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jamesworm.bsky.social

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Never mention the women Never mention the children Never mention the victims or you're in league Never mention the toll or you're in league Never mention the war or you're in league backxwash

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jamesworm.bsky.social @jamesworm.bsky.social · 09/08/2026
Je digresse un peu mais je voulais partager un extrait de ce bouquin incroyable de 2021 que je lis en ce moment : "au commencement était...une nouvelle histoire de l'humanité" de David Graeber et David Wengrow. Ils parlent ici de l'usage même du mot "inégalités".
Il y a cinquante ou cent ans, par exemple, on aurait exposé la situation d’une autre manière, en parlant de concentration du capital, de régime oligopolistique ou encore de pouvoir de classe. Comparé à ces formulations, un terme comme « inégalités » paraît idéalement forgé pour appeler les demi-mesures et les compromis. Renverser le capitalisme, mettre à bas le pouvoir étatique, ce sont des choses que l’on peut se représenter concrètement. « Éliminer les inégalités », en revanche, on ne voit pas très bien ce que cela veut dire. D’abord, de quelles inégalités parle-t-on ? Les inégalités de richesses ? De chances ? Et à partir de quel niveau d’égalitarisme exactement peut-on considérer qu’elles sont « éliminées » ? C’est en cela que le mot « inégalités » convient si bien à notre époque, dominée par des réformateurs technocrates qui écartent d’emblée toute idée de transformation sociale.

En axant le débat sur les inégalités, on peut bricoler les chiffres, se quereller à coups de coefficients de Gini ou de « seuils de dysfonctionnement », ajuster les régimes fiscaux ou les dispositifs d’aide sociale, voire scandaliser l’opinion en brandissant des pourcentages qui témoignent de la gravité des choses (« 1 % des habitants de la planète détiennent 44 % de la richesse mondiale : vous vous rendez compte ? »), tout en ne faisant strictement rien pour remédier aux aspects les plus révoltants de ces situations sociales « inégales » — comme la manière dont certains parviennent à transformer la fortune en instrument de pouvoir, ou dont d’autres s’entendent dire que leurs besoins n’ont aucune importance ou que leur existence ne vaut rien. Tout cela, ce serait la faute des inégalités — celles-ci étant le résultat inévitable du fait de vivre dans des sociétés étendues, complexes, urbanisées et technologiquement évoluées. Et, nous dit-on, il en sera vraisemblablement toujours ainsi, à un degré ou à un autre.
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