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Corentin Durand

@corentindurand.cpesr.fr
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Chargé de recherche au CNRS (CLERSE), chercheur associé à l'INED. Political socioloy, crime & punishment, law & society.

PostsRepliesMedia
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 11/10/2026
Rencontre ce mardi 13 octobre à 19h30, à La Malle aux Histoires (Pantin), en dialogue avec Nicolas Ferran de l' @oipsectionfr.bsky.social sur mon livre "Derrière les portes de loi. Pouvoir, droit et violence en prison"(@cnrseditions.bsky.social) Venez 🤩 @clerseumr8019.bsky.social
033 3
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 12/09/2026
Passionnantes discussions ce matin sur les limites de la notion de dignité pour penser et agir sur la prison. Merci à la @ldh pour l'invitation à cette belle édition de la fête de l'huma !
000 0
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 10/09/2026
Aujourd'hui paraît dans les meilleurs librairie (les autres, il n'est pas trop tard...) : Derrière les portes de la loi. Pouvoir, droit et violence en prison (CNRS Editions). En avant première mondiale, en voici la table des matières et la première page. La p. 146 va vous étonner.
02514 25
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 06/09/2026
030 3
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 31/08/2026
Et voilà, il est arrivé ! Et sera chez votre libraire (parlez-lui en au cas où !) dès le 10 septembre. Hâte d'en discuter avec vous ! (Suggestion de présentation) @cnrseditions.bsky.social @clerseumr8019.bsky.social @cnrsshs.bsky.social @cnrs-hautsdefrance.bsky.social @univlille.bsky.social
0226 22
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 01/05/2026
Breaking news : le prochain opus du "Nom de la rose" mettra en scène deux sociologues perdus dans une UFR hostile en quête des pages perdues 85 et 86 de "Ultime recours" de Delphine Serre
020 2
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 27/04/2026
Start you week with an exciting paper, newly published in Incarceration! It's about waiting, a typical feature of prison life, & increasingly the base of a dimished yet renewed discipline towards prisoners: making them wait without protesting, even when nothing is coming. doi.org/10.1177/2632...
182 8
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 02/04/2026
Bel article de @cpilorget-rezzouk.bsky.social sur les lettres que des personnes détenues adressent depuis 2008 au Contrôleur général des prisons (@cglpl.fr): www.liberation.fr/societe/poli... Merci de m'avoir interrogé à propos de la recherche que j'y avais consacré: shs.cairn.info/revue-droit-...
Courriers «On ne demande pas de confort, un minimum d’humanité» : dans la boîte aux lettres de Dominique Simonnot, la contrôleuse générale des prisons
Réservé aux abonnés

En 2025, l’autorité administrative indépendante a reçu près de 3 000 courriers, la plupart pour dénoncer les conditions de détention. «Libé» a lu une vingtaine de ces lettres qui jettent une lumière crue sur la manière dont la France maltraite ses prisonniers.
Des lettres de détenus et de détenues, envoyées à Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, à Paris, le 30 mars 2026.
Des lettres de détenus et de détenues, envoyées à Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, à Paris, le 30 mars 2026. (Denis Allard/Libération)
ParChloé Pilorget-Rezzouk
Publié aujourd'hui à 8h45
Article de revue
Construire sa légitimité à énoncer le droit. Étude de doléances de prisonniers

    Par Corentin Durand 

Pages 329 à 348
Cet article cherche à rendre compte des modes d’énonciation du droit déployés dans les doléances adressées par des personnes incarcérées au Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL). La diversité de ces opérations rhétoriques de mobilisation et d’atténuation du droit permet en effet de mettre en évidence certaines contraintes morales à la tentative, pour des acteurs socialement affaiblis, de placer leur relation avec une autorité administrative sur le terrain du droit. Selon la manière dont le droit lui-même est caractérisé (la justice, le droit, mes droits), les stratégies rhétoriques déployées se transforment, et dessinent en creux une double indignité sociale : indignité à énoncer le droit et indignité à se présenter comme titulaire de droits.
030 3
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 20/03/2026
Un article intéressant de @geoffreypleyers.bsky.social sur le rôle que peut jouer la sociologie dans une guerre longue, meurtrière et existentielle. Avec des comparaisons avec les Philipinnes et Gaza, qu'on auraient pu prolonger aux usages de la sociologie pendant 2nde guerre mondiale.
What sociology can do in
wartime. The resilience
and dynamism of Ukrainian
sociologists
Geoffrey Pleyers
FNRS, Université Catholique de Louvain, Belgium
Abstract
What can sociology do in times of war? Is it still useful to conduct sociological research
when immediate solidarity is needed? Drawing on wartime Ukraine and informed by insights
from Palestine and the Philippines, this article reviews some crucial roles played by sociology
in wartime: making sense of rapid social transformations, bearing witness to violence, and
sustaining democratic horizons. Since 2022, Ukrainian sociologists have continued to document
fast changes in everyday life and society, civic engagement, values, resilience, and war crimes.
Insightful epistemological discussions have arisen on the conditions, limits, and responsibilities
of knowledge production in wartime, addressing the tensions between scientific rigour and civic
commitment and the ethical demands of research. By foregrounding the experience of sociology
in a society under existential threat, the article invites international dialogue and mutual learning
on the public, ethical, and democratic responsibilities of sociology in wartime.
030 3
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 15/03/2026
Questionnaire sortie des urnes, sous la houlette de camarades inventifs et prévoyants. This is what sociology looks like !
Valise ouverte contenant, d'un côté des questionnaires et feuilles de suivi cierges et de l'autre un amas de café, gobelets, snacks.
051 5
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 04/03/2026
Le programme du 8ème colloque "jeunes chercheur-euses" sur la privation de liberté, consacré cette année aux temporalités de la privation de liberté, est en ligne ! 📅 11 et 12 mars 2026 📍5 place du Panthéon, 75005, salle 6 📄 Inscription obligatoire : lnkd.in/eW7P8y2e 📺 Visioconférence sur demande
041 4
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 16/02/2026
Bizzare bizzare. Je me sens exclu de la hype du coup ...
100 1
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 05/02/2026
Je retombe aujourd'hui sur le magnifique incipit de L'expertise médicale de Nicolas Dodier. Et, comme je vous aime bien, je le partage. NB : le livre, longtemps indisponible, est en ligne, profitez-en : shs.cairn.info/l-expertise-... !
Citation de Thomas Mann dans Le Docteur Faustus : « Il reprit sa plainte déchirante et ses cris aigus, le “cri hydrocéphale” typique, contre lequel seul le médecin est plus ou moins cuirassé, précisément parce qu'il le considère comme typique. Tout ce qui est typique laisse froid, seul ce que l'on comprend sous l'angle individuel nous laisse hors de nous. »
230 3
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 28/11/2025
En l'absence de communication sur le site de CNRS, la publication des postes pour les concours 2026 CR et DR aura lieu le 8 décembre (info confirmée par la section 39), et la date-limite des candidatures le 7 janvier (sous réserve de confirmation sur le site du CNRS). Bon courage à tou.tes !
081 8
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 05/11/2025
Passionnant dossier de la @rfsp.bsky.social, coordonné par Myriam Aït-Aoudia, Clémentine Fauconnier et Alexandra Goujon sur la typologie des régimes politiques. shs.cairn.info/revue-revue-francaise-de-science-politique-2024-4-page-607?lang=fr
020 2
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 20/10/2025
L'occasion de (re)découvrir l'ensemble des numéros de la revue
Déjà parus :
Monde commun 1, Violence partout, justice nulle part !, septembre 2018.
Monde commun 2, Fake news, mensonges et vérités, mars 2019.
Monde commun 3, Multitude migrante, septembre 2019.
Monde commun 4, Petits citadins, mauvais citoyens ?, mars 2020.
Monde commun 5, Mondes toxiques, janvier 2021.
Monde commun 6, Comptes de la vie ordinaire, septembre 2021.
Monde commun 7, Trans, des existences frontalières, mars 2022.
Monde commun 8, Guerres civiles ?, avril 2023.
Monde commun 9, Inceste(s), janvier 2024
000 0
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 20/10/2025
Clap de fin pour la formidable revue "Monde Commun : des anthropologues dans la cité", à laquelle j'ai la chance d'être associé depuis 2018. Pour son 10e et dernier numéro, un retour aux sources et un appel à poursuivre : "Pour une anthropologie publique", coordonné par C. Kobelinsky et M. Lamotte
Monde commun : Des anthropologues dans la cité n°10

Pour une anthropologie publique
Coordonné par Carolina Kobelinsky et Martin Lamotte
Illustré par Álvaro Villar

Grand entretien :
Michel Agier

Dossier :
France
Iran
Argentine

Prise de parole :
La place des anthropologues dans la cité

L’anthropologie française est pendant longtemps restée étonnamment
discrète sur ses engagements auprès de ses publics et assez peu
présente dans l’univers médiatique. Né de ce constat il y a sept ans,
Monde commun s’est construit comme un espace d’intervention des
anthropologues dans la cité. Au fil des numéros, nous avons mis en
discussion des recherches sur des questions qui traversent notre société
et qui suscitent toujours plus d’inquiétude (telle l’empreinte chimique
et la pollution, la déformation de l’information et les régimes de vérité
alternatifs).
Comment fait-on concrètement de l’anthropologie une science sociale
publique ? Les auteurs et autrices de ce volume reviennent sur des
expériences de production de contre-mémoires et d’explorations
collaboratives avec les personnes rencontrées sur le terrain. Avec des
approches parfois différentes, toutes les contributions réaffirment
cependant la conviction que l’anthropologie produit des savoirs sur
notre société qui peuvent s’avérer utiles lorsque nous voulons imaginer
sa transformation.

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Conception graphique
© Anna Trébern
220 2
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 01/10/2025
Étonnant exemple d'américano-centrisme dans cette analyse très peu convaincante des politiques pénales européennes (enfin des "countries that are recognizably European”, whatever that means). Des politiques sans histoire propre, qui s'expliquent avant tout par des policy transfers depuis les US.
How and Why Western Europe Avoided Mass Incarceration
Michael Tonry

Abstract

Western Europe knows not “mass incarceration.” Scholars and professionals worried, as crime rates rose for two decades through the 1990s, that America’s imprisonment boom portended something similar. That was avoided, partly by adoption of American innovations intended to divert people from prosecution or imprisonment. Sometimes policy transfer succeeds. Prosecutorial diversion programs, pioneered in New York and Washington, DC, in the 1960s and later adopted in many places, soon languished. European equivalents were widely adopted or expanded beginning in the 1970s and remain in extensive use. The prison alternatives trajectory is similar. Community service, restitution, victim-offender mediation, and electronic monitoring all were pioneered in the United States but were later deemed insufficiently punitive and ceased being widely used. In Europe, fines are the most commonly imposed prison alternatives, followed by community service and electronic monitoring. The European reaction to rising crime rates—diversion and prison alternatives rather than harsher sentencing and overcrowded prisons—resulted from reluctance to politicize the criminal law, commitments to human rights ideals, and strong social welfare traditions.
010 1
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 16/07/2025
Lieu de traduction entre la volonté politique et l'action publique, le SGG est aussi garant du respect de l’État de droit. A l'heure où la volonté politique s'oriente de plus en plus vers des formes d'illibéralisme, quelle serait cette "réaction différente" dont parle JM Sauvé ? Où est-elle ?
100 1
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 26/06/2025
Theoretically, this paper revisit the notion of "neutral place" (Bourdieu and Boltanski, 1976) as sites where the field’s unifying rules of the game (the “illusio”) are discussed and agreed upon by its dominant agents. As such, they are actively constructing the very field in which they compete.
000 0
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 26/06/2025
We show how the structure of these events and the interactions among experts assert legal certainty as a "good in itself" and shift the burden of predictability onto tax regulators, by expecting them to stabilize rule interpretation to leave room for private actors’ strategic uses of the law.
100 1
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 26/06/2025
As sociologists of the law, we think that regulatory capture cannot be grasped only at the level of norm production. We need to look at how tax law is interpreted and enforced in discreet settings. This has important political implications, as most calls for fiscal reform focus only the former.
100 1
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 26/06/2025
This article aims to clarify what happens when opposing tax law elites meet (colloquia, conferences, training sessions, seminars) and engage in scholarly discussions about the law. We believe these places are instrumental in shaping the co-production of economic legality to the benefit of some.
100 1
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 26/06/2025
Very happy to share that our article, with Jérôme Pélisse, is out in Socio-Economic Review academic.oup.com/ser/advance-... @cnrsshs.bsky.social @cnrs-hautsdefrance.bsky.social @clerseumr8019.bsky.social @cso-sciencespo.bsky.social @univlille.bsky.social @sciencespo.bsky.social ⬇️
ournal Article
The asymmetrical negotiation of legal certainty: neutral places in taxation law in France
Corentin Durand , Jérôme Pélisse
Socio-Economic Review, mwaf036, https://doi.org/10.1093/ser/mwaf036
Published:
24 June 2025

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Abstract

This article argues that face-to-face professional events where regulators and regulated parties engage in civil and scholarly conversations about the law, such as conferences, seminars, and training sessions, are central to how regulations are interpreted and applied—an understudied aspect of regulatory capture. Critically revisiting Bourdieu and Boltanski’s notion of neutral place, we reconceptualize these events as places where dominant agents of a particular field come together to agree on unifying rules of competition—in the case of tax law that of legal certainty. Using data from semi-structured interviews, as well as statistical analysis and event observations in the field of tax law in France, we show how the structure of these events and the interactions among experts, in a contested move, shift the burden of predictability onto tax regulators, by expecting them to stabilize rule interpretation to leave room for private actors’ strategic uses of the law.
1145 14
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 18/06/2025
Une salutaire mise au point de Manuel Schotté. L'essentialisation de "labels" ne produit qu'un simulacre d'affrontement, au détriment de débats théoriques sur des questions précises. Extrait de : shs.cairn.info/revue-lannee...
Nathalie Heinich envisage son texte comme une occasion de confronter les limites et apports respectifs de la sociologie pragmatique et de la sociologie critique. Je ne souscris pas aux termes de ce débat, ne sachant pas exactement ce que recouvre chacun des « paradigmes » supposés. L’opposition dressée me semble davantage renvoyer à des questions de positionnement académique qu’à de véritables enjeux épistémologiques, ne serait-ce que parce que le label qui désigne le second a été créé comme un épouvantail par certains des tenants du premier pour se légitimer. À cette incompréhension s’ajoute un malaise, lié au fait d’être érigé en représentant exemplaire de ladite sociologie critique, au prétexte sans doute que j’utilise certains des outils de Pierre Bourdieu. Cela suffit-il à qualifier une recherche comme relevant de la sociologie critique ? La question se pose d’autant plus que ces outils ne sont pas les seuls que j’utilise. Les travaux de Norbert Elias, dont je discute un aspect assez secondaire à l’échelle de son œuvre, irriguent aussi très fortement ma démarche comme le dénote l’importance du concept de configuration dans le livre, ainsi que le recours à la démarche socio-historique. Au-delà de mon cas personnel, je m’interroge sur l’intérêt qu’il y a à mobiliser des catégories aussi réductrices, qui ne rendent que très imparfaitement compte des pratiques réelles de recherche, et qui ont, de plus, fait de longue date l’objet de discussions autrement plus informées et constructives .
283 8
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 13/06/2025
Question pour les lecteur.trices d'Etienne Balibar : je ne comprends pas bien ce qu'il entend pas "institution" dans Violence et Civilité, et la précision qu'apporte Louis Carrié ("au sens anthropologique") dans son commentaire par ailleurs lumineux ne m'aide pas vraiment
000 0
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 04/04/2025
Et tout ça dans un numéro de la Sociologie aux côtés d'articles qui on l'air tous passionnants ! Hâte de découvrir le texte d'E. Rambaud sur ce que la formalisation du consentement fait aux enquêtes, ou celui d'@hugotouzet.bsky.social sur les contraintes de la mise en nombre de l’opinion publique.
ommaire
Enquêtes
Pages 1 à 18
14 minutes
Article de revue
« Le client roi » ou « l’enquête reine ». Savoir-faire professionnels et contraintes marchandes dans la production des sondages d’opinion

    Par Hugo Touzet 

Pages 19 à 37
14 minutes
Article de revue
La construction scripturale de la légalité. Les pratiques punitives en prison à l’épreuve de leur encadrement juridique

    Par Corentin Durand 

Pages 39 à 57
14 minutes
Article de revue
Au seuil de l’armée. Pourquoi devenir militaire du rang dans l’armée de Terre ?

    Par Joël Zaffran 

Théories et méthodes
Pages 59 à 72
11 minutes
Article de revue
Entre Chicago et Paris. Les usages de la « réflexivité » par Pierre Bourdieu

    Par Matthias Fringant 

Pages 73 à 94
17 minutes
Article de revue
(Faire) consentir, de la règle à la lettre. À propos du nouvel esprit de l’éthique

    Par Elsa Rambaud
010 1
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 04/04/2025
Heureux de la parution d'un article auquel je tiens beaucoup sur les sanctions disciplinaires et les usages du droit en prison. J'y analyse la place central des pratiques de l'écrit dans l'incorporation et la déformation du droit. shs.cairn.info/revue-sociol... @clerseumr8019.bsky.social

La construction scripturale de la légalité. Les pratiques punitives en prison à l’épreuve de leur encadrement juridique

    Par Corentin Durand 

Pages 19 à 37
Article
Résumé
Bibliographie
Auteur(e)s
Illustrations

Cet article analyse les effets de l’encadrement juridique croissant de la répression disciplinaire en prison. La capacité institutionnelle à punir les prisonnier⸱es pour leur comportement est centrale dans la gestion de la détention. Comment un pouvoir essentiellement asymétrique s’accommode-t‑il de la relative symétrisation imposée par le respect du contradictoire, l’assistance d’un avocat et la possibilité d’un recours ? En deçà d’une combinatoire entre juridicisation et judiciarisation, on s’attache à saisir ces transformations au niveau des écrits professionnels. Il s’agit ainsi de complexifier la relation entre l’application de normes juridiques et l’adoption de procédures écrites que Max Weber place au cœur de son analyse de la bureaucratie. Les écrits professionnels traduisent dans le quotidien carcéral les changements normatifs et les risques – réels ou fantasmés – qu’ils font peser sur l’administration et ses agents. Ils donnent également lieu à des pratiques professionnelles d’évitement, d’apprivoisement ou de monopolisation du pouvoir de l’écrit pour redéfinir celui du droit, participant ainsi à une construction scripturale de la légalité. L’enquête ethnographique et documentaire menée dans deux prisons françaises et une direction interrégionale pénitentiaire montre comment, pour ne pas perdre les marges de manœuvre jugées nécessaires au bon ordre de la détention, ce sont les agents pénitentiaires qui, tout au long de la procédure disciplinaire, maîtrisent l’ensemble de ce qui fait trace et donc de ce qui fait droit. La formalisation du dispositif disciplinaire permet alors de redoubler le pouvoir pénitentiaire du pouvoir de la forme du droit.
1267 26
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 25/03/2025
Où l'on a enfin des nouvelles de l'insaisissable "dotation de démarrage" pour les nouveaux CR. 10 000 euros a dit la ministre, moins que les 17 000 euros d'il y a peu, et encore moins que 50 000 euros envisagés par le CNRS. La Cour suggère d'adapter les montants aux besoins de chaque discipline.
À 
cet égard, la mise en œuvre par le CN
RS à partir de 2019 
d’une 
dotation de démarrage 
versée systématiquement aux chercheurs récemment recrutés doit être saluée. La loi pour la 
programmation pluriannuelle de la recherche 
prévoit d’ailleurs de généraliser ce système, la 
ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche ayant précisé qu’il s’agirait d’un 
montant moyen de 10 
000 €, ce qui est en
-deçà du montant moyen servi par le CNRS en 2023 
(17 
500 €). Le CNRS a par ailleurs signalé son intention d’augmenter ce montant à 
50 
000 € 
d’ici la fin du prochain COMP, un montant dont il indique qu’il 
« restera bien loin des offres 
internationales les plus compétitives mais semble une première étape. »Aussi, la différenciation des montants des dotations en fonction des besoins serait 
judicieuse, 
d’une part pour adapter les ressources aux besoins, d’autre part pour
en maîtriser le 
coût global. En effet, 
en dehors du recrutement d’un post
-doctorant qui présente le même enjeu 
financier dans toutes les disciplines, 
les montants nécessaires sont très variables d’une 
discipline à l’autre
: ainsi, un chercheur en mathématique ou en sciences humaines et sociales 
a généralement des dépenses limitées (ordinateur, abonnements à des sociétés savantes ou à des 
publications
, déplacements), ce qui n’est pas le cas d’un chercheur en sciences de l’univers
, en 
physique, en chimie ou en biologie
15
dont les travaux vont 
souvent exiger d’acquérir des 
équipements ou de louer 
pour des montants pouvant souvent excéder plusieurs milliers d’euros 
des journées d’observation
sur des instruments de pointe.
000 0
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 25/03/2025
Où l'on apprend que la prime RIPEC 3 (excellence scientifique) est en principe (et pour 0,2% dans les faits) modulable. Et que la Cour encourage le CNRS à faire plus usage de cette possibilité pour encourager "les personnes les plus investies".
En outre, si certains aspects des lignes directrices de gestion du CNRS sont à saluer, en 
particulier l’intégration de tous les directeurs d’unité et directeurs adjoint
s dans le groupe le 
mieux primé du RIPEC 2, reconnaissant leur implication, 
le CNRS ne s’est pas pleinement saisi 
des possibilités de modulation prévues par les textes. Premièrement, le CNRS a fait le choix 
d’un 
RIPEC 3 forfaitaire (3 
500 € par bénéficiaire), ce qui correspond simplement au montant 
plancher prévu par les textes qui permettent d’aller jusqu’à 12
000 €. Deuxièmement, les lignes 
directrices de gestion du CNRS permettent de moduler ce montant pour 5 % des bénéficiaires : 
cette capacité a été mobilisée seulement dans 0,2 % des cas en 2023. Troisièmement, les lignes 
directrices de gestion ministérielles prévoient que 
« chaque organisme est libre d'ajouter 
d'autres critères, comme l'engagement dans les appels d'offres européens, la recherche 
partenariale, la participation aux projets de site, la coopération internationale, expertise, la 
recherche sur la transition écologique, etc. »
. Les orientations retenues par le CNRS n
’ajoutent 
aucun critère, alors même que certains sujets comme 
l’engagement dans les appels d’offre 
européen mobilisent fortement certains chercheurs. En somme, il 
conviendrait d’assurer une
montée en puissance du RIPEC 3 et une individualisation plus nette de ses montants comme 
levier comp
lémentaire d’attractivité
et de valorisation des parcours. Recommandation n°7 (CNRS, 2025) Activer plus résolument les capacités de 
modulation individuelle des rémunérations des chercheurs 
afin d’oriente
r les moyens 
vers les personnels les plus investis.
100 1
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 25/03/2025
La Cour regrette l'augmentation de l'âge moyen de recrutement au concours de chargé de recherche, désormais en moyenne de 34,4 ans globalement, et de 37 ans pour les SHS. Et recommande des dispositifs pour favoriser les plus jeunes.
En effet, 
l’âge moyen de r
ecrutement au concours a progressivement augmenté depuis la 
suppression de la limite d’âge à 30 ans pour les chercheurs 
sur les concours de chargé de 
recherche (2006), passant de 30 ans en 2006 à 33,9 ans en 2013 puis à 34,4 ans depuis 2020. 
Ce chiffre est stabilisé depuis. Cette augmentation est liée au fait que la voie de recrutement par 
concours valorise les titres et travaux des candidats, contribuant à un relèvement progressif de 
l’âge de présentation. Il ne s’agit pas d’un enjeu anodin, puisque dans c
et espace entre 30 et 34 
ans, le post-doctorat pourra être recruté par un laboratoire étranger ou partir dans le privé et son 
talent sera perdu pour la recherche publique française. Par ailleurs, le CNRS disposera de son 
chercheur quatre années de moins qu
e s’il était entré plus tôt dans ses effectifs. On note 
d’ailleurs des différences significatives entre disciplines
: en mathématique, les recrutements se 
font autour de 30 ans 
; en sciences humaines et sociales ou en biologie, l’âge moyen au concours 
est de 37 ans. Le CNRS semble toutefois conscient de cet enjeu. On peut saluer par exemple 
l’initiative prise par CNRS Biologie de travailler directement avec 
les sections de recrutement 
pour attirer des chercheurs plus jeunes à compter de 2024.
110 1
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 25/03/2025
La stagnation des effectifs globaux est rendue possible par l'augmentation du recours aux contractuels, malgré la baisse des effectifs permanents. Elle varie selon les instituts, selon une logique qui a visiblement échappé à la Cour.
Graphique n° 9 :
Évolution des effectifs par institut entre 2013 et 2023 (en ETPT)
100 1
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 20/03/2025
Entre 2001 et 2022, la proportion d’articles sur le genre passe de 9 à 11,4% sur l’ensemble des revues considérées. On est donc très loin de la poussée massive annoncée par certains, et parfois crainte par d’autres.
Figure 1
: Articles mobilisant une approche de genre (définition extensive) dans les sciences
sociales françaises, par discipline. Pourcentages, moyennes mobiles sur 3
ans
020 2
Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 20/03/2025
Un article passionnant ! Par ses résultats (sur la place - limitée - du genre dans les publis SHS en Fr) et sa méthodologie (entraîner une IA à identifier des thématiques au-delà de la lexicométrie) osf.io/preprints/so... @eollion.bsky.social @scoavoux.bsky.social @sibylleglk.bsky.social
La part du genre
Genre et approche intersectionnelle dans les revues
de sciences sociales françaises au XXIe siècle
Résumé
Quand mobilise-t-on une perspective de genre dans les publications de sciences sociales
françaises, et qui le fait
? Recourt-on davantage à cette approche que par le passé, et cette
dernière en a-t-elle remplacé d’autres grilles d’analyse comme on l’entend parfois
? Parce qu’il
est impossible de consulter l’ensemble de la production universitaire sur une longue période, les
spéculations l’emportent souvent sur les analyses empiriques. Afin d’apporter une contribution à
ces réflexions, ainsi qu’à l’histoire et à la sociologie des sciences sociales, cet article s’appuie sur
des outils issus du traitement automatique des langues – des 
grands modèles de langage (LLMs)
– pour repérer les invocations du genre dans un vaste corpus. Appliqué aux articles scientifiques
de près de 120 revues de sciences sociales françaises publiées depuis le début du siècle, il offre
plusieurs résultats parlants. Le recours à une approche de genre a indéniablement progressé au
cours des vingt-cinq dernières années, même si le point de départ était souvent bas, et qu’il reste
finalement limité. Des différences marquées existent entre disciplines, tout comme diffèrent les
formes d’institutionnalisation de cette approche. Cette perspective est, en outre, encore très
majoritairement mobilisée par des femmes. Enfin, l’approche intersectionnelle augmente
légèrement, tout en restant très minoritaire, et sans que le genre ne se substitue à la classe.
Mots-clés
:
 Genre, Classe, Sociologie des sciences sociales
, Intelligence artificielle, A
pproche 
intersectionnelle.
Article écrit par
 Étienne Ollion, Julien Boelaert, Samuel Coavoux, Estelle Delaine, Altaïr 
Despres, Sibylle Gollac, Narguesse Keyhani, Adèle Mommeja, à paraître en septembre 2025 
dans la revue 
Actes de la recherche en sciences sociales
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Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 14/02/2025
My lastest article is online at Law and Social Inquiry! I introduce the idea of "adversarial formalism" to describe the intrusion of the form of the law into everyday communications and the reshaping of prison relational economy. doi.org/10.1017/lsi.... #Criminology #Law&Society #Prison
The Shadow of the Law: Adversarial Formalism in Prisoner-Staff Relations

Published online by Cambridge University Press:  11 February 2025
Corentin Durand 

Abstract

The law is commonly described as one of the major forces shaping contemporary correctional institutions. However, we still lack a satisfactory understanding of how it has affected power relations behind bars. Drawing from two ethnographies of French correctional facilities, this article finds that changes to the material environment where incarcerated people and correctional staff interact have altered the relational economy of prisons and jails more than legal actions have. To avoid litigation, prison administrators design and use countless graphic artifacts, which has further reshaped the adversarial nature of social relations in prisons and jails. This bureaucratic approach has introduced the form of the law into the most banal of everyday communications between prisoners and authorities, replacing the informal asymmetrical interpersonal negotiations that have traditionally maintained order. Building on Robert Kagan’s typology of modes of policy making and dispute resolution, I re-examine power relations in contemporary French prisons and jails as a tension between formal and informal framings as well as hierarchical and participatory organizations of authority. I call this hybrid relational economy, where the force of the law lies mostly in its formal shadow, adversarial formalism.
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Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 04/02/2025
Très content de voir publier cet article de ma collègue Manon Veaudor! Une analyse originale de la place des catégories raciales dans la gestion pénitentiaire, montrant leur intrication avec d'autres catégories (quartiers, âges, etc.) qui les façonnent/concurrencent. shs.cairn.info/revue-politi...
Le « bon » détenu au « bon » endroit
Gestion spatiale de la détention et racialisation de l’ordre carcéral
Par Manon Veaudor 
Revue Politix
Résumé : En France, deux ensembles de travaux sur les catégorisations raciales en prison se dégagent, au sein desquels cette question peine à trouver une problématisation convaincante : entre ceux, d’une part, qui privilégient l’entrée par le continuum carcéral pour saisir l’imbrication des logiques d’exclusion sociale et raciale entre la prison et les quartiers populaires ; et ceux, d’autre part, qui interrogent la racialisation au seul prisme des conditions de production des énoncés racistes. En prenant pour objet la manière dont le personnel pénitentiaire désigne et regroupe les détenus au regard d’un lieu de résidence et des fréquentations qui y sont associées, l’article examine les effets imbriqués des processus de racialisation et de territorialisation sur les modalités d’affectation en détention. À partir d’une enquête ethnographique dans deux maisons d’arrêt, il montre comment les catégorisations territoriales visant les jeunes hommes de milieux populaires reproduisent des formes de racialisation et de disqualification des détenus visés par des pratiques ambivalentes de regroupement en unités de détention. La latitude laissée au personnel d’encadrement de l’administration pénitentiaire dans la gestion des affectations apparaît dès lors déterminante. Elle donne lieu, dans les deux établissements de l’enquête, à la constitution de normes d’« équilibrage » dans la composition des unités, révélatrices d’une dynamique pragmatique de racialisation structurant l’ordre carcéral.
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Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 23/01/2025
Une des recherches les plus importantes sur les Supermax, menée par Lorna Rhodes, montre comment l'isolement total fabrique et entretient la folie
Rhodes Lorna A., Total Confinement: Madness and Reason in the Maximum Security Prison, Berkeley, Calif, University of California Press, 2004, 329 p.
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Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 23/01/2025
Mais c'est surtout une inspiration directe du modèle du "solitary confinement" américain, où l'isolement complet des prisonniers est une forme à peine déguisée de torture, prolongée à l'infini, et attribuée sur des critères flous. La référence US sur ces questions est @kerametr.bsky.social
REITER Keramet, 23/7: Pelican Bay Prison and the Rise of Long-term Solitary Confinement, New Haven, Yale University Press, 2016, 313 p.
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Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 01/01/2025
Pour tout savoir sur l’histoire extrêmement riche de cet air, un conseil (un brin biaisé) : le livre passionnant d’ @antonindurand.bsky.social
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Corentin Durand @corentindurand.cpesr.fr · 17/01/2024
Vendredi paraît un numéro spécial d'Actes de recherche en sciences sociales sur les "politiques de l'attente", dirigé par C. Reveillere et P.-A. Chauvin. J'y publie un article sur les métamorphoses du projet disciplinaire pénitentiaire : une discipline du vide. Stay tuned !
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