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Juliette Antigone

@antigoneisqueen.bsky.social
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cette meuf relou qui pense que 98% des choses aimées par les autres (et elle-même) sont de droite

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Reposted by Juliette Antigone
Frak @ehfull.eurosky.social · 01/10/2026
From @paris-luttes.bsky.social sur mastodon parce qu'ici il est à la ramasse : Manifestation lycéenne rue Vieille du Temple | #MàJ Une manifestation lycéenne se déroule aussi à Paris, rue vieille du Temple. Force contre les keufs !
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 28/09/2026
J'avais lu que le principal défaut de Jumpers (Hoppers) de Daniel Chong était qu'il était centriste. Mais en fait c'est pire que ça : c'est un gros film de droite bien libéral, bien anti résistance, haïssant la nature même qu'il prétend vouloir défendre dans son propos. En fait, dès que j'ai vu des animaux avec des couronnes, dès que j'ai vu qu'ils communiquaient tous entre eux en anglais, j'ai compris que j'étais face à un film débile qui ne cherche pas une seule seconde à se mettre dans la situation qu'il décrit. Rien dans tout le film ne ressemblera même à 1% au comportement des animaux. Non, les animaux ils travaillent avec de la musique, ils ont un chef, ils ont des lois. Oui, je sais que tous les films ne sont pas Flow, mais comme celui-ci prétend une forme d'immersion j'attendais quand même quelque chose de moins stupide, avec des animaux stupides, au design stupide.Mais ce n'est pas ça le pire. Le pire c'est que le vrai méchant à la fin c'est un animal. Le pire c'est qu'on se tape un dernier acte interminable pour sauver un humain de merde alors que tuer le méchant papillon c'est rigolo. C'est un film qui te dit qu'on peut discuter avec la droite mais les extrémistes eux par contre sont inarrêtables faut les zigouiller. D'ailleurs notre héroïne apprend à cesser sa colère, à être calme car, oui, être en colère contre les gens de pouvoir qui bousillent la nature franchement c'est pas bien ça fait même qu'empirer les choses, il faut dis-cu-ter. Vous savez que, par an, 2050 MILLIARDS d'animaux sont tués pour notre alimentation ? Si à ça on ajoute, ceux assassinés par la destruction d'habitats, par le réchauffement des eaux, ou juste pour des raisons sanitaires, vous imaginez le chiffre que c'est ? Heureusement qu'il y a des gens en colère. Il n'y a pas de compromis possible pour les animaux : il FAUT arrêter de les manger, de les exploiter et il faut arrêter de produire, de construire, de détruire. À la fin du film, tout va bien, l'autoroute va bien être construite mais ailleurs et c'est d'une bêtise crasse de penser ainsi. Il faut juste arrêter et chercher la décroissante et chercher à protéger. Et c'est pas un film aussi abruti que Hoppers qui mettra seulement 2% de ces idées dans le crâne du moindre enfant ou du moindre adulte. Quel scandale.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 23/09/2026
Mon avis sur les deux gates IA en cours : - WikiMaster : c'est déjà une idée pourrave de faire d'une encyclopédie en ligne un jeu de cartes à collectionner avec des raretés. C'est fou de toujours vouloir collectionner, compter, posséder, et faire de la compétition. Et en plus bien trempé dans l'IA.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 19/09/2026
The Transformation de Susana Aikin et Carlos Aparicio est un bon exemple de pourquoi les sociétés actuelles ne donnent pas le choix. Dans ce monde on nous empêche de vivre dignement et on invente même ce qu'est la dignité : la "mort digne" pour les personnes handicapées et malades, la conformité pour les queers, l'intégration pour les personnages racisées, la docilité pour les femmes... Et tout ça, ce n'est que des violences. Dans The Transformation, Sara doit se convaincre elle-même qu'elle est Ricardo car les États-Unis et la rue l'ont détruite, violentée, au point où une thérapie de conversion lui a paru plus désirable et aujourd'hui on lui parle de choix. Mais ce n'est pas faire un choix qu'être anéantie pour se conformer. Ce document est très touchant, très beau, très important. C'est aussi un témoignage d'une communauté queer porto-ricaine drôle et différente, détestée par une horrible société et résistante jusqu'à la fin à sa laide conformité.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 15/09/2026
L'affaire Abdallah de Pierre Carles revient sur toute la machine médiatique autour de l'emprisonnement du résistant libanais arrêté pour défendre son pays et la Palestine. En utilisant beaucoup d'extraits de JT, de Unes de journaux et en interviewant les journalistes et des politiciens, il dresse un constat implacable : les machines médiatiques et étatiques ne sont pas neutres, travaillent ensemble et reflètent le système. Ici, en l’occurrence, on parle d'un système raciste, et néo-colonial. Et c'est fou de voir ce film sur une affaire de 1982 et de constater qu'en 2026 on peut toujours dire sans se tromper : l'état d'Israël commet en génocide en Palestine et la France est complice.
Et le plus fou c'est de voir qu'encore les médias vont silencier, diaboliser, et aller jusqu'à la censure. Dans 40 ans ils diront s'être trompés, et chaque année où persistent leurs erreurs, des enfants meurent. Cet homme est resté 40 ans en prison et on n'a pas voulu le faire sortir car il ne changeait pas. En réalité, ce qui n'a pas changé c'est l'état impérialiste de France, c'est l'état génocidaire d'Israël, c'est l'état fasciste des États-Unis. Tant qu'ils ne changeront pas, les militants devront tenir la ligne. Merci à Georges Ibrahim Abdallah, chacun de ces mots donne de l'espoir.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 13/09/2026
The World of Love de Yoon Ga-eun parvient à réussir tant de choses qu'il en est miraculeux. Il prend un point de vue très intéressant : comment parler d'une agression qu'on a vécu auprès de gens qu'on ne connaissait pas à cette époque ? Faut-il le confier ? Est-ce que cela nous défini et donc doit être dit, ou est-ce une défaite d'admettre que cela fait partie de nous ? Ces réflexions si fines et intimes offrent une œuvre bouleversante qui nous fait pleurer de joie, d'attendrissement, de désespoir aussi. Jamais il ne met de côté la violence infinie de nos sociétés contre les enfants, les adolescents, mais il ne sombre pas dans cette brutalité et se rattache à la douceur, à l'entraide aussi et expose l'entièreté des êtres imparfaits que le traumatisme façonne. Il réussit à la fois à montrer le caractère systémique et pluriel de l'inceste tout en restant plein d'espoir car il englobe entièrement son sujet. Du traumatisme qui fait hurler, au procès qui décompose, en passant par l'intimité difficile ou la famille silencieuse, il est vraiment profondément politique. Le viol et l'inceste ne sont pas des cas isolés, ce sont les produits d'une culture entretenue dans un système de domination. Mais ce système a des failles : la parole, la solidarité, l'amour d'un proche qui fera tout pour nous protéger ("je voudrais que tu disparaisses" ... j'ai tellement pleuré). Et tout ça est traité dans une mise en scène naturaliste qui lorgne presque dans le documentaire sur l'école et ses failles. C'est incroyable.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 11/09/2026
Après 30 ans de vie à avoir vu 2000 références à Dirty Dancing de Emile Ardolino, j'ai enfin décidé de le voir, de mettre un contexte à ce porté, à ce "bébé dans un coin". Et personne ne m'avait prévenu qu'il s'agissait d'une unproblematic love story sur fond de lutte des classes ! Évidemment la fin est d'une réconciliation très niaise et je trouve la plupart des comédiens très mauvais et la mise en scène faible et le déroulé programmatique. Pourtant j'ai été surprise par plusieurs choses : déjà l'histoire d'amour démarre parce qu'une femme en aide une autre à avorter (ce film de 87 est plus subversif que les rom com de 2026) et c'est l'histoire d'une bourgeoise qui découvre que l'ascenseur social est cassé. En plus, il y a une vraie sensualité et sexualité assumées, loin du puritanisme de beaucoup d'autres rom-coms étasuniennes. Je comprends totalement le culte du film, qui n'est en réalité pas très bon, mais qui a le mérite de bousculer des codes même aujourd'hui ironiquement.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 10/09/2026


Dans Hair, Paper, Water de Trương Minh Quý et Nicolas Graux, les mots prennent une forme concrète. Ils sont liés à ce qu'ils désignent évidemment mais aussi à des gestes, à des histoires personnelles, à des traditions de vie, de médecine. La forme du film cherche à donner une physicalité à la langue, à en adopter le rythme, la lenteur, la poésie. Les images sublimes sur lesquelles se superposent des mots permettent de concrétiser toute une culture. Si ces mots en rouges ne sont plus prononcés, ce qu'ils signifient va disparaître. C'est un film sur la peur de cette disparition, sur une vieillesse qui lorsqu'elle part fait perdre du savoir à l'humanité entière. Mais c'est surtout une œuvre sur la transmission. La fin où un enfant répète tout ce que son arrière-grand-mère lui apprend illustre cette idée que dire c'est faire exister. Le "Nước" (eau) souvent répété représente parfaitement cette idée : le son du mot ressemble à une goutte qui tombe et lorsque l'enfant le répète, on pense juste aux échos dans les grottes. Nước ne signifie pas l'eau, c'est l'eau. Et cette magnifique idée structure un magnifique film.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 07/09/2026

Dans Memories of Agano, Makoto Satō revient là où il a tourné, il y 20 ans, un documentaire sur un village massivement intoxiqué au mercure. Après tout ce temps, il ne reste presque plus personne, les malades ont péri. Le documentaire s'attardant sur la nature vide, sur les courants d'eau, sur le feu qui crépite et les humains hors champ est un film de fantômes. Partout, l'âme de ceux détruits par le capitalisme erre encore, et ils ressuscitent lorsque Makoto Satō re-diffuse son film dans les rizières. Le cinéma comme objet de mémoire est ici parfaitement utilisé. Le dialecte des habitants, ce qu'ils ont été, l'amitié qu'ils avaient avec le réalisateur est conservé dans ces images qui seront bientôt le dernier souvenir de ces villageois. C'est poétique, sublime et déchirant, c'est une ode à l'amour qui reste envers ceux qui ne sont plus, et c'est une tentative lyrique de maintenir en vie ce que les entreprises veulent faire disparaître.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 05/09/2026
Le cinéma de Lynne Ramsay a une tendance à la cruauté avec ses structures en répétitions et crescendos. Die my love n'échappe pas à cette règle et fatigue autant qu'il ennuie parfois avec une Jennifer Lawrence obligée d'abuser dans une folie sur-esthétisée. Y'a des bruits forts, du sang, un montage un peu décalé, autant d'outils trop utilisés qui font penser à du Aronofsky, donc à un cinéma culte il y a 20 ans mais épuisé aujourd'hui. Pourtant Lynne Ramsay propose aussi des choses très belles, vraiment précieuses, comme une rencontre avec un cheval pendant la musique de la tempête de Bambi, un moment un peu suspendu, un peu lynchéen. Elle vogue entre le cliché et quelque chose de profondément viscéral et féminin, un enfermement dans le couple, la maternité, la vie de famille. J'ai donc définitivement toujours le même problème et la même admiration avec Ramsay : chez les femmes elle arrive à montrer des choses puissantes, inédites, et jamais simples à vraiment décrypter ; mais elle s'enferme dans la surenchère et tombe dans le torture porn mental.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 04/09/2026
Comme j'ai mes propres faiblesses étasuniennes j'adore les Looney Tunes, je trouve ça hilarant, je m'identifie à Daffy Duck et je déteste Titi... Et donc lorsque Coyote vs. Acme de Dave Green est en mode cartoonreries avec des chutes, des corps qui se déforment, et des personnages aussi stupides que maladroits, j'adore. Visuellement, je pense qu'il aurait encore plus dû s'amuser, notamment car il s'inspire beaucoup de ce qui est fait dans Roger Rabbit (normal) beaucoup plus bluffant à tous les égards. En tous les cas le film est souvent drôle et son idée de prendre ce loser de l'extrême qu'est Coyote comme héros est une idée formidable qui redonne à cet idiot les lauriers qu'il mérite (j'ai toujours été de son côté). Je trouve les acteurs humains un peu à la traîne et parfois le dialogue entre animation et prise de vue réel cafouille à cause de ça.Avec ces humains, le film s'aventure dans un petit propos politique sur les grosses entreprises et il est difficile de ne pas y voir des parallèles surtout avec la maltraitance animale. Cette force du film est aussi sa faiblesse car forcément il ne s'aventure pas du côté de la révolte mais des juges. Alors que, soyons honnêtes : si vous étiez un personnages de dessin animé qui ne peut PAS mourir, vous iriez chez un avocat ou alors vous iriez directement en mode guillotine ? Moi en tout cas je sais. C'est un film mignon et simple, un peu courageux mais aussi un peu trop lisse, et qui nous offre une séquence avec ce bon vieux Beep Beep qui était à ça de me faire pleurer.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 03/09/2026
Revoir L'Inconnue d'Arthur Harari me fait encore plus l'aimer. Dans ma review précédente je n'avais pas remarqué à quel point le questionnement sur l'identité est liée aux lieux. Se baladant de banlieues parisiennes en banlieues parisiennes, le film propose un décor fait de barre d'immeubles, de PMU et de resto kebab/pizza/burger/crêpes. Le fait que ces banlieues se soient métamorphosées au fil du temps pour devoir se raccorder à Paris, ressembler à Paris et ne plus être la campagne, permet de lier l'histoire du film à quelque chose de plus large et globale sur le changement.
Est-ce que des lieux qui ont tant changé sont encore les mêmes ? C'est un peu comme nous, à quel point sommes nous la même personne qu'il y a 10 ans ? Notre "nous" du passé est rarement plus qu'une photographie accrochée au mur. Si on change de corps, est-ce que juste se rappeler de son enfance fait que finalement on est lae même ? Je trouve le film infini dans ce qu'il montre de la persona et de l'affection, mais aussi du choc avant la reconstruction. Il en devient politique avec toujours son lien au décor comme quelque chose qu'on a forcé à changer et ses scènes de sexes non consenties et ses corps qui se modifient.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 31/08/2026
Peu de films montrent aussi bien le désir que Un chant d'amour de Jean Genet. Seules les images retranscrivent ce sentiment dans ce récit entièrement muet où des prisonniers sont contraints à une libido frustrée qui peut néanmoins s'exprimer dans la cachette qu'est la cellule. Le regard ou l'absence de regard guident les scènes avec un gardien habité par sa toute puissance permise par le fait de pouvoir voir. En même temps, c'est sans horizon ou s'espérant observés que les prisonniers se délivrent de l'enfermement ou s'adonnent à la soumission. Tant de choses se déclinent dans un érotisme parfois pur, parfois inquiétant, le désir du corps est contagieux et on désire l'être tout entier, de sa peau à ses pensées entières. Cela peut détruire mais aussi faire naître tant de poésie... On a jamais été aussi soulagé·es de voir des fleurs enfin être attrapées et donc enfin être offertes.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 30/08/2026
Pour celleux qui ont pas Instagram, mes derniers dessins sur twin peaks hehe
Double page de dessin, les dessins décrits sont aux images suivantes Dessin de droite : en aquarelle, tons oranges jaune violet, on voit des canards dans l'eau. Style un peu abstraitDessin de gauche : en acrylique, tons très roses orange bruns, on voit une femme yeux fermé qui danse dans un décors un peu de bar
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 27/08/2026
Je pense que la beauté de The Company of Strangers de Cynthia Scott est indescriptible. 7 femmes âgées et l'une plus jeune se retrouvent perdues au milieu de nulle part et doivent survivre. S'alternent des scènes de construction de lits, de filets de pêche, avec des témoignages, des paroles documentaires car le scénario l'est à moitié, prenant leurs vrais récits de vie. Et dans ce film y a tout. Le lesbianisme, l'exil, le rire, l'art, la peur de la mort, la peur de vivre, la souffrance, le deuil, l'amour, l'entraide, tout est montré dans des scènes légères, douces mais si puissantes. Les films montrant des personnages âgées qui rient, qui marchent qui ont encore une vision de l'avenir sont si rares qu'ils en deviennent très précieux. Cela m'a fait pensé au beau Soudain de Hamaguchi, car ces récits qui filment des personnes âgées comme des humains se comptent sur les doigts d'une main et sont tous à leur manière et pour cela, révolutionnaires.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 26/08/2026
Cela a déjà bien été dit mais j'en rajoute une couche : c'est la superposition de deux intrigues qui rend Saving Face d'Alice Wu si réussi. En entremêlant le parcours d'une jeune femme lesbienne au placard et de sa mère enceinte d'un père inconnu, le film ne parle plus seulement d'homophobie ni de sexisme mais d'un système plus large sur les femmes. En liant deux problèmes intimes il fait peser tout le poids du patriarcat. Le film se passant dans le milieu de la diaspora chinoise à New-York, il superpose encore un nouvel élément lui permettant d'aborder la complexité entre immigration et relation amoureuse. Car les femmes ici ne sont pas seulement mal parce qu'elles ne peuvent pas vivre leur amour. Elles sont mal car elles sont loin de leur pays, car elles ne parlent pas la même langue que les autres, parce qu'elles s'attachent à une culture doudou qui est trop loin. Être libre amoureusement c'est potentiellement quitter son seul point d'ancrage dans un monde étranger... Du moins pour les plus âgées qui s'éloignent des plus jeunes, plus "américanisées" qui veulent sortir de la communauté tout en y étant profondément intriquées. C'est une pure réussite dans le mélange de tout ces thèmes et c'est en plus très drôle et très touchant.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 23/08/2026
Extrait issu de mon article plus vaste sur Med Hondo : www.cinematraque.com/2023/11/19/med-hondo-lhomme-derriere-la-voix/
Revisionnage de cet immense chef d’œuvre, jalon inconnu de l'histoire du cinéma qui est West Indies de Med Hondo. Le film a pour décor un grand bateau reconstruit dans un ancien hangar Citroën. Dans cet unique lieu, Med Hondo va retracer l’histoire coloniale française et mettre en parallèle deux traites : l’esclavage au XVIIème siècle et celle plus récente et contemporaine à la création du film, où l’état français appelait Martiniquais et Guadeloupéens à venir en France pour les faire travailler à moindre prix, les laisser vivre dans la misère et surtout pour vider les îles craignant de ne plus les contrôler. West Indies est surtout une comédie musicale. Désirant détourner ce genre très américain et souvent vecteur d’une vision utopique du monde, il utilise le ballet, les chants créoles, les hymnes français, le parlé-chanté pour se réapproprier cette forme. Il en résulte un film virtuose dont aucune scène ne se ressemble, avec des danses somptueuses, des témoignages bouleversants. Ce procédé permet aussi au réalisateur de mettre en avant la culture africaine et créole car comme il le répétera souvent – et le mettra en acte avec son acteur Robert Liensol, né à Saint-Barthélemy, jouant un émigré Mauritanien dans son film précédent – la culture des opprimés par les Blancs peut être vue comme une seule culture et unie, elle est une arme contre l’hégémonie capitaliste occidentale.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 22/08/2026
Les goats @zephhareng.bsky.social et @antoineramo.bsky.social ont récemment sorti une énième vidéo géniale qui s'interroge sur plein de choses et notamment sur la théorie des auteurs. Comme toute personne dotée d'une conscience politique ils interrogent cette théorie. www.youtube.com/watch?v=b6Fp...
youtube.com
Miyazaki, Mœbius, Disney… le crossover catastrophique
YouTube video by Zeph & Ramo
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 21/08/2026
Avant mon second visionnage de Fjord de Cristian Mungiu, je m'étais préparée à être très concentrée sur certaines scènes clés pour observer ce qui se passait réellement, et force est de constater que cela ne sert à rien vu que tout est hors champ ou coupé au montage. Et pour moi réside là le vrai défaut du film. À cultiver une ambiguïté à l'image, il rend son film plus flou qu'il n'est réellement. Les parents ont beau confesser avoir tapé, il y a un doute qui subsiste et est cultivé par une mise en scène qui joue trop sur l'invisible. Le film pose des questions simples : comment gérer juridiquement les différences culturelles ? comment des instances forcément racistes perpétuent des discriminations ? que coûte le mythe de l'intégration ? Il le fait en mettant dans une position inconfortable avec une famille réactionnaire, mais il n'est pas idiot de le faire surtout en se plaçant du point de vue d'une famille Roumaine, qui peut subir, on le voit bien en France, des préjugés clairs. Malheureusement comme il en montre trop peu il déplace la question à : qui dit la vérité ? Alors que je pense que ce n'est pas le propos. Sa seconde envie est de commenter la place des enfants dans tout ça. Balloté·es, transporté·es, tapé·es, ils n'assistent pas à des procès qui vont décider de leur destin. Ils sont souvent appelé "les enfants" comme s'ils n'avaient pas de prénom, d'identité. J'aime le fait que dans le film leur parole est retranscrite, répétée mais rarement montrée directement afin d'appuyer le fait qu'en les écartant trop des décisions, on ne s'appuie plus sur leurs envies et témoignages.
Fjord n'est, selon moi, pas un film si réactionnaire, et surtout pas une critique du progressisme. Il s'attèle bien à montrer la puissance patriarcale dans le couple, l'homophobie d'hommes inquiets de voir leurs filles se rapprocher, la jalousie mal venue de minorités entre elles. Juste, à vouloir être trop froid et subtil dans son hors champ, il n'arrive pas à assez bien se dérouler.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 20/08/2026
Dans ses premières œuvres acclamées, Gregg Araki présentait des personnages qui, pour s'échapper du capitalisme, du puritanisme et de la société hétéro-normée, fuyaient dans des soirées, dans le pays, dans la drogue et surtout s'épanouissaient sexuellement dans des relations queer. Souvent ils étaient rattrapés. Dans I want you sex, les personnages ne fuient plus et cherchent au contraire à s'intégrer par le travail, les études. La société ici inculque un plaisir de la domination, prouve une impasse hétéro du plaisir, et souligne une peur d'être autre chose que ce qu'on attend. Là où le film fait un peu soupirer c'est qu'il se concentre sur la gen Z comme si on avait attendu cette génération pour avoir peur du changement, pour rester au placard et aller dans le capitalisme. Sans s'amuser à pointer les jeunes d'aujourd'hui, le film se serait déjà débarrassé de ce regard un peu "vieux con" pas nécessaire à son propos. En tous les cas Araki garde son style acidulé, fauché, avec des décors irréels plein de couleurs, l'introduction d'animation et du sexe partout. Ici, le sexe est commercial de plusieurs manières : par l'art, par les applis et surtout par la relation patronale SM. Cette idée du sexe capitaliste cumule avec une fin cynique où chacun s'est enrichi dans des projets à la con d'autofiction marchandée. Le vrai soucis du récit c'est que, tout ce que je raconte ici, il peine finalement à bien le montrer et le mettre en place. En partant vers presque le thriller, en peinant à bien développer ses sujets il peut apparaître confus et un peu abscons, un peu boomer, un peu perdu. C'est dommage pour un film aux prémices malignes et à l'humour parfois très bon.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 18/08/2026
Difficile pour moi de bien comprendre le ton de The End of Oak Street de David Robert Mitchell. Le film est si étrangement réactionnaire qu'on souhaite y voir du cynisme et en même temps il est plongé si bêtement dans un hommage spielbergien à la Abrams qu'on ne sait pas ce qu'il souhaite transmettre. Est-ce que les banlieues étasuniennes sont si intéressantes pour qu'on en fasse encore des films ? Non. Est-ce que reprendre les années 80 est encore pertinent ? Non, on se demande si c'est un bon truchement pour parler de notre époque vu que c'était il y a 40 ans. Pourquoi le cinéma étasuniens est-il si auto-centré et répétitif ? Pourquoi ce film est si mal écrit ? Je dois rire ou pleurer devant ? Beaucoup de questions ont ainsi fusées dans ma tête pendant que ce déroulait une intrigue souvent fun, il faut le dire, mais surtout bête et mal menée. C'est un film faussement progressiste qui n'assume même pas sa romance queer, qui pense pouvoir préserver la cellule familiale avec un girl power désuet et sans sens. Ça parle d'individualisme, de réchauffement climatique et de vie en ville sans rien d'innovant ou passionnant. C'est probablement parce que les étasuniens ont quand même du mal à me faire gober que leur petites réflexions privilégiées vaut la peine d'être partagée avec des acteur­·ices mannequins riches et blancs et des réalisateurs endormis dans des bulles temporelles. Et oui Disclosure Day je parle de toi aussi. Heureusement que les dinosaures c'est rigolo et cool car la vérité c'est que je me suis amusée.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 18/08/2026
Avant de dire tout le bien que je pense du Retour du Roi (version longue, Peter Jackson) je veux revenir sur les vrais problèmes de cette saga. L'imagerie qui me dérange par-dessus tout c'est vraiment toute cette esthétique du barbare qui assaille le peuple civilisé. Les ennemis ont des foulards autour de la tête ou des peintures du genre "tribales", ils sont designés comme l'inverse de l'occident médiéval et en ça on a des peintures de guerre dans ces films très dérangeantes, très croisades. Et cela va avec tout ce délire monarchique du retour du roi bon, blanc qui a sut prouver sa valeur dans son courage de massacrer d'autres civilisations.
C'est d'autant plus dommageable que ce volet avec les développements de Merry, Pippin, Frodon, Sam et Eowyn est celui qui appuie le plus le si beau propos des livres. L'idée que les rejeté·es, les plus petit·es, celleux loin des valeurs guerrières sont les plus précieux est présente dans la plupart des scènes. Car le film est encore une fois très bien monté en jonglant d'hobbit en hobbit et en accordant une importance aux dialogues de gens qui se rassurent ou se disent adieu en paix. Je trouve ce film très émouvant en plus de présenter encore une bataille impressionnante rythmée par plusieurs charges identifiables et si épiques. On ne pourra jamais refaire Les seigneurs des anneaux de Jackson qui sont uniques et on sera toujours dépendant de son imagerie à cause de son succès. Malgré les horribles défauts je ne souhaite pas qu'on corrige une saga dont les problèmes viennent déjà en partie des livres. Je pense toujours plus pertinent de réfléchir à ce qui clochait en 1954 puis en 2001 plutôt que de vouloir réécrire et rediversifier à la truelle sans réflexion politique (Rings of power.....). Et je pense que c'est pour ça que j'adorerai toujours revoir ces films et relire ces livres pour toujours mieux comprendre ce qui les rend si biens selon moi, si innovants et aussi si dépassés dans bien des domaines.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 17/08/2026
Évidemment je continue mon voyage avec la version longue des Deux Tours par Peter Jackson. Je trouve ça brillant comme le montage parvient à alterner trois récits en même temps qui se compensent en terme de rythme, qui ont des tons aussi différents que liés et qui portent tous des propos similaires. L'idée qui parcourt ce second film c'est le rapport entre la nature et la technologie et c'est surtout la question de la décision d'agir pour le bien commun. Que ce soit du côté des Ents, de Gollum ou du roi Théoden, les nouveaux personnages sont ceux qui font avancer l'intrigue par leurs décisions, même lorsqu'elles sont arrogantes ou mauvaises. Ce qui se tisse ici c'est comment la survie du vivant permet d'entretenir justement la vie, et comment même une action d'apparence anodine - couper un arbre - ou controversée - faire confiance à un monstre, laisser partir partir l'anneau - crée des réseaux de loyauté et d'amour qui font continuer. D'un point de vue plus terre à terre, la gestion de la bataille du gouffre de Helm je trouve ça fou. Réussir à mener une scène aussi longue qui reste claire dans l'espace et dans le temps c'est un bel exploit.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 15/08/2026
Lorsqu'on commence à me trouver trop snob sur le cinéma, je conseille de me lancer directement sur le Seigneur des anneaux pour comprendre que je n'ai rien d'original. Énième visionnage du premier volet (version longue) par Peter Jackson,, La communauté de l'anneau, et je pense que globalement, dans le genre blockbuster, on n'a jamais fait mieux. Parce que fut un temps on savait éclairer les scènes de nuit, on savait faire des effets spéciaux qui font vrais, on savait caster des acteur·ices qui donnent tout. Il y a toujours quelque chose de miraculeux pour moi dans ce premier film. La mise en scène qui prend toujours du recul joue beaucoup sur les échelles et capte souvent ainsi l'esprit Tolkien. Par exemple, le plan où la caméra se balade dans les immenses machineries d'Isengard pour ensuite remonter et juste s'accoler à la mite qui vole vers Gandalf, c'est vraiment mettre en image l'esprit divin des petites choses qu'on ne remarque pas mais qui sauvent et doivent être sauvées. Il y a beaucoup de peur, de deuil et d'imperfections dans ces personnages qui sont très cohérents et humain. Un inlassable chef d’œuvre.
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Reposted by Juliette Antigone
l'Humanité @humanite.fr · 14/08/2026
Évacuation du Samu social de Paris : « La seule réponse de l'État, c’est l’envoi de la police pour invisibiliser la misère » ➡️ l.humanite.fr/5mt
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 27/07/2026
Comme j'oublie souvent de mettre mes critiques ici faut pas hésiter à me suivre sur letterboxd la team letterboxd.com/AntigoneIsQu...
letterboxd.com
Juliette « Antigone »’s profile
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 27/07/2026
Comme j'ai pu déjà le dire ici, pour moi l'intérêt principal d'une caméra n'est pas la mise en scène de la fiction bourgeoise (même si j'en regarde 99% du temps comme tout un chacun) mais de permettre de montrer ce que personne ne voit et ce que personne ne connaît, à des fins révolutionnaires et pédagogiques. À ce titre, L'heure de la libération a sonné de Heiny Srour qui montre les uniques images des habitant·es du Dhofar et du Front Populaire pour la Libération d’Oman et du Golfe Arabe est aussi important que précieux. Car ce film met en lumière une révolution et un mode de vie uniques. Ce film montre des enfants qui s'autogèrent, des femmes qui se battent, il théorise la violence révolutionnaire, il admire la mise en place d'une société réellement différente. Oui il y a un but de propagande, oui sûrement ce système dysfonctionne à des endroits, mais c'est si fort de voir ça. Dans la réalité, dans ce monde, des sociétés différentes existent/ont existé et leur révolution est telle que les idiots d'états-uniens même en faisant de la science-fiction sont incapable de les imaginer.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 25/07/2026
Début de ma starification via un caméo
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Zeph' 🐟 @zephhareng.bsky.social · 24/07/2026
On a, parmi tant d'autres, deux passions dans la vie: les jeux vidéo et le cinéma de David Lynch. Alors qu'est-ce qu'il se passe quand le Forum des Images nous propose de mettre en lumière les liens tissés entre ces deux univers ? Une belle conf' interactive animée par vos deux serviteurs 📺
youtu.be
Le Troisième Monde : échos et reflets Lynchiens dans le jeu vidéo avec Zeph et Ramo
YouTube video by Le Forum des images
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 24/07/2026
Selon moi, on pourrait résumer Section Spéciale de Costa-Gavras avec une thèse : tant que les institutions seront tenues par des élites bourgeoises, elles seront perméables à la collaboration avec le fascisme car c'est dans leur intérêt. En ce sens, penser à nos magistrats, sénateurs et autres députés en 2026 montre que rien n'a changé et la preuve en est dans chacune des nouvelles décisions plus fascisantes que la précédente. Costa-Gavras fait un film méthodique mais jamais dénué d'émotion, qui montre comme chaque échelon peut être poussé à la collaboration et qui prouve qu'aucun garde-fou n'est suffisant face aux castes les plus hautes.
Il prend un malin plaisir par sa mise en scène à appuyer la richesse, la déconnexion des politiques, avec la station thermale de Vichy, avec des énormes bureaux et avec cette fin saisissante : dans un opéra luxueux, un simple avocat demande la grâce et ne peut parler à personne. La lutte n'est donc pas seulement idéologique, elle est aussi culturelle, et humaine. Dans les moulures et les dorures, l'empathie s'envole, la lâcheté gagne. C'est un très grand film, vraiment brillant, qui montre douloureusement que rien encore n'a été vraiment combattu ni réellement appris depuis 1941.
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Hamagucci @breakingmen.bsky.social · 20/07/2026
@utopia56.bsky.social mène depuis 5 jours une action sur le parvis du Samu social de Paris avec les travailleurs en grève du 115 et les familles qui demandent des hébergements. C’est au 15 rue Jean-Baptise Berlier, hésitez pas à passer à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit pour les soutenir
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 19/07/2026
Dans son Odyssée, Christopher Nolan poursuit la quête de chacun de ses films, celle de la culpabilité de la réparation. Accolé à cette mythologique, cette obsession dans son travail prend un sens logique dans une figure qui doit prendre la violence et l'interdit pour les retirer hors de la Cité. Son Ulysse est ainsi coupable à cause de son plus grand don de la ruse. Ici, chaque nouvelle idée doit rattraper la précédente et c'est ainsi que l'Odyssée ne s'arrête jamais. Le film étant froid, sans le désir envers Ulysse, sans beaucoup des dialogues, ce dernier n'est pas un homme qui survit au défi, mais un égo qui se jette dans les pièges en se pensant intelligent. L'accent est sur les morts, sur les sacrifices jusqu'au point d'orgue du film, celui où toute la violence des chants prend vraiment corps, lorsque ce mythe fondateur est le mur porteur de toutes les guerres et violences.Ainsi, le fond du film est touchant, pensé, intéressant. Mais sa forme le dessert. Son montage alterné empêche la contemplation, son intrigue sur Ithaque ennuie un peu et est beaucoup trop hollywoodienne. La musique, surtout, tire le film vers le bas. La mise en scène de Nolan est un peu fatiguée parfois et avec des musiques sans puissance, clichées, rien ne va bien loin. Sauf que ce n'est pas assez aride pour être intéressant dans l'autre sens. Après tout une Odyssée sans rien d'épique, ça aurait été un choix fou. Il se coince ici dans un entre deux où à la violence réelle se mêle la lisseur d'une Charlize Theron en pub Dior et où finalement il aime trop son héros. Il le critique, il fait apparaître l'horreur qu'il représente mais il l'admire, comme son Batman auparavant. Cela permet au film d'être touchant tout en le maintenant dans le pur produit qu'il est. L'industrie hollywoodienne ne peut que créer des héros, détruire cette figure c'est s'auto-détruire, sortir de l'individu est impossible. La forme du grand spectacle est prisonnière de sa propre impasse, de sa propre contradiction, de son incapacité à être révolutionnaire et dès lors à délivrer un message de manière cohérente. C'est un peu comme Ulysse qui se sait coupable mais qui embarque encore.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 17/07/2026
Par respect je vais laisser son nom anonyme mais celui qui a fait ça est dans le déni du fait qu'il y a au moins 4 bonnes réponses possibles... un déni digne d'un commandant de bord de vaisseau très connu
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 14/07/2026
Dans La classe ouvrière va au Paradis, Elio Petri prend le rythme de l'usine, de la machine. Tout est en gros plans, tout s'enchaîne vite, le corps et la psyché du prolétaire sont entraînés dans les rouages du montage du fer, et dans la mécanique du capitalisme. Avec un personnage imparfait et opportuniste, il veut montrer comme la lutte des classes est essentielle et impossible sans la révolution. Tout y passe : la collaboration, la blessure, la révélation, la folie, l'incapacité à accepter sa condition de pauvre, de pauvre pour toujours dans un système qui ne permet aucune élévation. Mais le rêve fait tenir. Celui d'avoir une famille, celui de consommer, le rêve vendu par la télé... et lorsqu'il s'évapore cela rend fou. Où est le paradis des ouvriers ? On leur vend que c'est le travail et finalement, sans horizon, quand la lutte même détruit, il est nulle part, tué par le bruit des chaînes.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 03/07/2026
Où est-ce qu'on se "Mai" ? du collectif Insoumuses est un morceau d'archives importants et passionnants. Il revient sur une manifestation du premier mai où la CGT a agressé le cortèges de femmes, ne pouvant encaisser qu'elles radicalisent leur combat et que des lesbiennes les rejoignent. Le film fonctionne déjà simplement comme archive avec du temps dédié aux banderoles, aux chants, mais il est aussi un droit de réponse. En alternant images de la manif et témoignages environ un mois plus tard, l’œuvre permets aux militantes de raconter leur version, de parler de leur choc et d'imposer leur point de vue. C'est toujours absolument émouvant de voir la force des militantes d’antan qui sont d'une radicalité claire, qui sont drôles, brillantes et qui se battent contre un mur si dur. Elles ont eu un courage fou et on ne peut qu'admirer aussi le travail des Insoumuses ici représentées par Delphine Seyrig et Ioana Wieder, qui ont à cœur d'enregistrer et diffuser cette vérité. Du militantisme comme ça c'est plus qu'inspirant et je pense qu'il faut remettre au goût du jour les documentaires vidéo / au téléphone pour se souvenir.
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Hamagucci @breakingmen.bsky.social · 03/07/2026
C’est ce soir !! Ce sera probablement notre dernier concert avant un moment donc loupez pas ça 💥 illu par @antigoneisqueen.bsky.social
Affiche de concert pour le groupe depuis l’abîme au Chinois à Montreuil le vendredi 3 juillet.
C’est un dessin d’un canard dont les couleurs ont été effacées et qui apparaît donc comme un aplat de blanc, il est sur l’eau et dans les reflets on peut voir une usine rouge qui crache de la fumée.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 02/07/2026
Avec mon groupe (Depuis L'abîme) on joue ce vendredi au Chinois à Montreuil en première partie de Truck Violence. Ça va être une folie, venez !!
Affiche rose qui dit les mêmes infos que dans le blousque :)
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 30/06/2026
Beaucoup de mal à vraiment apprécier Project Hail Mary de Phil Lord et Christopher Miller qui m'est apparu comme un film très classique, très masculin, très états-uniens. Je pense qu'il m'a vraiment perdue quand Rocky commence à parler anglais. Il n'y a rien d'intéressant, rien d'audacieux, juste un film facile avec des émotions faciles, des suspenses longs et inutiles et un propos très limité. Le fait que Rocky soit hétéro et monogame m'a trop fait rire parce que je trouve ça fou la limite de l'imagination des hommes états-uniens. Ils ne peuvent imaginer des modèles d'individus et de sociétés différents. Contrairement à ce qu'il prétend, ce film ne présente pas d'altérité. Un design de caillou n'est pas l'altérité si sont comportement est tout ce qu'on connaît (à quelques exceptions près, et encore juste empruntées à Sheldon Cooper). C'est un buddy movie ultra cliché déguisé en film de science-fiction pas hyper intéressant avec le trope du "loser magnifique" dont on ne peut plus. Le récit est auto-centré sur la notion surannée du sacrifice, à fond sur l'individu, et il ne dit rien à part une vide histoire d'amitié entre deux personnalités clichées. Heureusement, il est prenant dans sa tension et a quelques cools idées de design, on espère que cette fois les réals ont pas mis en burn out leur équipe d'animation.
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Hamagucci @breakingmen.bsky.social · 29/06/2026
Voilà un autre extrait du clip réalisé par @antigoneisqueen.bsky.social parce que vous méritez
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 28/06/2026
Je me suis lancée dans un rewatch de Twin Peaks avec l'idée de faire un dessin par épisode que je revois
Dessin en aquarelle et acrylique, en bleu et violet le plan de laura Palmer morte
Avec la réplique "good lord ... Laura - Laura Palmer"Dessin au crayon de couleur. Dominante de orange mais pas que. Dale Cooper qui voit un café ultra concentré. Et la réplique
 "You know this is, excuse me, a damn fine cup of coffee"
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 28/06/2026
Si vous avez pas joué à la démo du jeu je vous incite à la faire c'est juste trop trop bien j'ai trop hâte de la sortie
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Captain Jim @captainjim87.bsky.social · 27/06/2026
Salut Bluesky, Cet été j'ai décidé de réaliser un court-métrage. On a ouvert une cagnotte pour aider à financer la location, les paiements de l'équipe pour les 2 jours de tournage. Si jamais vous pouvez nous aider, cela serait admirable, exceptionnel, fou. 🙏❤️ www.onparticipe.fr/c/dXEPB6f9
onparticipe.fr
Financement court-métrage C'EST VRAI - OnParticipe
C'est encore en famille qu'on se prépare à tourner le prochain court-métrage de Renaud auteur comédien et réalisateur mais aussi ami frère muse inspirationJe serai à
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Hamagucci @breakingmen.bsky.social · 26/06/2026
Et @antigoneisqueen.bsky.social a réalisé un superbe clip vidéo fait d’extraits d’archives et de films pour montrer celles et ceux qui ont fait et continuent de faire vivre ces idées
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 26/06/2026
Il fait chaud MAIS avec Depuis l'Abîme on a sorti deux morceaux ! Y'en a un où je joue du violon dessus et l'autre pour lequel j'ai fait un clip ! Je vous partage déjà le clip, plein d'espoir et d'images de révolutions. www.youtube.com/watch?v=guNQ...
youtube.com
Depuis l'Abîme - Santiago (Clip Officiel)
YouTube video by Depuis l'Abîme
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 25/06/2026
Dans le dossier presse de Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athané, les réalisateurs et scénaristes expliquent qu'ils ont voulu faire le film le plus grand public possible et ne pas vouloir froisser les hétéros. Et ça se sent. Jim Queen n'a d'extravaguant que le milieu dans lequel il place son intrigue mais celle-ci est ultra classique et l'humour plus trash que réellement subversif et politique. On apprécie une partie de la résolution qui prend des accents de révolution mais le film n'est en réalité jamais bien aventureux. Alors on rigole de temps en temps, on laisse une histoire ultra programmatique se dérouler, on se demande pourquoi le film est si restreint dans sa représentation et on s'amuse globalement. Je n'ai rien contre le fait de se vouloir si grand public et pédagogique mais le fait est que sa focale limitée et son humour sur le fil (sauf envers les hétéros, là c'est petites moqueries mimis ?!) m'ont vite lassée.
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FluidFrames @fluidframes.bsky.social · 23/06/2026
[APPEL À BÉNÉVOLES] Puisqu'on refuse de passer par l'IA générative, on recherche des personnes qui souhaitent nous aider pour la traduction en français des archives numériques de Mario Perez, à l'aise soit en anglais, soit en espagnol.
Capture de l'un des films amateurs de Mario Perez, dans la Chelsea Gym. On le voit au milieu de la salle, à gauche, il a sa main sur le torse d'un autre homme, membre de la salle.
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Cinématraque @cinematraque.bsky.social · 21/06/2026
Vous aviez aimé le 1er épisode de notre Podcast ON REFAIT LE CANNES ? On revient avec un 2e épisode sur la sélection officielle de l'année 1993 ! La leçon de Piano, Adieu ma concubine, Splitting Heirs... Qui sera notre palme ? La réponse sans vos oreilles : www.cinematraque.com/2026/06/21/o...
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On refait le Cannes, épisode 2 : Sélection Officielle 1993 - Cinématraque
Quand Cannes se termine, Cannes revient. Vous aviez fait un bel accueil au premier épisode de notre nouveau format Podcast […]
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 20/06/2026
45°, appartement plongé dans le noir toute la journée et là je me dis que c'est le bon moment pour retomber dans le pilote de Twin Peaks de David Lynch. Ce premier essai d'épisode est un chef d’œuvre. La musique, le casting, l'ambiance, le mélange entre humour et drame le plus violent... Tout fonctionne tellement bien. Chaque seconde on se dit qu'on n'a jamais vu ça ailleurs. Ce début est surtout d'une tristesse tellement enveloppante, tellement brutale. Petit à petit on voit une ville qui s'effondre en larmes, on voit un deuil qui gagne tout, et on comprend que le mal absolu s'est déployé. Et tout ça avec pourtant des blagues hilarantes, des personnages absurdes mais déjà si uniques. Bref je crois ça part en rewatch hein...
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 20/06/2026
Peu de films arrivent à montrer l'impasse que c'est d'être une femme aussi bien que Hush-a-Bye Baby de Margo Harkin. En Irlande du nord dans les années 80, une jeune femme ne peut trouver de réconfort ni dans les irlandais catholiques à cause de la religion, ni dans les hommes et certainement pas dans un contexte colonial où des para-militaires pro-anglais traînent dans les rues. Et dans ce contexte, où une loi contre l'avortement a été votée, que peut-on faire ? Rien. C'est en ça que cette œuvre est très puissante avec son mélange entre poésie et naturalisme : ni la foi ni la société ne peut aider. On est baladée entre culpabilité malgré nous et envie de révolte impossible, mais qui s'exprime par le simple fait d'être une adolescente. J'adore comme Harkin utilise l'oppression des anglais comme un facteur qui aggrave encore plus la liberté des femmes, même les moins révolutionnaires. C'est un film magnifique et unique.
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Juliette Antigone @antigoneisqueen.bsky.social · 20/06/2026
Avec The Christophers, Steven Soderbergh surfe sur un trope que je n'aime habituellement pas : celui de l'artiste méchant mais attachant un peu toxique mais eh on l'adore. Pourtant, il le fait avec une telle pudeur, une telle intelligence, une tellement douceur en réalité qu'il m'emporte et me convainc. Il se défait de certains clichés et propose en réalité un superbe double portrait qui, très humblement, permet d'évoquer beaucoup de choses. Il parle de la reconnaissance artistique, de la valeur de l'art aujourd'hui (vient-elle du peindre, ou de ce qu'on pense de la peinture ?), mais aussi de l'étrange place des gens militants en leur temps puis en retard par la suite. Puis, vient tranquillement le thème du chagrin d'amour, qui rend encore plus sensible une histoire complexe et qui se demande à qui l'art est destiné. Comme toujours chez Soderbergh, le trait est précis, la démonstration carrée.
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