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Alexandre Jadin

@jadinalexandre.bsky.social
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Journaliste

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Philosophie magazine @philomag.com · 07/09/2026
“Se soucier de son âme” : comment comprendre le vibrant appel d’Amélie Nothomb www.philomag.com/articles/se-...
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“Se soucier de son âme” : comment comprendre le vibrant appel d’Amélie Nothomb
Sur le plateau de l’émission “La Grande Librairie”, l’écrivaine belge s’est livrée à un plaidoyer quelque peu anachronique sur l’importance de l’âme, abondamment relayé sur les réseaux sociaux. Comment expliquer l’engouement contemporain pour cette notion éculée ?
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Philosophie magazine @philomag.com · 21/09/2026
10 ans de TikTok : le nouvel âge du divertissement www.philomag.com/articles/10-...
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10 ans de TikTok : le nouvel âge du divertissement
L’application chinoise fête ses dix ans ce dimanche 20 septembre. Boostée par des « captologues » chargés de s’emparer de notre attention, la plateforme…
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➤ Philonomist @philonomist.com · 23/09/2026
Pour ce deuxième épisode de notre documentaire sur l’IA à l’épreuve du travail, nous nous demandons avec Clara Degiovanni ce que la technologie fait au plaisir de travailler. Un épisode à découvrir sur notre site, en accès libre pendant une semaine ! www.philonomist.com/fr/video/lia...
philonomist.com
L’IA va-t-elle tuer le plaisir au travail ?
L'IA à l’épreuve du travail (2/5) - Chère lectrice, cher lecteur,  Vous connaissez l’Ozempic ? C’est le nom...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 16/09/2026
Que fait l’intelligence artificielle au travail ? La question taraude les open-space ; elle est le sujet de notre premier documentaire en cinq épisodes. Le premier épisode est à retrouver en ligne, et en libre accès pour une semaine, sur notre site. www.philonomist.com/fr/video/lia...
philonomist.com
L’IA va-t-elle nous libérer du travail ?
L'IA à l’épreuve du travail (1/5) - Depuis des mois, une question parmi toutes les autres s’est imposée dans tout...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 15/09/2026
La philosophe Miranda Fricker décrit ces situations où la crédibilité de certains est rognée, entamant parfois jusqu’à leur capacité à donner sens à ce qu’ils vivent eux-mêmes. Nous l’avons rencontrée. www.philonomist.com/fr/entretien...
philonomist.com
"L’injustice épistémique sape la crédibilité d’un savoir"
Entretien avec la philosophe Miranda Fricker - Peut-on être lésé non pas dans ses droits, mais dans son statut même de suje...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 14/07/2026
La maîtrise de la langue est une ressource inégalement distribuée, qui ouvre ou ferme des portes de l’école au monde du travail. Retour sur les jeux de pouvoir derrière le langage, avec le sociologue Frédéric Lebaron, qui signe “Le capital linguistique”. www.philonomist.com/fr/entretien...
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“Les salariés qui ne parlent pas comme il faut sont mis sur le côté”
Entretien avec le sociologue Frédéric Lebaron - « Perdre son accent » pour mieux réussir professionnellement, « tenir sa...
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Philosophie magazine @philomag.com · 15/07/2026
🟢 NOUVEAU HORS-SÉRIE : “L’ODYSSÉE, UN VOYAGE VERS SOI-MÊME” Inépuisable “Odyssée” ! En 2800 ans, le poème d’Homère n’a pas perdu son actualité : éloge du courage et de la débrouille, métamorphoses de soi, amour du pays natal, valeur du souvenir… Un numéro pour voguer sur l’été ⛵️🌊 🗞 EN KIOSQUE
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➤ Philonomist @philonomist.com · 10/07/2026
Notre lecteur Thierry se demande s'il doit s'offusquer du fait que ses messages, pourtant "vus" par ses collègues, restent sans réponse. Problème de "nétiquette", symptôme d'infobésité ou témoignage d'un rapport de pouvoir ? Alexandre Jadin lui répond… www.philonomist.com/fr/article/m...
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“Mes collègues me laissent en ‘vu’ : dois-je m’en offusquer ?”
Philonomist répond à vos questions - « Vu » : qui n’a jamais souffert d’un message laissé sans réponse ?...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 26/06/2026
“Une autre climatisation est possible : sensible sur ses causes, lucide sur ses effets, et égalitaire dans sa mise en œuvre.” Notre dernier édito appelle à développer un autre rapport à la climatisation “pour éviter une guerre du froid de tous contre tous” www.philonomist.com/fr/article/u...
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Une autre climatisation est possible
La division caniculaire du travail - Chère lectrice, cher lecteur, Il fait chaud. Je ne vous apprends rien – et...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 02/07/2026
Le philosophe Vincent Bourdeau tranche avec une vision caricaturale des classes moyennes en rappellant que celles-ci défendent une vision plus égalitaire de la démocratie et s’opposent à certaines formes de domination, notamment au travail. www.philonomist.com/fr/entretien...
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“Les classes moyennes sont avant tout des classes citoyennes”
Entretien avec le philosophe Vincent Bourdeau - Que faire des classes moyennes ? se demandait en 2016 l’écrivaine Nathalie...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 09/06/2026
De plus en plus souvent, les juges sont amenés à trancher des questions économiques majeures. Le juriste Guillaume Grégoire analyse la manière dont le droit encadre, et parfois censure, les choix politiques en matière d’économie. www.philonomist.com/fr/entretien...
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Le droit a-t-il son mot à dire sur l’économie ?
Entretien avec le juriste Guillaume Grégoire - De plus en plus souvent, les juges sont amenés à trancher des questions écono...
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Philosophie magazine @philomag.com · 05/06/2026
Découvrez les 20 livres de nos 20 ans ! www.philomag.com/articles/dec...
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Découvrez les 20 livres de nos 20 ans !
Dans notre numéro 200 à retrouver chez votre marchand de journaux depuis jeudi, nous avons sélectionné 20 livres philosophiques qui ont compté au cours des 20 dernières années et qui nous ont accompagnés depuis la création de Philosophie magazine. Un inventaire forcément subjectif et arbitraire, mais qui inscrit la vie des idées dans l'écoulement du temps tout en faisant surgir de nouvelles voix et de nouveaux concepts !
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➤ Philonomist @philonomist.com · 05/06/2026
La directive européenne sur la transparence des salaires tarde à être transposée en France. Elle souffre d'un angle mort : les salariés qui voudront briser le silence sont-ils prêts à être étiqueté « chief fouineur officer » ? www.philonomist.com/fr/article/r...
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Rendre visible la transparence
L’égalité salariale empêchée - Chère lectrice, cher lecteur, C’est l’histoire d’un déni. La France av...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 07/06/2026
Vous vous sentez un peu angoissé ou triste aujourd'hui ? Vous n'êtes pas seul(e). Le dimanche, comme jour chômé, s’inscrit dans une longue histoire, religieuse et politique. Mais beaucoup peinent à le savourer… www.philonomist.com/fr/article/l...
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Le blues du dimanche soir
Petite philosophie de la fin de semaine - Dans Le Méridien de Greenwich, le premier roman de Jean Echenoz, des personnage...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 01/06/2026
De son travail d’éboueur, Simon Paré-Poupart a tiré un livre, best-seller au Québec, qui analyse la fierté que l’on peut ressentir à tenir un rôle essentiel dans la société, sans cacher les difficultés de ce métier. Nous l’avons rencontré à Paris. www.philonomist.com/fr/article/l...
philonomist.com
La fierté du beau travail, envers et contre tous
Portrait de Simon Paré-Poupart, éboueur et ethnographe - Au départ, c’était un « petit boulot » voué à financer ses études. C�...
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Philosophie magazine @philomag.com · 28/05/2026
Accueillir un SDF : quand la chaleur fait suffoquer l’hospitalité www.philomag.com/articles/acc...
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Accueillir un SDF : quand la chaleur fait suffoquer l’hospitalité
« Depuis quelques jours, j’accueille une SDF, réfugiée dans le hall de mon immeuble pour fuir la chaleur accablante. Entre élan de générosité et crainte de représailles de la part de mes voisins, je suis tiraillé par une question : jusqu’où doit aller l’hospitalité ?
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Philosophie magazine @philomag.com · 31/05/2026
“Une discussion, voilà ce qui me réénergétise” : quand Edgar Morin nous livrait les secrets de sa vitalité www.philomag.com/articles/une...
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“Une discussion, voilà ce qui me réénergétise” : quand Edgar Morin nous livrait les secrets de sa vitalité
« N’êtes-vous jamais fatigué ? » Nous avions posé cette question à Edgar Morin en 2019, à l’occasion de la parution de notre numéro sur la fatigue. Le sociologue, alors âgé de 98 ans, venait de publier ses mémoires et semblait aussi allègre et vif d’esprit que dans sa prime jeunesse. Nous vous proposons de redécouvrir ce grand entretien réalisé par Martin Legros avec le penseur, disparu vendredi.
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➤ Philonomist @philonomist.com · 15/05/2026
Qu'est-ce qui se cache derrière les "Enhanced Games", ces Jeux (littéralement) sous stéroïdes qui se tiendront à Las Vegas le 24 mai prochain ? Alexandre Jadin l'explique dans l'édito de la semaine de Philonomist. www.philonomist.com/fr/article/e...
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“Enhanced Games” : l‘industrialisation du dopage
Le transhumanisme micro-dosé - Chère lectrice, cher lecteur, Les Jeux olympiques sont-ils en train de devenir...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 05/05/2026
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Voici le mantra des "friction-maxxeurs", qui préfèrent prendre des notes quand l'IA pourrait synthétiser leurs réunions, et mettent ainsi le doigt sur une baisse de la qualité de l’expérience. www.philonomist.com/fr/kezako/fr...
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Friction-maxxing
Des bâtons dans les rouages - EN BREF Ce terme désigne des pratiques visant à réintroduire de la friction...
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Philosophie magazine @philomag.com · 09/05/2026
Passion cartographie : comment représenter le monde quand on n’a pas tous les outils ? www.philomag.com/articles/pas...
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Passion cartographie : comment représenter le monde quand on n’a pas tous les outils ?
Des dragons médiévaux aux terrae nullius de la cartographie des temps modernes, représenter le monde a toujours été un défi. L’exposition « Cartes imaginaires. Inventer des mondes » à la Bibliothèque nationale de France le déroule avec éclat : faute de pouvoir saisir le monde tel qu’il est, l’humanité n’a cessé de l’imaginer.
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➤ Philonomist @philonomist.com · 27/04/2026
La crise de confiance serait généralisée. Mark Hunyadi n’est pas de cet avis. Pour le philosophe est bien plus qu’un simple calcul, elle structure notre rapport au monde, aujourd’hui menacé par l’irruption de nouvelles « méta-technologies ». www.philonomist.com/fr/entretien...
philonomist.com
“On ne peut pas agir sans relation de confiance avec le monde”
Entretien avec le philosophe Mark Hunyadi - Envers les institutions, envers les autres, envers l’avenir : la crise de con...
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Philosophie magazine @philomag.com · 17/04/2026
Guerre du “slop” : la nouvelle querelle des images www.philomag.com/articles/gue...
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Guerre du “slop” : la nouvelle querelle des images
À travers la diffusion du AI slop, des images générées par IA, les camps iranien et israélo-américain se livrent à une « guerre psychologique » d’un nouveau genre. Fausses vidéos et fausses photos redéfinissent la manière dont se mène la bataille des esprits. Comment la « slopagande » transforme-t-elle le rapport à la vérité en temps de guerre ?
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➤ Philonomist @philonomist.com · 10/04/2026
En théorie, on essaie tous de séparer « vie pro » et « vie perso » : mais que faire quand la première fait effraction dans la seconde malgré tout ? Alexandre Jadin répond à un lecteur qui s'inquiète de voir son travail apparaître dans ses rêves. www.philonomist.com/fr/article/j...
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“Je rêve de mon travail. Est-ce grave ?”
Philonomist répond à vos questions - Bakary se demande s’il est normal que son travail lui apparaisse pendant son s...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 13/04/2026
Des astronautes sont partis vers la Lune, l'ont survolée, puis sont revenus sur Terre. Ce qui n'a rien de nouveau : Apollo 8 l'avait déjà fait en décembre 1968. Alexandre Jadin analyse cet exploit qui laisse un étrange goût de réchauffé. www.philonomist.com/fr/article/r...
philonomist.com
Retourner sur la Lune
Petite philosophie de la deuxième fois - 58 ans après Apollo, la mission Artemis II a bouclé son tour de Lune en avri...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 07/04/2026
Le “mignon”, le “zinzin” et “l’intéressant” ne sont pas de simples jugements de goût, mais des outils pour saisir l’ambivalence de notre époque, explique la critique littéraire américaine Sianne Ngai, autrice de “Nos catégories esthétiques”. Entretien. www.philonomist.com/fr/entretien...
philonomist.com
"Le capitalisme tardif crée ses propres catégories esthétiques"
Entretien avec la critique littéraire Sianne Ngai - « C’est mignon », dit votre tante à propos du dernier Miyazaki. « Inté...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 10/03/2026
Alors que le second sommet mondial sur l’énergie nucléaire s’ouvre aujourd’hui à Paris, le philosophe Ange Pottin, auteur du "Nucléaire imaginé", décrypte le retour en grâce de l’atome et son "imaginaire déterrestré" dans cet entretien. www.philonomist.com/fr/entretien...
philonomist.com
“On occulte toute l’infrastructure qui rend possible le nucléaire”
Entretien avec le philosophe Ange Pottin - Alors que le second sommet mondial sur l’énergie nucléaire s’ouvre ce 10 m...
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Philosophie magazine @philomag.com · 02/03/2026
Alors que les politiques, de Nicolas Sarkozy à Marine Le Pen, défilent devant les tribunaux, le public s’interroge sur leur probité. Le juriste Éric Buge propose dans notre nouveau numéro une lecture historique des institutions de la vertu, censées contrôler l’exemplarité des gouvernants.
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Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen… Pourquoi les responsables politiques ont-ils tant de mal à être exemplaires ? Entretien avec Éric Buge
Alors qu’hommes et femmes politiques, de Nicolas Sarkozy à Marine Le Pen, défilent devant les tribunaux, le public s’interroge sur leur probité. Le juriste…
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➤ Philonomist @philonomist.com · 05/03/2026
Alexandre Jadin poursuit son analyse de ce que le prompt fait à la pensée : au-delà des gains de productivité et des illusions de dialogue, l’usage quotidien des IA génératives transforme-t-elle nos manières de raisonner, de douter et de comprendre ? www.philonomist.com/fr/article/l...
philonomist.com
Le prompt ou la pensée momifiée
Petite philosophie du “prompting” (2/2) - La première partie de cet essai analysait la promesse d’une pensée « augme...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 04/03/2026
Qu'est-ce que l'économie de guerre ? Une vaste usine à néant : "la production n’a plus vocation à durer, mais tire sa raison d’être de sa destruction potentielle", écrit Alexandre Jadin, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa cinquième année. www.philonomist.com/fr/article/l...
philonomist.com
La production destructrice
Ontologie de l’économie de guerre - Chère lectrice, cher lecteur, 1462. C’est le nombre de jours qui nous sépar...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 26/02/2026
Pour tirer le meilleur de l’intelligence artificielle, la clé serait d’apprendre à prompter. En calibrant de la meilleure manière les requêtes que l’on adresse à son agent, on pourrait même apprendre à mieux penser. Réelle évolution ou fausse promesse ? www.philonomist.com/fr/article/j...
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Je prompte, donc je pense ?
Petite philosophie du “prompting” (1/2) - Pour tirer le meilleur de l’intelligence artificielle, la clé serait d’appr...
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Philosophie magazine @philomag.com · 12/02/2026
Après 4 ans de prison et 5 ans d’inéligibilité requis contre elle en seconde instance, Marine Le Pen joue son avenir politique à son procès en appel, qui a lieu en ce moment. Convaincra-t-elle les juges de sa “bonne foi” ? L’analyse d’Alexandre Jadin, qui a assisté aux audiences.
philomag.com
Procès en appel de Marine Le Pen : l’argument de la “bonne foi” est-il recevable ?
Avec quatre ans de prison et cinq années d’inéligibilité requis contre elle en seconde instance, lors du procès jugeant l’affaire des assistants parlementaires…
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➤ Philonomist @philonomist.com · 15/12/2025
Le projet a colonisé nos espaces de travail. Un changement de ton dénote une évolution dans notre manière de travailler, plus éclatée, et surtout de plus en plus vague. www.philonomist.com/fr/article/t...
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Travailler “en mode projet”
Itinéraire d’une autonomie dévoyée - C’est un fait : le projet a colonisé nos espaces de travail. Dans les intitul...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 16/12/2025
Le terme "kakistocratie" désigne une organisation où le pouvoir est détenu par des incompétents. Mais l’impression de vivre dans une « kakistokratie » est peut-être moins le fruit d’une lutte de pouvoir qu’un effet logique du pouvoir… www.philonomist.com/fr/kezako/ka...
philonomist.com
Kakistocratie
L’incompétence au pouvoir - EN BREF La kakistocratie, ou cacocratie, désigne une organisation où le pouvo...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 18/12/2025
DISC, MBTI, OCEAN… Les tests de personnalité sont de plus en plus utilisés en entreprise. D’où viennent-ils ? Sont-ils fiables ? Et que révèle cette manie de classer les individus ? Apolline Guillot et Alexandre Jadin ont mené l'enquête pour Philonomist. www.philonomist.com/fr/article/j...
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Je t’MBTI, moi non plus
Que valent les tests de personnalité ? - DISC, MBTI, OCEAN… Les tests de personnalité sont de plus en plus utilisés e...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 06/12/2025
Le désistement de dernière minute est-il le fruit d’un individualisme exacerbé, ou la conséquence inévitable d’une époque qui remplit les cases de nos agendas jusqu’au débordement ? La pratique se répand au bureau comme ailleurs… jusqu’à instaurer la défiance ? www.philonomist.com/fr/article/l...
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Le règne du désistement
Comment faire confiance à l’ère du “flaking” ? - Le désistement de dernière minute est-il le fruit d’un individualisme exacer...
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➤ Philonomist @philonomist.com · 10/12/2025
Philonomist a reçu la sociologue Dominique Méda pour son grand entretien d'automne. Ensemble, nous avons pu balayer toutes les grandes questions qui traversent le monde du travail aujourd’hui dans un entretien de 40 mn en vidéo en accès libre sur notre site.
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Philosophie magazine @philomag.com · 01/12/2025
IA ? Pas IA ? Le nouvel âge de la photographie www.philomag.com/articles/ia-...
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IA ? Pas IA ? Le nouvel âge de la photographie
IA ? Pas IA ? Le nouvel âge de la photographie hschlegel lun 01/12/2025 - 21:00 En savoir plus sur IA ? Pas IA ? Le nouvel âge de la photographie « À l’heure où l’IA permet de produire de faux clichés parfaitement ressemblants, la fonction de la photographie d’“authentifier” le réel, selon le mot de Roland Barthes, me semblait sérieusement menacée. Jusqu’à ce que je découvre les dispositifs de composition mis en place par le photojournaliste Luc Delahaye dont le travail est présenté actuellement au Jeu de Paume, à Paris. [CTA1] C’est dans les vieilles marmites… Poussière d’argent, pellicule, bain d’arrêt, passe-vue : depuis quelques mois, je me familiarise avec un vocabulaire à haute teneur poétique lors de cours de photographie argentique. Dans le silence d’un sous-sol gorgé de lumière rougeâtre, perturbé par l’écoulement continu des stations de rinçage, je m’échine à faire apparaître des formes dans des bains de chimie. C’est que j’ai décidé d’abandonner mon appareil numérique suite à l’arrivée de l’intelligence artificielle. Les logiciels dédiés permettent désormais de gommer en quelques secondes des indésirables sur les clichés, de manière absolument indétectable. En deux clics, on peut ainsi faire “disparaître” ce fâcheux touriste pour laisser croire que nous étions seul face aux pyramides, ambiance Voyageur contemplant une mer de nuages garantie. ➤ Vous lisez actuellement la Lettre de la rédaction de Philosophie magazine. Pour la recevoir directement dans votre boîte mail, abonnez-vous ! Cette newsletter est quotidienne et gratuite. Pratique… mais pas anodin et même problématique. Peu enclin à sonner le tocsin de l’apocalypse à chaque nouveau progrès de l’IA, j’ai cherché à comprendre ce qui me dérangeait. Et je me suis replongé dans le magnifique texte de Roland Barthes dédié à la photographie, La Chambre claire (1980). Pour Barthes, “toute photographie est un certificat de présence”. À chaque fois que je suis confronté à une image, je suis obligé de dire que “ça a été” : “Sa force est […] supérieure à tout ce que peut, a pu concevoir l’esprit humain pour nous assurer de la réalité.” En résumé, pour Barthes, la photographie est “l’authentification même”. La fin du “vrai” ? Or, la fonction d’authentification de la photographie est en train de se fissurer. La falsification de clichés a toujours existé : pensons à cette photographie de Staline entouré de trois apparatchiks retouchée trois fois… laissant finalement le dictateur seul. Mais même “lorsqu’elle triche”, la photographie ne fait que “mentir sur le sens de la chose […] jamais sur son existence”, écrit Barthes. Avec les IA capables de générer des photographies à partir de données, ce n’est plus le cas. Pire, l’exception de la retouche est en train de devenir la norme : les téléphones portables dernière génération intègrent directement sur l’appareil photo une fonctionnalité permettant d’entourer d’un doigt impératif les éléments indésirables à supprimer. Le temps où il fallait bien “faire avec” une photo déplaisante est donc derrière nous. Désormais, la photographie renoue avec la logique du dessin ou de la peinture, rectifiables à l’envi par leur commanditaire ou exécutant. L’ère “authentique” de la photographie se referme, un nouvel âge s’ouvre, celui de la “composition”. Or cette involution met en question le photojournalisme. Si la photographie ne peut plus authentifier la factualité d’un événement, elle ne sera plus ce tampon sanctionnant la vérité du récit. Les professionnels du métier auront beau jeu de refuser de se prêter aux gommages de l’IA, les lecteurs, utilisant ces techniques au quotidien, risquent de ne plus croire les photos des journaux “sur parole”. Résultat : tout l’échafaudage de la vérité journalistique est ébranlé. Comment gagner la bataille de la confiance ? Quel avenir pour le photojournalisme ? La réponse se trouve peut-être dans le travail du reporter Luc Delahaye, présenté à l’exposition “Le bruit du monde” au Jeu de Paume, à Paris. Photographe de guerre né en 1962, Luc Delahaye prend d’abord ses clichés de façon traditionnelle, avec une seule prise de vue. Mais en 2004, il change de technique : ses œuvres, imprimées en très grand format, sont forgées à partir d’une myriade de photographies différentes. Le résultat n’est pas kaléidoscopique mais synthétique. On est face à une “authentique” photographie de “ce qui a été”, alors même qu’il s’agit d’une composition : réalisée sur ordinateur, elle met même parfois en scène ses protagonistes au moment du tirage. Comme sur cette magnifique photographie “composée”, réalisée au siège de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole à Vienne, qui se rapproche de la peinture néoclassique. Loin de signer la fin de la profession, ces “photos ‘construites’ reposent toujours sur le reportage” affirme Delahaye : “Elles sont constituées de fragments de réel, de moments d’expérience.” L’âge de la composition photographique impose de repenser la manière dont le journalisme peut gagner la bataille de la confiance, face aux orfèvres du mensonge qui émaillent notre monde commun de fausses nouvelles clinquantes. Si cette exposition m’a réconcilié avec la photo de composition, je continuerai néanmoins d’agiter des bacs de bromure d’argent… ne fût-ce que pour goûter au mystérieux plaisir de l’anachronisme. » décembre 2025
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Philosophie magazine @philomag.com · 09/12/2025
“La laïcité permettait de reconnaître des pluralités : elle est devenue un idéal d’uniformité nationale” www.philomag.com/articles/la-...
philomag.com
“La laïcité permettait de reconnaître des pluralités : elle est devenue un idéal d’uniformité nationale”
“La laïcité permettait de reconnaître des pluralités : elle est devenue un idéal d’uniformité nationale” hschlegel mar 09/12/2025 - 17:00 En savoir plus sur “La laïcité permettait de reconnaître des pluralités : elle est devenue un idéal d’uniformité nationale” La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État fête ses 120 ans. Considérée comme fondatrice de la laïcité, elle fait pourtant l’objet de nombreuses confusions et récupérations, comme le montre l’historien Vincent Genin, auteur d’une Histoire intellectuelle de la laïcité de 1905 à nos jours (PUF, 2024). Entretien.  [CTA2] La laïcité qu’on évoque aujourd’hui est-elle la même que celle instaurée dans la loi de 1905 ?  Vincent Genin : Aujourd’hui, lorsqu’on évoque la laïcité, on ne parle pas tant d’un principe juridique que de valeurs de la République. De manière souvent polémique, on parle d’islam, de cantines, de crèches… Mais dès le départ, la laïcité a fait l’objet d’une controverse intellectuelle profonde. “En 1905, il est question de séparation des Églises et de l’État. La laïcité n’est alors qu’une modalité de cette séparation” Vincent Genin   Quels étaient les termes du débat il y a 120 ans ? Vers 1905, on ne parle pas beaucoup de laïcité, mais plutôt de séparation des Églises et de l’État. La laïcité n’est qu’une modalité de cette séparation. Au XIXᵉ siècle, cette question touche l’Italie, la Belgique et la France. La notion est mobilisée par de nombreux essayistes, théologiens et philosophes, comme l’historien et philosophe Edgar Quinet. Toute une série d’intellectuels et de politiques sont favorables à une séparation entre l’État et les Églises – car il y en a plusieurs. On peut citer le président du Conseil des ministres (1902-1905) Émile Combes, favorable à une séparation, mais qui revendiquait un lien fort entre l’Église et l’État, où celui-ci garderait la main. Cherchant l’entre-deux, son successeur Maurice Rouvier, président du Conseil des ministres lors du passage de la loi de 1905, a mis en avant des personnages déterminants comme Aristide Briand. Méconnu aujourd’hui, c’est pourtant le rapporteur de cette loi, pour laquelle il fait en sorte de dégager une majorité minimale. Originaire d’un milieu modeste, ancien avocat des dockers du port de Saint-Nazaire, Briand est un homme très attentif aux minorités, qu’elles soient sociales ou religieuses. C’était un libertin, ce courant de pensée défendant la liberté de pensée comme des corps pourchassé par le pouvoir et toujours très mal vu lors de la Troisième République. C’est pourquoi il était très attaché à la singularité de chaque individu. Briand était ouvert : athée, tout en estimant que cette conviction n’était pas la seule vérité. C’est capital pour comprendre la loi de 1905. Une autre figure importante est celle de Jean Jaurès. Auteur d’une thèse de philosophie touchant à l’idée de Dieu, Jean Jaurès connaît parfaitement les catholiques, sait leur parler, ne les méprise pas.   Qui sont alors les opposants à la loi ? Ils sont de deux sortes. Il y a tout d’abord les anticléricaux, comme Maurice Allard : ils estiment que cette loi est trop compatissante avec les cultes. Dans certains discours que l’on peut qualifier de « maximalistes », Allard va jusqu’à demander l’abolition des religions de la société. Ensuite, il y a les catholiques conservateurs, opposés à cette séparation entre l’autel et le trône. Ce sont souvent des propriétaires terriens un peu nostalgiques qui deviennent progressivement minoritaires. Ils considéraient que cette loi privatisait l’Église catholique, lui retirait son empreinte sociale, sa primauté dans la société française. Depuis le concordat de 1801, l’État français et l’Église étaient liés, au moins du point de vue budgétaire, ce qui est précisé l’année suivante dans une série de lois organiques. Les évêques et les curés étaient des fonctionnaires payés par l’État. À partir du moment où vous versez un salaire chaque mois… vous finissez bien par avoir un certain droit de regard. Napoléon ne croyait pas en Dieu, mais il voulait « tenir » le clergé, d’où pouvaient venir des oppositions. Et puis il était pragmatique : la quasi-totalité des Français de l’époque allaient à la messe.   La loi de 1905 serait donc également une affaire d’argent public ? Oui, car elle coupe ce lien budgétaire. On retient souvent les deux premiers articles de la loi : le premier défend la liberté de conscience et la liberté de culte. Le deuxième dispose que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Mais ensuite, vous avez une succession d’articles qui ne parlent que d’argent, de pourcentages, de payes. La loi de 1905 est un texte de divorce. Comme un acte notarial, c’est toujours pénible à lire… Personne ne veut le faire. C’est ce long passage qui est pourtant fréquemment tripatouillé, encore récemment en 2021 avec la loi sur le respect des principes de la République. Cette loi diminue la liberté des associations cultuelles, instituées par l’article 4 de la loi de 1905. “La loi de 1905 est un texte de divorce, qui parle beaucoup de questions financières. Comme un acte notarial, c’est toujours pénible à lire… Personne ne veut le faire” Vincent Genin   Comment cette opposition évolue-t-elle ? La « solution laïque » de 1905, pour reprendre une expression de l’historien et sociologue Émile Poulat, a finalement été acceptée vers 1930 en France. Il a fallu une quinzaine d’années pour surmonter des oppositions fortes du Saint-Siège, qui la rejette par trois fois. Ses opposants deviennent minoritaires, et, globalement, chacun finit par y trouver un peu son compte. Certains débats se sont poursuivis, en revanche, autour de la question de l’enseignement religieux. En 1904, une autre loi est adoptée, interdisant l’enseignement scolaire délivré par des congrégations religieuses. Les congrégations religieuses dédiées exclusivement à l’enseignement seront également supprimées. Concrètement, cela signifie la fin de l’enseignement jésuite. Le chanoine Louis Capéran, qui publie en 1935 L’Invasion laïque, y voit la fin de toute une philosophie et de toute une pédagogie. C’est ainsi que, durant l’année 1907-08, un certain Charles de Gaulle est envoyé en Belgique pour suivre cet enseignement, qui y est toujours autorisé. En 1940, la France vichyste abrogera cette loi, qui n’a toujours pas été rétablie. Ceci explique en partie les futures querelles liées au financement public de l’enseignement privé.   La loi de 1905 ne touche donc pas de manière directe à la question de l’école ? Absolument pas. En France, l’école n’est pas laïque, gratuite, publique et obligatoire. D’une part, l’école publique est gratuite et laïque, et d’autre part, l’instruction est obligatoire. Les écoles privées peuvent, elles, faire l’objet de contrats avec l’État, notamment dans le cadre de la loi Debré de 1959. Adoptée dans un contexte de forte opposition entre catholiques et libéraux, cette loi instaure un système de contrats entre l’État et les écoles privées. Elle accorde une espèce de bakchich à ces établissements à travers certains avantages… Les laïques militants se sentent battus. C’est le début de ce que j’appelle le « scolarocentrisme » de la laïcité : la question de l’école s’empare de tous les esprits. “Depuis vingt à trente ans, on considère le passé comme une matière actualisable sous forme de valeurs. C’est ce qui se passe avec la laïcité” Vincent Genin   Quel autre moment de bascule identifiez-vous ? Dans les années 1980, la laïcité bascule d’un principe juridique pour devenir un « objet valeur ». Comment l’expliquer ? À cette époque, on assiste à un phénomène de « patrimonialisation » : la mémoire est partout, dans un contexte de préparatifs au bicentenaire de la Révolution française. Là où l’histoire a tendance à détacher le passé de ses valeurs pour les analyser, la mémoire tend à rester dans le passé pour le sacraliser. L’historien Pierre Nora avait d’ailleurs une très belle formule à ce sujet : « La mémoire sacralise et l’histoire laïcise. » Depuis vingt à trente ans, on considère le passé comme une matière que l’on peut actualiser de manière institutionnelle sous la forme de valeurs. C’est ce qui se passe avec la laïcité.    De quelle valeur la laïcité est-elle devenue le nom ? Un réflexe pavlovien s’est installé, consistant à identifier République avec laïcité. On peut en retrouver la trace chez l’historien Claude Nicolet, qui introduit cette corrélation dans les années 1980. Originellement spécialiste de la Rome ancienne, ce professeur au Collège de France produit toute une réflexion autour de la République, en l’identifiant à la laïcité. C’est le début d’une certaine tendance qu’il répand à travers le Comité Laïcité République, une association qui marque de nombreux intellectuels comme Alain Finkielkraut, Régis Debray, Élisabeth Badinter ou Richard Malka. Seulement, cette identification entre République et laïcité est problématique. Il faut rappeler que toutes les monarchies ne sont pas des théocraties. Pensons à la Belgique, la Grande-Bretagne ou encore à l’Espagne. C’est pourquoi il existe plusieurs laïcités, et non pas une seule qui serait identifiée à la République française. En son sein même, il existe des divergences, comme en Alsace-Moselle, où un régime spécifique des cultes est en application. Un courant dans le débat public s’oppose à cette laïcité devenue valeur : Jean Baubérot-Vincent, Michel Morineau, Philippe Portier, Valentine Zuber, et moi dans une certaine mesure… Mais il s’agit d’un courant minoritaire.  “Un réflexe pavlovien s’est installé, consistant à identifier République avec laïcité. Il faut pourtant rappeler que toutes les monarchies ne sont pas des théocraties” Vincent Genin   En octobre 1989, trois collégiennes refusent d’enlever leur voile en classe et sont exclues de leur établissement. Quel retentissement l’“affaire de Creil” a-t-elle dans le débat intellectuel ? Ces trois adolescentes ont été renvoyées pour avoir refusé d’enlever leur voile par un proviseur lié au Front national, il faut le rappeler. Nous sommes cinq ans après le projet de loi Savary, qui visait à rapprocher les établissements d’enseignement publics et privés. Certains « laïcards » sont alors frustrés. Ils portaient beaucoup d’espoir dans cette loi, et en François Mitterrand. Mais ils ont oublié qu’il avait été, lui aussi, un élève des jésuites ! Pour un certain nombre d’avocats ou de philosophes, 1989 est ainsi devenue l’année zéro du début de la fin de la France. On assiste à une hyper-médiatisation de l’islam sur une affaire scolaire portant sur des femmes. Selon moi, il s’agit d’une une conjonction entre un républicanisme un peu autoritaire et une forme de misogynie. Je dis un peu autoritaire, car le port du voile dans les établissements scolaires n’était pas encore interdit. Quelques mois après l’événement, une circulaire de Lionel Jospin, alors ministre de l’Éducation nationale, donne aux directeurs d’école le soin de décider. Cette circulaire les laisse dans l’embarras, mais elle montre que la loi n’interdisait aucunement à ces femmes de porter le voile. Il faudra attendre 2004 pour voir inscrit dans la loi l’interdiction des signes ou tenues manifestant l’appartenance religieuse dans les écoles. “La laïcité se conçoit désormais comme un idéal d’uniformité nationale et non plus comme une reconnaissance des pluralités” Vincent Genin   Cet épisode signe-t-il un nouveau tournant ? Peu à peu, les musulmans de France sont considérés comme un trouble par rapport à une conception unitaire de la République. Cela procède d’une conception exclusive de la laïcité – et non pas inclusive. La laïcité se conçoit désormais comme un idéal d’uniformité nationale, et non plus comme un moyen juridique de reconnaissance des pluralités dans le contexte de l’ordre public. On dit souvent : « La République est une et indivisible. » En réalité, la formule ne se retrouve ni dans la Constitution de 1946, ni de 1958, qui utilisent plutôt la formule « La République est indivisible ». Ce n’est pas du détail : la République n’est pas « une ». Pourtant, les partisans d’une « République du même », où l’uniformité dominerait, instillent une teneur nationaliste dans la conception actuelle de la laïcité. En 2021, une campagne du ministère de l’Éducation nationale mettait en scène des enfants rassemblés (portant des prénoms comme Axelle et Ismaïl) dans des piscines et des cantines avec pour slogan : « C’est ça la laïcité ». Sauf que c’est faux : il s’agit là d’idéologie ! En 2023, quand Gabriel Attal décide que l’abaya n’est pas une tenue scolaire, il s’agit d’une violation de la laïcité, car le politique détermine alors ce qui est religieux ou pas. Pour les partisans de cette « République du même », la laïcité peut toujours être poussée plus loin dans l’absurdité. Il s’agit d’un trou sans fond qui n’a qu’une destination : une forme de restriction des libertés, et un véritable nationalisme.   Histoire intellectuelle de la laïcité de 1905 à nos jours, de Vincent Genin, est paru l’an dernier aux Presses universitaires de France. 352 p., 25€, disponible ici. décembre 2025
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Le “validisme” : pourquoi les personnes handicapées souffrent des normes imposées par les valides
Le “validisme” : pourquoi les personnes handicapées souffrent des normes imposées par les valides hschlegel mer 03/12/2025 - 17:00 En savoir plus sur Le “validisme” : pourquoi les personnes handicapées souffrent des normes imposées par les valides Qu’est-ce que le « validisme » ? Introduit par les activistes handicapés des années 1980 sur le modèle du « racisme » et du « sexisme », ce terme dénonce la prégnance problématique de la norme des valides sur la vie et la pensée des handicapés. En cette Journée internationale des personnes handicapées, nos confrères de Philonomist reviennent sur l’enjeu existentiel, politique et philosophique de ce combat. décembre 2025
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Philosophie magazine @philomag.com · 30/11/2025
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Santé mentale : faut-il dérembourser les soins inspirés de la psychanalyse ?
Santé mentale : faut-il dérembourser les soins inspirés de la psychanalyse ? nfoiry dim 30/11/2025 - 07:00 En savoir plus sur Santé mentale : faut-il dérembourser les soins inspirés de la psychanalyse ? Faut-il mettre fin au remboursement des soins dédiés à la santé mentale qui s’inspirent des pratiques psychanalytiques ? C’est le sens d’un amendement déposé par la sénatrice Jocelyne Guidez (UDI), en novembre. De quoi relancer un débat houleux sur cette pratique et la possibilité d’en prouver l’efficacité. [CTA2] Un petit séisme dans le monde de la santé mentale. Un amendement déposé au Sénat le 21 novembre a proposé, avant d’être retiré, qu’à compter du 1 janvier 2026, « les soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ne donnent plus lieu à remboursement ». Affirmant que ces soins ne reposent sur « aucune validation scientifique », l’amendement de la sénatrice Jocelyne Guidez (UDI) entendait mettre fin au remboursement par la Sécurité sociale de ces pratiques.    Des remboursements à géométrie variable Si les visites chez les psychiatres, seuls habilités à prescrire des médicaments, sont aujourd’hui remboursées par la Sécurité sociale, ce n’est pas généralement pas le cas des soins délivrés par des psychologues ou des psychothérapeutes. « Généralement », car il existe au moins deux cas de figure où ces soins peuvent être remboursés. D’une part, dans le cadre du dispositif « Mon Soutien Psy » initié en 2022 – il est possible de voir défrayées jusqu’à douze séances de soutien psychologique par an. D’autre part, dans certains centres de soin spécialisés, comme les Centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP). Dans ces deux cas de figure, des psychologues ayant été formés par la psychanalyse durant leur cursus universitaire ont bien le droit d’exercer. Il ne s’agit alors pas d’une « analyse » au sens classique du terme (où l’on « s’allonge sur le divan » pour raconter sa vie, comme le présente un imaginaire quelque peu caricatural), mais un panel de pratiques inspirées de ce courant thérapeutique fondé par Freud au début du XXe siècle. C’est sur ce point que portait l’amendement.   Une mise en œuvre complexe Pendant longtemps, les professionnels du soin ont été formés, dans des départements d’universités françaises, à la théorie psychanalytique. Mais comme l’explique Stéphane Thibierge, ex-professeur de psychologie à l’Université Paris Cité et psychanalyste, que nous avons joint par téléphone, les choses ont changé à partir des années 2000 : « Des sous-disciplines de la psychologie, comme les théories cognitivistes et comportementalistes (TCC), ont commencé à livrer une guerre contre les départements de psychanalyse qui étaient préférés par une très grande majorité d’étudiants. » Résultat, le champ de la formation et de la pratique thérapeutique s’est divisé : les universités ont « basculé » dans de nouvelles approches, alors que les praticiens, eux, soignent toujours dans un cadre théorique psychanalytique.  Faut-il enlever les titres de psychiatres et de psychologues à des professionnels dont la formation relève de près ou de loin à la psychanalyse ? Encore faudrait-il pouvoir démontrer que leurs pratiques relèvent bien de cette discipline, et non d’autres approches thérapeutiques… L’exemple des CMPP accueillant des enfants de 0 à 20 ans qui présentent des troubles d’apprentissage, moteur ou du comportement est éloquent. Contacté par nos soins, le chercheur en sciences cognitives à l’École normale supérieure Franck Ramus avance que dans « beaucoup de ces centres, c’est psychanalyse ou rien, même si les familles n’en veulent pas ». Elsa Godart, philosophe et psychanalyste, nous confie par ailleurs qu’on y trouve « des praticiens de professions et de corpus théorique différents, qui travaillent les uns avec les autres », ce qui permet une complémentarité de l’offre thérapeutique. Distinguer les pratiques concrètes de professionnels formés à des corpus différents n’est pas chose aisée. C’est en raison de cette première difficulté que l’amendement a reçu un avis défavorable de la part de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, avant d’être retiré le 23 novembre. La sénatrice à son origine, Jocelyne Guidez, s’en est émue aux larmes. Racontant l’errance médicale de la fille de sa sœur, atteinte du syndrome de Rett, elle a affirmé que son « combat continuera ».  Certaines associations ont aussi soutenu l’amendement, critiquant la manière dont des approches psychanalytiques pouvaient retarder « l’établissement de diagnostics qui permettent réellement d’avancer », comme nous l’indique Nathalie Groh, présidente de la Fédération française des DYS (troubles spécifiques du langage et des apprentissages). Fustigeant notamment les « lectures de poésie, thérapies de groupe, les psychodrames », des parents d’enfants en difficulté lui ont fait part de leur détresse face au manque d’efficacité supposée des pratiques psychanalytiques.   Deux approches concurrentes  Depuis, le débat s’est cristallisé autour d’un combat d’idées entre deux disciplines aux présupposés et aux méthodes divergentes. D’un côté, la psychologie d’inspiration psychanalytique ; de l’autre, les thérapies cognitives et comportementales (TCC), présentées comme plus pragmatiques et parcimonieuses.  Ces dernières sont issues des travaux du psychiatre américain Aaron T. Beck, datant d’une cinquantaine d’années… et qui ne sortent pas de nulle part. Beck avait lui-même été formé par la psychanalyse, avant de la rejeter et de développer sa propre approche.  Les TCC établissent que « certains troubles mentaux, des émotions, croyances et représentations peuvent être dysfonctionnels », nous explique Franck Ramus. Proposant des exercices pratiques, « ces théories mobilisent une approche très pragmatique pour essayer d’aider le patient à aller mieux ». Par exemple, « dans la dépression, on essaye de corriger des représentations erronées, excessivement négatives ». Un dépressif sera ainsi encouragé à développer des pensées positives ou à apprendre à mieux gérer ses émotions.  “Pour Aaron T. Beck, pionnier des TCC, ce n’est pas tant le trouble à l’origine du symptôme qui pose un problème mais le symptôme lui-même, qu’il suffit de corriger” Le présupposé philosophique des TCC tient dans une approche volontariste : capables de prendre connaissance activement de leurs troubles, les patients peuvent lutter contre eux avec différentes stratégies. Dans l’ouvrage Cognitive Therapy of Depression (The Guilford Press, 1979 ; inédit en français) dont Aaron T. Beck est co-auteur, il est écrit, que « les origines philosophiques de la thérapie cognitive remontent aux philosophes stoïciens ». Beck cite le Manuel d’Épictète, ce philosophe des Ier et IIe siècles de notre ère : « Ce ne sont pas les choses qui dérangent les hommes, mais l'opinion qu'ils s'en font. » Autrement dit, ce n’est pas tant le trouble à l’origine du symptôme qui pose un problème mais le symptôme lui-même, qu’il suffit de corriger.    Une question d’efficacité ? Des thérapies dont l’efficacité est reconnue par différents rapports, notamment celui de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publié en 2004. Comparant notamment l’efficacité des TCC et des thérapies psychanalytiques à travers une analyse de centaines d’études parues dans le monde, la synthèse de l’étude, du reste prudente, conclut globalement à une « meilleure efficacité de la TCC » par rapport aux thérapies d’inspiration psychanalytiques. C’est sur cette base que se fonde l’amendement : l’efficacité des pratiques d’inspiration psychanalytiques n’ayant pas été prouvée, il faudrait ne plus les rembourser. Un article de 2020 rapporte cependant que « le nombre d’études évaluant les TCC (thérapies cognitives et comportementales) était très supérieur à celui portant sur les TP (thérapies psychanalytiques) » et entend équilibrer ce rapport en analysant les études parues ensuite, qui, elles, soulignent que « pour les troubles mentaux les plus fréquents, un traitement qui engage la parole est indiscutablement efficace ». Match nul ? “Certains disent que la psychanalyse n’est pas évaluable. D’autres (parfois les mêmes !) qu’elle a prouvé son efficacité. On ne peut pas gagner sur les deux tableaux !”Franck Ramus Pour Franck Ramus, le problème de ces études analysées, c’est qu’elles « portent sur des thérapies psychodynamiques, un courant moderne inspiré de la psychanalyse » mélangeant concepts psychanalytiques et pratiques TCC. « Le problème, c’est que ce n’est pas la psychanalyse telle qu’on l’entend en France. »    Misère de l’évaluation S’il y a une pratique psychanalytique spécifiquement française, celle-ci n’aurait pas, ou très peu, été évaluée. La faute à une certaine résistance à l’évaluation : « certains disent que la psychanalyse n’est pas évaluable. D’autres (parfois les mêmes !) qu’elle a prouvé son efficacité. On ne peut pas gagner sur les deux tableaux ! » Ce qui ne serait pas impossible : « Pour évaluer l’efficacité, il suffit d’évaluer l’état des patients avant et après un traitement. » Mais est-ce si simple ? Le rapport de l’Inserm de 2004 interroge précisément le caractère évaluable de la psychanalyse, une pratique s’étalant dans le temps long. Mais plus profondément, il demande « s’il est licite de recourir à des mesures chiffrées pour décrire l’amélioration d’un patient lors d’une prise en charge psychothérapique ».  Le docteur et psychothérapeute Farhad Dalal critique lui aussi dans son ouvrage CBT: The Cognitive Behavioural Tsunami (Routledge, 2019 ; non traduit) le caractère évaluable des thérapies : « Il semble que la réponse “je me sens très, très dépressif” est subjective et non scientifique ; mais si la même expérience subjective est signalée par le chiffre “4”, il devient soudainement objectif. » Ce que montre Dalal, c’est que ce processus d’évaluation transforme l’expérience subjective en une donnée chiffrée qui lui est étrangère. C’est cette transformation qui fonde pourtant la scientificité – et jauge l’efficacité ou non – d’une thérapie.    “Le succès des TCC, une victoire politique déguisée en victoire scientifique ” ? Si le résultat d’une évaluation est bien objectif (des chiffres mesurables), le saut consistant pour le patient à s’auto-évaluer, lui, ne l’est pas. C’est toute la différence, entre, par exemple, l’évaluation de la diminution d’une tumeur à la suite d’une chimiothérapie (observable et quantifiable) et celle d’une douleur psychique liée à une dépression ayant été traitée par des thérapies d’inspiration psychanalytique ou non (et qui ne sont que « subjectivement » objectifiables).  Justifiant l’inefficacité de la parole dans le soin, et donc favorisant des politiques publiques visant à en diminuer le financement, « le succès des TCC est une victoire politique déguisée en victoire scientifique », selon Farhad Dalal. Ce point illustre surtout l’étendue d’une « hyper-rationalité », consistant à plaquer les critères des sciences de la nature sur tout ce qui bouge : « Pas seulement le monde, pas seulement le fonctionnement des organisations, mais aussi notre personne propre. »   Karl Popper contre la psychanalyse En sous-texte du débat sur l’efficacité thérapeutique de ces différentes approches se tient la question de leur scientificité. « Lorsque la psychanalyse prétend expliquer des troubles mentaux, elle est sur le terrain de la science, et lorsqu’elle prétend les soigner, elle est sur le terrain de la médecine. Il est donc normal qu’on lui demande de prouver ce qu’elle affirme » souligne Franck Ramus.  C’est le philosophe Karl Popper qui avait montré le caractère non scientifique de la psychanalyse. Pour être scientifique, une théorie doit être réfutable : cela ne veut pas dire qu’elle est fausse, mais qu’elle pourrait le devenir si une nouvelle théorie venait lui faire concurrence. C’est pourquoi le caractère scientifique s’établit également par des méthodes expérimentales, permettant de comparer différentes théories.  Pour Popper, la psychanalyse se soustrait à la scientificité : « Elle peut toujours expliquer les objections en montrant qu’elles proviennent du refoulement de la personne qui critique » (La Société ouverte et ses ennemis). Toute critique de la psychanalyse… serait ainsi le résultat d’un manque de clairvoyance psychanalytique de ses détracteurs.  Mais depuis l’époque de Freud, qui essayait d’instituer la discipline en tant que science, de l’eau a coulé sous les ponts. Pour Stéphane Thibierge, « la psychanalyse n’est pas une science, sans pour autant être tout à fait non scientifique : elle est simplement consciente du fait que vous ne pouvez pas créer une science du sujet dans la mesure où le sujet n'est pas 100 % prévisible et adaptable ».  En résumé, les fondements théoriques de ces deux courants thérapeutiques sont tellement éloignés, qu’il est très difficile de les comparer sans donner droit aux partis pris théoriques de l’un ou de l’autre – et ainsi leur donner un avantage comparatif certain.    La parole du sujet Plutôt qu’une objectivation chiffrée ou un diagnostic systématiquement arrêté, les approches psychanalytiques se concentrent plutôt sur la richesse de la parole du patient. Stéphane Thibierge rappelle ainsi que la psychanalyse prend en compte le fait que l’humain « est traversé par le langage : cela signifie que nous n’avons pas de rapport direct à notre objet de satisfaction ». Du côté des TCC, Franck Ramus précise que « les psychanalystes n'ont pas le monopole de la parole : tous les thérapeutes, évidemment, accueillent la parole de leurs patients ». « Le premier à avoir fait le lien entre parole thérapeutique et bien-être, c’est tout de même Freud », ajoute Elsa Godart. Tout l’enjeu, lors d’une thérapie, est de ne pas couper court à la parole pour en comprendre la complexité. Pour traiter une arachnophobie par exemple, les TCC préconisent de se familiariser progressivement avec la présence des araignées, tandis que la psychanalyse va s’interroger sur « le bénéfice secondaire du symptôme » : par exemple, le fait que souffrir d’une phobie, cela permet de retenir l’attention autour de soi. “La psychanalyse, comme la médecine d’ailleurs, reste une science humaine : en éthique, on aime à dire qu’on ne soigne jamais qu’une jambe, mais une personne dans sa globalité”Elsa Godart Cette complexité de la parole du sujet implique qu’on « ne peut pas appliquer des critères strictement mécanistes relevant d'une raison instrumentale à des subjectivités ». Critiquant la réduction de la santé mentale à la correction de comportements ciblés, Elsa Godart soutient que « la psychanalyse, comme la médecine d’ailleurs, reste une science humaine : en éthique, on aime à dire qu’on ne soigne jamais qu’une jambe, mais une personne dans sa globalité ».    L’impensé économique ? Cette incompatibilité théorique entre les deux approches explique la crispation du débat ces derniers jours. Du côté de la psychanalyse, Elsa Godart avertit que « restreindre le champ de la prise en soins psychologiques dans une société, c'est ouvrir implicitement la porte du devenir d’un soin réalisé par des « bots » numériques programmés sur le modèle des TCC ». Derrière le débat d’idées se tient en effet une question économique cruciale : à l’heure des coupes budgétaires et de la précarisation financière de nombre de citoyens, comment assurer de manière optimale la prise en charge de la santé mentale ? Dans son livre à paraître en janvier 2026, Troubles du neuro-développement. Le chemin de notre apprentissage, la sénatrice Jocelyne Guidez, à l’origine de l’amendement polémique, fait plusieurs fois référence à des manquements, notamment de l’ordre du financement, dans la prise en charge de personnes aux divers troubles psychiques. Et il semble difficile de la contredire sur cette question. Par exemple, elle pointe « la durée d’attente [qui] s’élève parfois à deux ans » et qui retarde, par exemple, les diagnostics du TDAH. Un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) daté de mars 2025 précise d’ailleurs que le temps d’attente moyen pour obtenir une première consultation dans les CMPP est de six mois, le double d’il y a dix ans. Mais la sénatrice fustige aussi, pêle-mêle, « la psychanalyse, les croyances, les idées reçues, qui privent les patients de vraies solutions ou retardent leur prise en charge ». Nul doute que la psychanalyse se doive d’être capable d’entendre et d’intégrer des critiques, dans ce contexte économique morose.  Pour autant, la croisade contre les thérapies d’inspiration psychanalytique sert peut-être avant tout de cache-sexe au sous-financement de la santé mentale, pourtant érigée en « Grande Cause nationale 2025 » par Emmanuel Macron.  novembre 2025
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Alexandre Jadin @jadinalexandre.bsky.social · 20/10/2025
Et s'il fallait plonger dans la théorie politique de la modernité pour comprendre les bouleversements démocratiques en cours ? C'est le pari que propose le philosophe Luc Foisneau dans son dernier livre Manières de gouverner, publié chez @cnrseditions.bsky.social Bonne lecture !
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Reposted by Alexandre Jadin
Philosophie magazine @philomag.com · 05/09/2025
Héritons-nous des blessures de nos parents ? À cette question vertigineuse, l’écrivain belge Antoine Wauters, figure montante de la littérature contemporaine, répond avec “Haute-Folie”, un récit ciselé sur trois générations de personnages vivant en milieu rural au siècle dernier.
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“Haute-Folie”, d’Antoine Wauters : retour à la terre brûlée | Philosophie magazine
Tout commence par un terrible brasier. Gaspard perd presque tout : sa ferme nommée « Haute-Folie », ses bêtes, ses moyens de subsistance. Ensuite, tout s’enchaîne. Cherchant à réparer son exploitation, Gaspard erre dans la lente campagne wallonne du siècle dernier, à la recherche d’un nouveau travail. Ne sachant pas dire non, il se fait escroquer, jusqu’à craquer, transmettant à sa lignée tout son malheur accumulé. Son fils Joseph, puis son petit-fils Gaspard héritent d’un lieu métaphorique, la « Haute-Folie », cette part vivante des tragédies familiales que nous portons en nous. « Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. […] Ils n’existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. » L’auteur belge révélé en France pour son ouvrage Nos mères (2014), est également l’auteur du lumineux Mahmoud ou la montée des eaux (2021, prix du Livre Inter), où nous suivions en apnée les plongeons dans le lac el-Assad d’un vieux Syrien cherchant à échapper à la guerre. Dans ce nouveau roman, il est toujours question de l’impossibilité de la fuite. Occultée par ses parents d’adoption, la vie du père de Joseph continue de le hanter malgré lui : « J’ai des images noires qui me tordent la pensée et je dois, pour les fuir, me lever, me raser en pleine nuit et marcher aussi loin que possible. » Refusant la lâcheté qui consiste à « faire ce que les autres attendent de nous et nous en tenir à ça », il quitte sa vie paysanne pour devenir instituteur. S’essaye à la lecture des Pères du désert. Marche droit devant sans se retourner. Mais cette fuite ne lui suffit pas. Il faut plus.Et plus, c’est peut-être moins loin. Et moins loin, c’est peut-être de manière plus profonde. Car le courage consiste non pas à fuir mais à plonger « dans le dur de soi » : ces drames, non-dits, amours dérobés, tout ce petit monde du silence qui tapisse nos mouvements et cadenasse nos paroles. Alors « on descend dans ce qui nous remue en profondeur. On brûle. On fond. On hurle ».Mais la profondeur ne peut pas tout, il reste à la mettre en forme. Car si nous sommes hantés par des drames passés, c’est précisément parce qu’ils sont tus. Biberonné au silence depuis son enfance, Joseph se répète en boucle la phrase du philosophe Ludwig Wittgenstein : « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire. » Après l’échec de la fuite et la découverte de son noyau interne, Joseph se condamne au mutisme.Mais à l’indicible, nul n’est tenu, nous souffle brillamment Wauters. Non pas qu’il faudrait plonger dans le flot de mots de « cette grande muqueuse qu’est devenue la communication » torpillée en 2008 dans son recueil Debout sur la langue. Au contraire, il faut faire « place à la parole d’en bas, vide et pleine à la fois, à taire comme à porter ». D’abord se taire, faire le vide, plonger. Reprendre son souffle. Et puis seulement dire ce que l’on est obligé de dire. Pour ne pas se noyer. Pour ne plus jamais devoir écrire un laconique « je n’y suis pas arrivé, pardon » sur un papier accroché à la corde à laquelle on se pend ou placé dans la corbeille abandonnée d’un nouveau-né. Bien sûr, le langage trahira forcément ce que Joseph veut dire, ce qu’il a vécu, mais il n’a plus le choix. Dans un autre de ses livres, Le Plus Court Chemin (2023), Wauters décrit en ces termes son eldorado littéraire : « Je cherche ce que je ne peux nommer mais que je dois nommer. » Avec Haute-Folie, roman ciselé d’une densité littéraire affolante, on peut dire qu’il l’a trouvé.
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Benjamin Bürbaumer livre dans cet entretien une analyse historique lumineuse de la rivalité économique sino-américaine #Chine #USA #GuerreCommerciale
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➤ Philonomist @philonomist.com · 11/04/2025
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