à perdre le fil de la métaphore filée. Il faut dire aussi qu’un Danette Expresso me nargue en parallèle sur le bureau, à côté des pages que je noircis pour le présent ouvrage. J’effeuille le yaourt. 
« Pas de carte de réduction, ça c’est sûr, continue le gros Jojo. Mais pour une séance de cinéma de plein air, ça vaut le coup, si tu vois ce que je veux dire… »
Je me contente de faire des « hum hum » entre deux cuillères délicieusement parfumées au café, en essayant de comprendre le déroulé réel du plan pour demain. Jojo est un spécialiste des évasions, mais il ne brille ni par sa discrétion, ni par sa pédagogie. Il est probable que ces deux points aient contribué à augmenter également son expertise en arrestation. 
« Si tout se passe bien, le compositeur a prévu une surprise avec le chef des effets spéciaux » complète-t-il, en faisant sûrement référence à des fumigènes et une musique. 
Posé négligemment sur la table, le verso de l’opercule m’invite à réfléchir à la question suivante : « si tu pouvais partager une Danette avec célébrité, avec qui voudrais-tu le faire ? » 
La question est ardue ! Déjà, est-ce qu’on a le droit à des célébrités décédées ? Et est-ce qu’il faut tenir compte de la barrière de la langue ? 
« Voilà ! Comment tu le trouves ? m’interroge Jojo.
— Hummm…. Authentique et savoureux. 
— Le plan ? s’étonne-t-il.
— Ah ! Oui, il est bien aussi. Dis, j’ai une question : si tu devais partager un bon moment avec une célébrité, tu choisirais qui ? 
— L’architecte de notre prison. J’aurais deux-trois questions à lui poser, justement.
— Moi aussi. Pourquoi tout est tout gris ? Et pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de fenêtres, alors qu’on reste enfermés 23 heures sur 24 ? Enfin, c’est une bonne idée, mais ça n’est pas vraiment une célébrité… 
— Sinon Alexandre Dumas, ajoute Jojo. 
— Ah, c’est amusant. Je suis en train de lire le Comte de Monte-Cristo. 
— C’est mon livre favori ! Tu en es où ? 
— A la ligne 15. J’ai lu aussi l’encadré sur Marseille. 
— Ah, on ne doit pas avoir la même édition. 
— J’ai dû mal à lire en ce moment, j’écris surtout… Je profite de mon séjour en prison, surtout qu’il promet d’être court.
—	Tu l’as dit ! Demain, nous sommes dehors ! »
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 05/12/2025
6 décembre ! Joyeuse fête de Saint-Nicolas :) #MimiAvent2025
Jour 5. 
Hier soir, le gros Jojo m’a conseillé de prendre la télévision. 
« On peut avoir la télé en prison, lui ai-je demandé à travers la bouche d’aération, par laquelle nous communiquons.
— Bien sûr ! C’est 10 euros la semaine, ou 40 le mois. Tu gagnes quelques jours, si tu prends au mois.
— Sauf en février, a précisé un autre codétenu en s’intégrant dans la conversation. 
— Oui, sauf les années bissextiles, a répondu le gros Jojo.
— Bien sûr.
— Eh oh, j’suis pas bissextile, moi, a lancé une voix au loin. 
— C’est pas donné, mais ça occupe, a complété un quatrième prisonnier.
— Viens m’le dire en face si tu crois qu’j’suis bissextile !  
— Mais bon, comme on projette de s’évader bientôt, il faut mieux que tu prennes à la semaine », a cru bon d’ajouter Jojo. 
Plus personne n’a osé ajouté quoi que ce soit de constructif, à part des « ouais », « hum hum », « bissextile ta mère », « allez, bonne soirée » et « mais qu’il est con ». 
Ce matin, je me connecte sur le NED pour commander la télévision. D’une part, ça me fera de la compagnie et d’autre part, ça permettra de faire croire à l’institution pénitentiaire que je compte rester, pendant que mon esprit travaille à plein régime sur un plan d’évasion. 
En parlant de régime, j’en profite pour commander quatre nouveaux yaourts aux fruits, ainsi qu’un lot de Mont-Blanc — mon seul réconfort dans le monde carcéral. 
Quelques heures plus tard, le maton chauve vient avec son chariot de distribution cantine. Il me tend le sac France Cantine avec les nouveaux yaourts. Je me précipite pour regarder le parfum de ceux aux fruits. La mangue me surprend agréablement, là où la colère se mêle à la déception lorsque je sors les suivants à la rhubarbe. Ah, ils osent se moquer de moi ! Ils verront, lorsque j’aurais ridiculisé toute leur sécurité en m’enfermant dans une valise (mon plan a changé cette nuit, tout ça reste à définir)… 
« C’est vrai, ce qu’on dit ? » 
Je me retourne vers le gardien, en train de fixer le téléviseur au mur . 
« Quoi ? 
— Vous avez détourné de l’argent ? 
— Détourné… non ! En tant que maire, j’ai collecté l’argent des administrés et je l’ai réorienté vers un projet qui me semblait prioritaire, pour le bien collectif… C’est ça, être élu ! 
— Vous avez mis tout le budget de la commune dans la recherche contre l’alopécie ? 
— Pas tout, juste une bonne partie. 
— Quelle audace ! 
— Ce n’est pas ce qu’en pense la juge… »
Il hausse les épaules, pour signifier sa désapprobation des décisions de justice me concernant. Une idée me vient soudain…
Il se recule avec la télécommande et navigue entre les chaînes de la TNT. Il s’arrête sur Gulli.
« Croyez-moi, vous avez un large soutien derrière vous, m’assure-t-il devant Pat’Patrouille. Vous êtes un héros… 
— Une victime d’erreur judiciaire, surtout…
— Vous devriez faire appel », me conseille-t-il. 
L’écran illustre sa proposition avec un homme téléphonant à un chien pompier. 
« Oui et après, je fais un pourvoi en Cassation, je connais bien tout ça. 
— Quoi que vous fassiez, votre place est dehors, pour le bien de tous ! »
Je souris. C’est le moment ou jamais !
« Sur ce point, vous pouvez peut-être m’aider… »
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 04/12/2025
5 décembre... (je n'ai plus d'avance 😅) #MimiAvent2026
Jour 4.
Je me réveille ce matin, la tête posée sur la page 1 du Comte de Monte-Cristo. J’ai dû m’endormir dessus hier. Depuis mon arrivée, j’ai écrit plus que je n’ai lu… Certains diront que je suis en résidence d’écriture, que je profite d’une pause tranquille, mais c’est faux ! En prison, mon esprit est toujours occupé avec cette idée, dont j’ai encore rêvé : l’évasion. 
Je ne me vois plus sortir de prison autrement désormais. C’est devenu une évidence, il va falloir que je m’évade. Il faudra que ça soit spectaculaire, avec des hélicoptères, des explosions — voire les deux. Ou au contraire, si on manque de budget, une sortie très discrète mais d’une grande finesse intellectuelle : par exemple, un jour tous les détenus porteront un masque à mon effigie fabriqué en papier mâché, et pendant que les gardiens s’échineront à démasquer tout le monde à ma recherche, je sortirai caché derrière le faciès d’un surveillant ou du directeur. Ma femme m’attendra devant la porte de prison, prête à démarrer. 
Pour ce plan-ci, il me reste évidemment de nombreux points à régler, dont les trois principaux sont : faire une copie des clés de toutes les portes à traverser ; apprendre à fabriquer des masques crédibles en papier mâché ; me marier avec une femme qui a le permis B. 
Afin d’explorer toutes les options mises sur la table en matière d’évasion, j’ai tenté ce matin de creuser le mur de ma cellule avec les cuillères en plastique fournies avec les yaourts. Cette voie est clairement une impasse. 
Le midi, le menu du jour m’incite à prolonger ma semi-grève de la faim et de m’attaquer à la dégustation de quatre yaourts vanille — ou trois vanille et un framboise, je ne me ferme aucune porte à ce stade.
L’opercule s’ouvre relativement facilement, un 7 sur 10 pour moi. Le yaourt a une magnifique robe, brillante et intense ; le nez est expressif de lait et de vanille. En bouche, c'est un subtil équilibre entre plaisir immédiat et complexité. Sa structure est belle : le produit possède une belle pureté et une rondeur harmonieuse. Si tout pouvait être comme ce yaourt…
Une fois le deuxième pot achevé, une idée folle me vient : et si je tentais un mélange vanille-framboise ? J’ouvre fébrilement les deux derniers yaourts de mon repas, et commence des associations en proportions variées. L’option tiers vanille et deux-tiers framboise manque de consistance. Celle moitié-moitié est intéressante, mais laisse trop peu de place à la vanille. Enfin, je m’attarde sur la répartition tiers framboise et deux-tiers vanille, qui écrase littéralement la concurrence.
En terminant mon repas, je me dis que je viens d’inventer ma première recette de cuisine. L’émotion est forte : je rentre aujourd’hui dans la grande famille des cuisiniers. Je deviens un créateur culinaire, un aventurier des saveurs inconnues…
C’est la tête pleine de voyages que je me dirige vers le parloir en début d’après-midi. Ma première visite est mon ancien employeur, Johan Johannson. 
« Bonjour Fridrick, ça va ? 
— Tranquillement… Je suis en prison, quand même. Qu’est-ce qui t’amène ? 
— Rien, je suis juste venu te voir… Tu sais, on parle souvent de nous deux ensemble… Et j’ai su ce que tu as fait… 
— Et ça t’a plu ? 
— Je ne suis pas encore vraiment concerné… Mais j’avoue que j’ai du mal à comprendre : qu’est-ce que tu as fait des droits d’auteurs de ta musique ? 
— Je les touche encore chaque fois que « Danse avec les chèvres » est rediffusé … 
— Justement alors ! Qu’est-ce qui t’a pris de détourner tout le fric de la ville ? 
— La recherche ! 
— D’accord, mais là tu as quand même privé les enfants d’un bus scolaire. 
— C’est vrai… 
— Tu as bloqué tous les investissements… Et c’est sans compter le colis de Noël des seniors, qui ne ressemblait à rien cette année… 
— Que veux-tu ? J’avais un rêve, je l’ai suivi : la recherche avant tout ! 
— Oui, enfin… La recherche contre l’alopécie hein ! 
— Et on y était presque, on allait la vaincre : chez les cobayes, il y a une repousse.
— Très bien, si ton projet dans la vie, c’est de pouvoir faire des tresses à des souris, ça te regarde. Mais juste, essaie de faire en sorte qu’on n’associe plus trop nos deux noms tant que tu es en prison ». 
Tant que je suis en prison… c’est un nouveau choc qui me ramène à la réalité : il faut que je m’évade.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 03/12/2025
4 décembre ! #MimiAvent2026
Jour 3. 
Au cinéma, on pense au pop-corn : même si on n’a pas l’intention d’en manger, on le voit, on le sent, on l’entend, et tout nous y ramène.
De la même façon, la prison appelle l’évasion. Si on passe outre mon quart d’heure de vélo d’appartement d’hier, je ne suis pas très sportif ; pourtant, j’ai passé mes deux premières soirées à imaginer des plans de sortie requérant des aptitudes athlétiques dignes de médaillés olympiques. C’est comme ça, on n’y peut rien : c’est le syndrome Monte-Cristo sans doute.
Ce matin, j’y pense encore.
L’évasion. Je vois déjà les gros titres : « Fridrick Fridrickson, le maire monte-en-l’air ». C’est avec ce genre de projets qu’on renaît dans les sondages ! Sans doute que je finirai sur un plateau de télévision, à expliquer pourquoi je suis la nouvelle idole des enfants.
L’autre façon de s’évader de prison est de commander un peu d’extérieur, pour nous réchauffer le cœur. En fin de matinée, un maton chauve passe avec son chariot pour la distribution cantine. Il me tend un sac plastique floqué « France Cantine », avec huit yaourts à la vanille et huit fruités — quatre à la framboise et quatre à l’abricot. Nous ne pouvons pas choisir les parfums, et j’avoue que ce manque de diversité me frustre : où sont la fraise et la pêche ? La banane ? Je ne parle même pas de mûre, de myrtille ou d’autres saveurs plus rares. D’abord on me prive de ma liberté, et maintenant on m’impose des yaourts à l’abricot : j’enrage contre ces pratiques moyenâgeuses.
Résolu, j’ouvre quand même le premier yaourt. Je vais alterner framboise – abricot – abricot – framboise, afin de commencer et terminer par le meilleur. On m’a toujours dit que la première et la dernière impression étaient les plus importantes, et qu’on se moquait bien de ce qu’il y avait au milieu. C’était aussi mon mode de gestion pour le mandat : commencer fort, finir fort, et improviser au milieu. Le tout avec un certain succès, si on excepte ce passage par la case prison…
Je regarde le yaourt : il est clair, légèrement brillant, sa robe est finement dorée. Je fais tourner légèrement le pot, et soulève l’opercule pour libérer les arômes de framboise. C’est légèrement boisé… J’en porte une première cuillère sur le bord des lèvres : l’attaque est douce, la structure est bien équilibrée. Harmonieux et long en bouche, c’est clairement un grand yaourt qu’il m’est donné de goûter ici. Je le défonce en quatre coups de cuillères. 
A peine terminé, je fais une pause avant d’attaquer les suivants. 
C’est à ce moment-là que j’entends une voix étouffée au-dessus de ma tête. 
« Eh, mandarine ? 
— Jojo ? 
— C’est moi ! Ça te dirait de t’évader avec moi ?
— Euh… tu crois qu’on peut en parler comme ça ?
— Bien sûr, fais-moi confiance ! »
Intérieurement, je me demande s’il faut vraiment accorder sa confiance à un surnommé « gros Jojo » qui vous hurle dans les conduits d’aération de la prison qu’il veut s’en évader avec votre complicité. 
« Tu es là pour quoi, toi ?
— C’est une longue histoire, répond le gros Jojo. Je suis ici parce que je me suis évadé. 
— Ah. Mais tu étais en prison pour quoi avant ? 
— Évasion. Et toi ?
— Moi, oh… tu n’es pas au courant ? Ça a fait le tour de la presse… » 
De nouvelles voix surgissent dans les conduits. 
« Oh si, on sait ce que t’as fait !
— Ouais ! Tu as détourné tout l’argent de ta ville…
— Crapule ! 
— Je ne l’ai pas détourné… 
— Ah oui, je comprends, tu es innocent, comme nous tous… 
— Crapaud !
— Je n’ai rien détourné, répété-je. J’ai réorienté le budget de la commune vers une recherche d’intérêt majeur. Être visionnaire est devenu un délit dans ce pays… 
— Eh oh, silence là-dedans ! Les murs ont des oreilles. » 
Nous arrêtons notre conversation collective. Il faudra que je croise le gros Jojo au plus tôt, pour reparler de cette histoire d’évasion.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 02/12/2025
3 décembre. #MimiAvent2026
Jour 2. 
Je n’ai pas dormi. A deux heures du matin, les voisins se sont mis au chant grégorien, et ce n’est pas un art qu’ils maîtrisent suffisamment pour le pratiquer de nuit. Bien que présente, la police n’a rien fait.
Je ne peux pas tolérer ça. Il me faut une réponse ferme, un geste fort. Après avoir consulté le menu du jour, j’annonce une grève de la faim. A 11 heures 20, lorsqu’arrive la gamelle, je la refuse avec une belle dignité.
« Tu fais grève contre quoi ? me demande le surveillant, d’un ton blasé.
— Contre le tapage nocturne qui m’empêche de dormir.
— Tu n’as qu’à commander des boules quiès à la cantine ! T’as bien des sous sur ton pécule ? 
— Oui. 
— Evidemment ! Tout le monde sait que t’es riche, avec ta musique de film ! 
— Riche, c’est vite dit… j’ai beaucoup dépensé dans ma campagne électorale.  
— En tout cas, tu peux commander ce que tu veux sur le Ned. 
— Le ned ?
— Numérique en détention. La tablette là, sur le mur. Tu peux vérifier son solde cantinable, et choisir tes produits. » 
Je regarde l’écran, me connecte à mon espace personnel avec mon code, et cherche des boules quiès.
Je fais défiler la cantine tabac, boissons, épicerie, produits laitiers, fromag… Quatre yaourts fruités pour moins d’un euro pièce ? Et les crèmes vanille au même prix ? Tentant… et bien en-dessous de mon plafond hebdomadaire. 
Je poursuis mon exploration du supermarché interne virtuel. Je peux commander quelques revues. Télé Poche, Télé 2 semaines, Voiles et Voiliers… Si je prends celui-ci, on m’accusera encore de détourner de l’argent public. Foutaises ! Le juge n’a rien compris : je fais progresser la science, voilà tout !
J’ai terminé le catalogue : pas de boules quiès. Il faudra que je patiente jusqu’à la cantine exceptionnelle du mois, pour passer commande. Si je suis encore ici, parce que mon avocat va essayer de me faire libérer à court terme…
En attendant, je me rabats sur les yaourts, ce qui met un terme à mon acte de résistance par la grève de la faim. 
En début d’après-midi, je me remets un peu de sport. Avant d’entrer en prison, je me disais que je pourrais faire du gainage, des pompes et des tractions à longueur de journée, pour sortir physiquement métamorphosé. Les gens auraient alors pensé : « tiens, le maire est sacrément musclé, il ne rechigne pas à l’effort, je dois voter pour lui lors des prochaines municipales ». Mais avant de m’engager dans des efforts intenses, j’opte pour une remise en forme progressive en chevauchant un vélo d’appartement du siècle dernier. La vitesse y est déterminée par un câble entre la roue avant et le compteur, qui se décroche régulièrement, si bien que je passe la moitié de la séance de sport à le raccrocher. 
L’autre moitié, je pédale et je pense… 
Je pense au livre. Depuis hier, j’ai relu trois fois la première page du Comte de Monte-Cristo, en me posant un tas de questions sur les lieux évoqués (Smyrne, Trieste, le château d’If, le cap de Morgion, l’île de Rion, le fort Saint-Jean…). 
Je pense à mon ancien travail de compositeur de musiques de films. Depuis la bande-originale du film de Johan Johannson (Danse avec les chèvres, c’est moins dangereux que les loups), je n’ai plus rien écrit. Le succès de cette œuvre, les récompenses… tout ça m’a donné la peur de la suite. « Et si je décevais ? » m’étais-je dit, avant de m’orienter vers la politique, pour être sûr d’avoir la réponse à cette question.
Après quinze minutes de pensées diverses et variées vient le temps de la douche. Évidemment, en prison, des clichés nous viennent immédiatement. La réalité est heureusement très différente, et on peut y faire de belles rencontres.
« Il sent bon, votre gel douche, c’est à quoi ? demande un homme dans la cabine voisine.
— Euh, c’est mandarine.
— J’aime beaucoup. 
— Merci. Vous en voulez un peu ? 
— Volontiers. »

C’est ainsi que je sympathise avec le gros Jojo, avant même qu’il ne soit question d’évasion dans le quartier VIP.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/12/2025
2 décembre - suite du jour 1 .
Derrière les smartphones, certains spectateurs me hèlent :
« Bon courage, Monsieur le Maire !
— Soyez fort ! Vous allez sortir. 
— Fridrick, un autographe ! me réclame une fan, en me tendant mon précédent livre (Résolution). 
— Le club compte sur toi, Président, me lance un membre du club de belote dont j’ai oublié le nom (avec le mandat municipal, j’ai hérité des titres de président d’honneur auprès de différents organismes, clubs et associations). 
— On est avec vous dans ce combat », ajoute un chauve que je vois pour la première fois.
D’autres croient utile d’ajouter des invectives : « voyou », « crapule », « crapaud »… Les deux premières, souvent entendues, m’indiffèrent ; la troisième m’intrigue. 
Qui insulte son prochain de crapaud à notre époque ?
C’est ma dernière question d’homme libre. Je me retourne une dernière fois vers un soleil qui ne se montre pas, et fait le premier pas vers l’inconnu. Dans quelques instants, les policiers partiront et me laisseront seul devant l’équipe pénitentiaire, seul devant mon destin. Je mesure combien l’instant doit paraître solennel pour tous les spectateurs présents.
« Bonjour, c’est le livreur Amazon, on a un colis pour vous ! s’exclame le plus jeune des deux policiers en arrivant à la loge.
— Il ne rentrait pas dans la boîte aux lettres…, complète le deuxième, en me désignant.
— On va avoir besoin d’une signature, rajoute le premier, pour filer la blague jusqu’au bout.
— Vous êtes cons ! Ça va, les gars ? On se voit souvent en ce moment !
— La routine… On met des voyous en prison.
— Vous avez les papiers de celui-ci ? » 
Le gardien vérifie nos identités, ouvre la porte et nous amène dans une première salle aux murs jaune foncé, où le greffier pénitentiaire m’attend. Il lit le papier qui lui a été remis.
« Vous aviez un mandat de maire ? 
— Oui.
— Eh bien maintenant, à cause de vos vices, vous avez un mandat d’écrou. »
Je souris, à défaut d’une réponse adaptée et convaincante.
« Allez, je vous laisse votre sac pour l’inventaire. » 
Une fois le point fait sur mes affaires personnelles, le surveillant du greffe me remet un drap, une couverture et un trousseau d’accueil avec un rouleau de papier hygiénique, du savon et du dentifrice.   
« Pas de shampoing ? 
— Si vous voulez d’autres produits, vous pourrez en acheter à la cantine… Maintenant, je vous laisse retirer votre ceinture, vos lacets et tout cordon ». 
Une fois la fouille passée, je signe quelques papiers. 
Le chef de bâtiment nous rejoint et m’explique brièvement les règles de l’établissement. Il m’emmène ensuite dans une salle avec une table d’examen, aux murs jaune pâle. Une interne entre 20 et 25 ans entre après nous ; elle m’interroge de manière globale sur ma santé pendant une trentaine de minutes. J’ai le droit à une prise de tension artérielle, puis une prise de sang… Prendre ma liberté ne leur suffit pas, il leur en faut toujours plus.
Un nouveau surveillant arrive ensuite. Il m’accompagne aux coursives, jusqu’à ma cellule. Derrière les barreaux, des détenus m’interpellent : 
« Ctève, Fridrickson ! 
— On sait ce que t’as fait, ordure ! 
— Détourneur de pognon, voleur ! 
— Crapule ! 
— Voyou.
— Crapaud.
— Comme vous êtes une personne à risque, m’explique le surveillant entre deux insultes, vous aurez une cellule dans le quartier plus sécurisé. Ça sera plus calme aussi. »
J’arrive enfin dans ma cellule. Je jette mon sac en direction du lit, mais je le rate. Il s’écrase au sol — ce droit que moi je ne m’octroie pas.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 30/11/2025
Pour le calendrier de l'avent, je vous propose de découvrir une oeuvre littéraire, à raison de 2-3 pages par jour (si je tiens le rythme ahah) : - Le journal d'un autre prisonnier - (Toute ressemblance, blablabla). On commence en ce 1er décembre. #AventMimi2026
Préface
En prison, il n’y a pas de shampoing. 
Dans le trousseau d’accueil, j’ai reçu un savon, du dentifrice, mais rien pour les cheveux. A l’image d’une grande ville au XIXème siècle, la chevelure se défortifie en prison. Mais sous les bulbes mourants, il arrive que la vie reprenne. Que l’Homme renaisse. 
C’est ce qui m’est arrivé. 
Laissez-moi vous raconter mon histoire. 
Notre Histoire.
Jour 1.
Marcher droit est plus compliqué qu’il n’y paraît. Dans la vie de tous les jours, nous n’y pensons pas, les mouvements se font naturellement. Par exemple lorsque je sors de ma voiture pour aller à la mairie de Waldinghen, je marche du pas assuré, dynamique, résolu de l’Homme qui a décidé d’aller du point A au point B en ayant recours à la bipédie. Un pied devant, un pied derrière, et je balance mes bras en sens inverse. Tout ça est automatique, direct. Je suis un avion de chasse, déterminé à atteindre sa cible. Si un administré m’observe, il se dit simplement : « tiens, le maire va à son bureau, il ne compte pas ses heures, je dois remettre un bulletin dans l’urne à mon nom lors des prochaines municipales ». Tout va pour le mieux. 
Mais parfois, on sort du cadre de « la vie de tous les jours ». Prenons un autre exemple. 
Aujourd’hui, j’entre en prison. 
L’électorat ne va pas pouvoir se dire simplement « tiens, le maire va en prison, il donne de sa personne, il faut que je revote pour lui l’an prochain ». Pour les convaincre, quand on ne peut pas compter sur ma destination imposée, il ne me reste qu’une chose : ma démarche. 
Chaque détail a son importance, elle ne doit être ni trop lente (pour éviter les commentaires sur ma santé physique), ni trop rapide (pour conserver le côté solennel d’une entrée en prison), ni trop légère, ni trop sombre… Marcher devient un acte de résistance mentale, mais aussi parfois physique. 
Là, je marche dans la rue avec un bagage pour plusieurs semaines, ce qui n’aide pas à obtenir un bel allant des bras. Porter ce sac me tire dans l’épaule depuis trois longues minutes, mais le changer de bras pourrait donner une impression de faiblesse. Je n’ai pas le choix, je dois continuer, pour le public et pour les caméras. Je sais que les images vont traverser les semaines, les mois, peut-être les années. Je n’ai pas envie de me retrouver dans un manuel d’histoire les pieds emmêlés ou les bras décoordonnés, la tête affaissée, paraissant misérable à côté de deux policiers rutilants neufs… 
J’aurais dû prendre une valise. Je me suis dit que c’était plus élégant d’arriver avec un sac à main, que je pourrais jeter dans mon lit en arrivant dans ma cellule, comme on se décharge d’un poids. Ça dégage une autre énergie que la valise à roulettes qui fait kroukroukrou sur les cailloux devant l’entrée. 
Ou à défaut de valise, j’aurais dû moins charger ce sac. C’est toujours pareil quand on part en vacances ou en prison… Je n’aurais peut-être pas dû embarquer le Comte de Monte-Cristo, et opter pour une lecture plus accessible physiquement. Je vais me rompre un tendon d’épaule pour le symbole. 
Il ne reste que quelques mètres avant l’imposante entrée. Enfin… Dans un sursaut, je soulève le sac au niveau de mon bassin pour imposer une image forte à tous les badauds qui filment ma traversée de la rue Victor Hugo, aux côtés des policiers qui m’escortent.
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 01/11/2025
Coucou ! Oui, dans le 3802 :D Je m'étais dit qu'il faudrait que je refasse un nouveau scénario mais pas pris le temps...
Mickey Enigme 3802
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Michaël Rochoy 🐊🛴😷🎙️ @mimiryudo.ficson.fr · 12/07/2025
En septembre-octobre sortira l’anthologie SF « Humour de demain et d’ailleurs » dirigée par Jean Paris, aux éditions Ankuiris. Je serai dans les 21 auteurs :) www.arkuiris.com/livre.php?id...
Couverture de l’anthologie
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