information.tv5monde.com
Guerre en Ukraine: Washington négocie avec Moscou des parts du pétrolier russe Lukoil à des proches des émissaires de Donald Trump
Par TV5MONDE
Le New York Times a révélé ce samedi 3 octobre que les négociations entre les États-Unis et la Russie sur la fin de la guerre en Ukraine incluent la vente des actifs internationaux du groupe pétrolier russe Lukoil. Les acheteurs pressentis comptent des hommes d'affaires du Golfe liés à Steve Witkoff et Jared Kushner, les émissaires du président américain Donald Trump.
Le New York Times a révélé ce samedi 3 octobre que les négociations entre les États-Unis et la Russie sur la fin de la guerre en Ukraine incluent la vente des actifs internationaux du groupe pétrolier russe Lukoil. Les acheteurs pressentis comptent des hommes d'affaires du Golfe liés à Steve Witkoff et Jared Kushner, les émissaires du président américain Donald Trump. Les négociations entre Washington et Moscou sur la fin de la guerre en Ukraine comportent désormais un volet pétrolier. Le New York Times a révélé samedi 3 octobre un projet de vente des actifs internationaux de Lukoil, l'un des plus grands groupes énergétiques russes. La transaction, à plusieurs milliards de dollars, profiterait à des hommes d'affaires du Golfe. Tous sont liés aux deux principaux émissaires américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump . Vladimir Poutine a lui-même abordé le sujet le 5 septembre au Kremlin , face aux deux négociateurs, selon trois sources citées par le quotidien américain. Le président russe y voit un moyen de prouver aux Russes que les affaires avec les États-Unis sont possibles, d'après l'une d'elles. Ses interlocuteurs ont répondu qu'ils allaient y travailler, ajoute cette même source. La transaction reste suspendue au feu vert du gouvernement américain et du Kremlin . Du Cameroun au New Jersey, le portefeuille mêle gisements de pétrole, raffineries européennes et stations-service. Lukoil l'évaluait à 20 milliards de dollars en début d'année, rapporte le New York Times. Le prix et le montage de l'opération ne sont pas connus. Un consortium aux multiples liens avec la Maison-Blanche Le groupe le mieux placé est mené par Todd Boehly, milliardaire américain et copropriétaire des Los Angeles Dodgers. Cet investisseur a versé deux millions de dollars aux causes politiques de Donald Trump, dont la moitié pour son investiture, détaille le New York Times. L'État fédéral entre aussi au capital, par le biais de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), une agence qui investit à l'étranger. Les deux autres partenaires viennent du Golfe. Le conglomérat des frères Moutaz et Ramez Al-Khayyat, basé au Qatar, s'est associé à Jared Kushner et à son épouse Ivanka Trump pour financer un projet d'hôtel de luxe en Albanie. S'y ajoute un fonds d'Abou Dhabi contrôlé par le cheikh Tahnoon bin Zayed Al Nahyan, conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis. Un autre fonds du cheikh a acquis une large part de World Liberty Financial, la société de cryptomonnaies de la famille Trump, cofondée par Steve Witkoff. (Re)lire Un émissaire pour Gaza bénévole: CNN révèle que la société du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, investit dans des armes israéliennes Rien n'indique que les deux émissaires tireront eux-mêmes profit de la vente, souligne le New York Times. Steve Witkoff "n'a aucun conflit d'intérêts ni aucun intérêt financier dans ce dossier" , assure sa porte-parole. Ces liens d'affaires inquiètent pourtant Hui Chen, ancienne procureure du ministère américain de la Justice, qui dénonce auprès du journal "un ensemble d'enchevêtrements alarmant et très préoccupant" . Des sanctions devenues une opportunité L'administration Trump a sanctionné Lukoil il y a un an, une mesure présentée alors comme une pression sur Vladimir Poutine pour "arrêter la tuerie" . Le groupe a dû mettre en vente ses avoirs hors de Russie . Aucun repreneur ne peut s'imposer sans l'accord de Washington, maître de l'application de ses sanctions. (Re)lire Flotte fantôme, Vladimir Poutine, droits de douane à 100%... Ce que prévoit la nouvelle loi américaine de sanctions contre la Russie Le Trésor américain a ainsi rejeté en novembre 2025 l'offre du négociant suisse Gunvor, qualifié de "marionnette du Kremlin" . Le fonds Carlyle a conclu en janvier un accord provisoire avec Lukoil, resté sans validation américaine. L'enjeu financier est de taille pour les acheteurs: une fois la vente approuvée, les actifs échapperaient aux sanctions et leur valeur bondirait. L'administration Trump défend l'opération: un gage de bonne volonté envers le Kremlin, et un moyen de faire baisser les prix de l'énergie. Lukoil exploite des raffineries aux Pays-Bas, en Bulgarie et en Roumanie. Le diesel et le kérosène qui en sortent sont devenus rares depuis le début de la guerre en Iran. La décision se prend à la Maison-Blanche, selon des personnes impliquées dans le dossier. La dérogation qui permet aux activités de Lukoil de continuer court jusqu'au 29 octobre.