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Stratégies, ruses et dissimulations dans les « quartiers d’évaluation de la radicalisation » (QER) – France
2 Les quartiers d’évaluation de la
radicalisation (QER) sont des unités de regroupement temporaire de
détenus « radicalisés » à des fins d’évaluation, mises en place dans les
prisons françaises en 2016. Des groupes d’une douzaine de détenus
poursuivis pour des faits de terrorisme (TIS, pour « terroristes islamistes ») ou de détenus de droit commun suspectés de radicalisation
(DCSR) sont ainsi incarcérés dans ces unités hautement sécuritaires
pour être évalués par une série de professionnels – surveillants, éducateurs, psychologues et conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation – durant des sessions de quatre mois. La vie quotidienne dans
l’unité est ponctuée par quelques rares activités : promenades, sport, et,
parfois, cours d’échecs et atelier de « contre-discours radical », selon les
différents établissements. Le but de l’évaluation consiste à déterminer
la nature de la prise en charge pénitentiaire de ces détenus, et leur affectation à l’issue de la phase d’évaluation. Selon les résultats et les préconisations qui concluent le travail d’évaluation, les détenus peuvent ainsi
être affectés, après leur passage en QER, en détention ordinaire dans
des prisons à haut degré de sécurité, dans un quartier d’isolement, ou
dans des quartiers spécifiques de prise en charge collective, tels que les
« quartiers de prise en charge de la radicalisation » (QPR), ou les « quartiers pour détenus violents » (QDV).